Mémoires de Miss Coote: Exploits d’une fouetteuse britannique racontés par elle-

Mémoires de Miss Coote
EXPLOITS
d’une Fouetteuse britannique
racontés par elle-même

Traduits pour la première fois de l’anglais en français

Bibliothèque des deux Hémisphères
PARIS

 
LETTRE I
Ma chère Amie,

Il y a longtemps, je le sais, que je vous ai promis de vous expliquer l’origine de ma prédilection pour la fessée, cette passion qui est, selon moi, une des plus délicieuses et des plus voluptueuses de la vie privée, spécialement pour une vieille fille de respectabilité aussi apparente que votre honorable amie. Les engagements doivent être exécutés et les promesses tenues, sans quoi, je ne pourrais guère espérer vous faire tâter à nouveau de ma jolie petite verge. Décrire, ou, plutôt, confesser mon voluptueux travers est pour moi une tâche très déplaisante et je me sens aussi honteuse en relatant ces choses par écrit que je le fus la première fois que la gouvernante de mon grand-père mit à nu mon petit postérieur empourpré pour le cingler sans pitié. Je me résigne toutefois à commencer, à l’idée que c’est pour votre satisfaction que je vais travailler, et parce que, mon sujet m’échauffant, je réussirai, sans trop de peine, je l’espère, à vous décrire quelques-uns des lascifs épisodes de ma jeunesse.

Mon grand-père, comme vous le savez, d’ailleurs, était le général Sir Eyre Coote, qui se rendit célèbre dans les Indes. C’était un flagellant endurci et il n’était jamais plus heureux que quand une bonne occasion de se servir du martinet s’offrait à lui. Je ne puis parler, bien entendu, de tout ce qui dut, sans nul doute, précéder mes constatations personnelles.

Le premier souvenir que j’aie de lui remonte à l’époque où il dut se retirer de la vie publique à la suite d’un scandale auquel il fut mêlé et qui le fit tomber en disgrâce. Mes parents moururent tous deux alors que j’entrais dans ma treizième année, et le vieux général, qui n’avait d’autre famille, les remplaça auprès de moi, et, à sa mort, me légua toute sa fortune, environ soixante-quinze mille francs de rente.

Il résidait dans une jolie maison de campagne distante d’environ vingt milles de Londres. C’est là que je passai les premiers mois de ma vie d’orpheline en compagnie de sa gouvernante, Mme Mansell et des deux servantes Jane et Jemima. Le vieux général était alors en Hollande, recherchant, comme je l’appris plus tard, toutes les éditions originales ayant trait aux pratiques de Cornelius Hadrien, ce père confesseur qui flagellait les religieuses en punition de leurs péchés.

Nous étions au milieu de l’été lorsqu’il revint, et, tout aussitôt, on me restreignit considérablement les libertés dont je jouissais. Défense de cueillir les fleurs ou les fruits du jardin, tous les jours une leçon sous la direction du vieil autocrate lui-même. Ces leçons, assez simples au début, devinrent bien vite beaucoup plus difficiles, et, maintenant que bien des années ont passé là-dessus, il est évident pour moi qu’il employait la tactique du loup envers l’agneau pour me mettre en défaut et posséder un grief apparent contre moi.

Ce qui me fit plaisir, à cette époque, ce fut sa répugnance à me voir porter plus longtemps des vêtements sombres. Il prétendit qu’un deuil de plusieurs mois était un témoignage de respect suffisant à la mémoire de mes parents et que je devais être habillée dorénavant comme une jeune fille du rang que je devais occuper.

Bien que nous n’eussions guère de visiteurs, à part quelques vieux compagnons d’armes du général, je fus pourvue à profusion de luxueuses toilettes, d’élégantes chaussures, de jolies pantoufles ; mes pantalons et toute ma lingerie étaient ornés de dentelles. J’avais de superbes jarretières, une paire entre autres avec des boucles d’or et mon grand-père insistait pour me les mettre lui-même ; il ne prenait pas garde à la rougeur qui m’empourprait lorsqu’il feignait d’arranger en même temps mon pantalon et ma chemise, et ne se gênait pas pour dire que je ferais un joli morceau le jour où on me déshabillerait pour me corriger.

Peu à peu, mes leçons devinrent si difficiles que je n’y compris plus rien. Un jour, mon grand-père me dit : « Rosa, Rosa, pourquoi ne vous efforcez-vous pas de mieux faire? Je voudrais pourtant bien ne pas être obligé de vous punir! »

— Mais, grand-père, répondis-je, comment voulez-vous que j’apprenne chaque jour une aussi longue leçon de cet horrible français! Je suis sûre que personne n’en serait capable.

— Tenez votre langue, petite impertinente, je suis, je crois, meilleur juge qu’une gamine comme vous.

— Mais bon papa, vous savez bien que je vous aime et que je fais de mon mieux.

— Eh bien! prouvez-moi votre affection en vous montrant plus diligente, ou vos fesses feront connaissance avec une jolie petite verge que je garde à leur intention, répondit-il sévèrement.

Une autre semaine s’écoula, au cours de laquelle je constatai plusieurs fois qu’il jetait sur moi des regards ardents, lorsque je paraissais au dîner en robe de soirée (nous dînions toujours en toilette) et il me conseilla de porter à mon corsage un petit bouquet de fleurs assorties à ma carnation.

Mais la tempête approchait, je ne devais plus longtemps échapper au péril qui me menaçait. Il me trouva de nouveau en faute et me donna ce qu’il appelait avec gravité un dernier avertissement. Mes yeux se remplirent de larmes, je tremblai en regardant le froncement sévère de sa vieille figure, et je compris que toute observation de ma part serait inutile.

La perspective de la punition me troubla si bien que je ne pus suivre mes leçons qu’avec la plus grande difficulté, et, le surlendemain, j’y renonçai complètement.

— Oh! oh! fit alors le vieux général, puisqu’il en est ainsi, ma petite Rosa, il faut en arriver à une bonne punition!

Sonnant alors Mme Mansell, il lui ordonna de préparer la chambre de punition et d’avertir les servantes de venir lorsqu’il les appellerait. « Je suis, ajouta-t-il, peiné de le dire, Mlle Rosa est si paresseuse et devient de jour en jour si inattentive à ses leçons, qu’elle doit être sévèrement réprimée dans son propre intérêt. »

— Et vous, méchante fille, me dit-il lorsque la gouvernante se fut retirée, allez dans votre chambre et réfléchissez aux conséquences de votre paresse.

Rouge d’indignation, de confusion et de honte, je courus à ma chambre où je m’enfermai au verrou, bien décidée à leur laisser enfoncer la porte avant de me soumettre à cette humiliation publique, devant les deux servantes. Je me jetai sur le lit et donnai libre cours à mes larmes, pendant deux heures au moins, croyant, de minute en minute, le moment fatal arrivé. Pourtant, comme personne ne venait me déranger, je conclus que mon grand-père avait simplement voulu m’effrayer et, sur cette idée, je tombai dans un sommeil réparateur. Je ne me réveillai qu’en entendant à travers la porte la voix de Jane qui me criait : « Mademoiselle Rosa! Mademoiselle Rosa! vous allez être en retard pour le dîner! »

— Je ne veux pas dîner, Jane, si je dois être punie ; allez-vous-en, laissez-moi, balbutiai-je à travers la serrure.

— Oh! mademoiselle Rosa, le général est resté au jardin tout l’après-midi, il a l’air de très bonne humeur, peut-être a-t-il tout oublié, ne le mettez pas en colère en n’étant pas prête pour le dîner, vite, laissez-moi entrer.

Alors, je tirai le verrou et me laissai habiller par elle.

— Allons, mademoiselle Rosa, souriez, n’ayez pas l’air triste, descendez comme si de rien n’était et tout sera probablement oublié, spécialement si, pour faire plaisir à votre grand-père, vous mettez à votre corsage ce joli petit bouquet, car vous ne l’avez jamais fait depuis le jour où il a dit que cela ferait ressortir votre teint.

Ainsi encouragée, j’affrontai mon grand-père et mangeai d’assez bon appétit, ne supposant guère que l’heure fatale allait bientôt sonner!

Le dîner se passa fort agréablement ; en prévision sans doute du drame qui allait se passer, mon grand-père prit coup sur coup plusieurs verres de bordeaux ; au milieu du dessert, comme il semblait m’examiner avec encore plus d’attention que d’habitude, il remarqua soudain le petit bouquet de roses blanches et s’écria : « Très bien, Rosa, je vois que vous avez suivi mon conseil et que vous portez un bouquet, cela vous avantage beaucoup, mais ce n’est rien en comparaison de l’effet que va produire ma verge sur votre méchant derrière, qui va bientôt ressembler à ces jolies pêches roses qui sont devant nous. Allons! le moment est venu. » Et, sur ces mots, il tira la sonnette.

Je crus que le sol allait s’effondrer sous moi ; je bondis vers la porte, mais ce ne fut que pour tomber entre les bras vigoureux de Jemima.

— Allons, en route, Jemima, avec cette péronnelle que vous tenez si bien, et vous, madame Mansell et Jane, suivez-nous, dit-il à celles-ci, qui étaient arrivées au coup de sonnette.

Toute résistance était inutile ; je me trouvai bientôt dans une chambre privée où je n’avais jamais pénétré ; elle ne contenait que très peu de meubles, à part le tapis et un confortable fauteuil, mais, au mur, pendaient plusieurs poignées de verges et dans un angle, se trouvait un instrument de la forme d’un marche-pied, couvert de serge rouge et pourvu de six anneaux, deux en haut et en bas, et deux au milieu.

— Attachez-la au cheval et préparez-la pour l’opération, dit le général, en s’installant dans le fauteuil pour contempler le spectacle à son aise.

— Allons, Rosa, tenez-vous tranquille, et n’irritez pas davantage votre grand-père, dit Mme Mansell, en m’enlevant ma ceinture ; défaites votre robe pendant que les bonnes vont disposer le cheval au milieu de la pièce.

— Oh! non! non! je ne veux pas être fouettée! oh! monsieur! oh! grand-père! ayez pitié de moi! m’écriai-je en me jetant aux genoux du vieillard.

— Allons! allons! pas tant de grimaces, Rosa, c’est pour votre bien. Madame Mansell, faites votre devoir et qu’on en finisse bien vite avec cette pénible corvée. Elle ne serait pas de ma race si elle ne montrait pas son courage au moment décisif.

Les trois femmes essayèrent de me relever, mais je ruai, les égratignai et les mordis, et, pendant quelques instants, réussis à les tenir en échec, mais je fus vite à bout de forces, et Jemima, que j’avais gratifiée d’une morsure à la main, prit sa revanche en me portant sur la terrible machine. En un clin d’œil, mes mains et mes pieds furent fixés aux anneaux, supérieurs et inférieurs, et, comme le cheval allait en s’élargissant vers le bas, mes jambes se trouvèrent maintenues, largement écartées, par les chevilles.

Je pus entendre Sir Eyre s’esclaffant joyeusement : « Parbleu! c’est une gaillarde, et il nous faudra la mater, elle est bien de sa famille. Bravo! Rosie! Et maintenant, préparez-la vivement.

Je m’abandonnai à un sombre désespoir, tandis que mes vêtements déchirés et mes jupons étaient retroussés et épinglés à mes épaules ; mais lorsqu’elles commencèrent à dénouer mon pantalon, ma rage éclata de nouveau. Tournant la tête, je vis le vieillard dont la face rayonnait de satisfaction, brandissant dans la main droite une poignée de verges fraîchement coupées. Mon sang bouillait et mes fesses frémissaient par anticipation, surtout quand Jemima rabattant mon pantalon au dessous de mes genoux, m’eut administré une petite tape sur le derrière comme pour me donner un avant-goût de ce qui m’attendait. Alors, je hurlai littéralement : « Il faut que vous soyez une vieille sale bête pour leur permettre de me traiter ainsi! »

— Une vieille sale bête! ah! vraiment! s’écria-t-il, bondissant de fureur ; nous allons voir cela, mademoiselle, peut-être serez-vous heureuse de faire des excuses avant longtemps.

Je le vis s’avancer vers moi.

— Oh! grâce! grâce! monsieur! criai-je alors ; je ne le pensais pas, elles m’ont fait tant de mal que je ne savais plus ce que je disais.

— C’est un cas très grave, répondit-il, en s’adressant sans doute aux autres. Elle est paresseuse, vicieuse, violente, et elle ose m’insulter, moi, son seul protecteur naturel, au lieu de me témoigner le respect qu’elle me doit. Il n’y a pas à hésiter, le seul remède, quelque pénible qu’il puisse être pour nous de l’appliquer, c’est d’extirper à jamais ces mauvais germes, et si nous faiblissons dans notre tâche, c’est une enfant perdue. Jusqu’à présent, elle n’a pour ainsi dire jamais été dressée.

— Oh! grand-père, punissez-moi, mais pas ainsi, je sens que je ne pourrai pas l’endurer, c’est si terrible, si cruel! sanglotais-je éperdument.

— Mon enfant, vos larmes de crocodile n’ont aucun effet sur moi, prenez-en votre parti. Si nous vous pardonnions aujourd’hui, vous ne feriez qu’en rire et deviendriez pire que jamais. A votre place, Jane, assez de temps perdu comme ça! Et ce disant, il brandit la verge qui siffla dans l’air. Je suppose que c’était en matière de préambule, car je ne fus pas touchée ; en réalité, il m’avait jusqu’alors traitée comme le chat qui sait que la souris avec laquelle il joue ne peut lui échapper.

Je pus voir, dans les yeux de Jane, des larmes de compassion ; Jemima souriait malicieusement ; Mme Mansell paraissait très grave, mais je n’eus guère le temps de me livrer à mes observations ; un coup piquant, mais pas trop brutal, me cingla bien en travers des deux fesses, puis un second, puis un troisième, se succédant assez lentement pour que je puisse espérer que le châtiment ne serait peut-être pas aussi terrible que je l’avais craint ; aussi, serrant les dents, réprimant mes plaintes, je résolus de dissimuler de mon mieux mes impressions. Ces réflexions, et bien d’autres encore, je les fis avant que le sixième coup m’eût cinglé les fesses ; mon derrière me picotait sur toute la surface, à chaque coup le sang me bouillonnait dans les veines et je devais avoir la figure aussi rouge que l’envers de ma personne.

— Eh bien, paresseuse, cria le général, commencez-vous à goûter les fruits de votre conduite, dites? M’appellerez-vous encore vieille bête? Et il scanda chaque question d’une cinglade plus violente.

Je puisai dans ma résolution l’énergie nécessaire pour ne pas crier, ce qui sembla l’irriter davantage.

— Aussi boudeuse qu’obstinée, sacrebleu! continua-t-il, mais nous vous guérirons de cela! Ne supposez pas, mademoiselle, qu’une gamine comme vous aura le dernier avec moi ; tenez! tenez! tenez! A chaque mot, il me fouettait de plus en plus fort, et au dernier, il me frappa si furieusement que ma peau me sembla devoir éclater ; je sentis qu’un autre coup semblable allait faire jaillir le sang, heureusement il s’interrompit comme s’il eût été hors d’haleine, mais simplement, je le compris plus tard, pour prolonger le plaisir exquis qu’il savourait.

Pensant que tout était fini, je les suppliai de me laisser aller ; j’eus la douleur de voir que je me trompais.

— Pas encore, pas encore, mauvaise gamine, vous n’avez pas eu la moitié de ce qui vous est dû pour vos égratignures, vos morsures et vos impertinences! s’écria Sir Eyre.

De nouveau, la verge abhorrée siffla dans l’air et vint s’abattre sur ma chair endolorie, meurtrissant à la fois mes fesses et mes cuisses. Bien qu’il semblât désireux d’éviter le sang, je ne devais pas en être quitte à si bon compte ; il entrait simplement dans le plan qu’il avait médité de ne pas épuiser trop vite sa pauvre victime.

— Mordez, égratignez, révoltez-vous contre mes ordres, allez, mademoiselle, vous saurez maintenant ce que cela vous vaudra. Vous ne méritez aucune pitié. Passe encore pour la paresse, mais pour une conduite aussi indigne, jamais! Je crois ma foi que, si vous aviez pu, vous auriez tué n’importe qui dans votre fureur. Mordez, égratignez, révoltez-vous, allons… mais mordez donc? Et tout en me morigénant, le vieillard s’acharnait de plus en plus sur mes fesses, si bien que des gouttelettes de sang commencèrent à se montrer sur mes rotondités meurtries.

Chaque coup me faisait un mal affreux, et je me serais évanouie, si ses remontrances ne m’avaient soutenue comme un cordial, et, d’autre part, en même temps que la souffrance, j’éprouvai une chaleur des plus agréables et une sorte d’excitation impossible à définir, mais que vous avez sans doute, ma chère amie, éprouvée vous-même quand je vous ai tenue sous ma discipline.

Mais malgré toute ma résolution, je ne pus refréner plus longtemps mes soupirs et mes plaintes ; je crus bientôt que j’allais succomber sous cette torture, en dépit de l’exquise sensation qui s’y mêlait. Néanmoins, malgré mes « oh! » mes « ah! » mes cris perçants, je ne demandai pas grâce de nouveau ; des idées de vengeance me soutinrent, et je me représentai combien il me serait doux de les fouetter à mon tour jusqu’au sang, de leur lacérer la chair, spécialement au général et à Jemima et même à la pauvre Jane toute larmoyante.

Sir Eyre, qui semblait oublier son âge, se démenait avec frénésie.

— Par l’enfer! allez-vous demander pardon! N’allez-vous pas nous faire des excuses, petite entêtée! sifflait-il entre ses dents. C’est la plus tenace et la plus obstinée de toute la famille. Sacredieu! elle est bien de sa race. Mais il ne sera pas dit, madame Mansell, que cette petite drogue aura raison de moi. Tenez! tenez! tenez! cria-t-il en frappant encore plus fort, et, à la fin, la verge dont il ne restait plus que le tronçon, s’échappa de sa main, tandis qu’il s’affaissait hors d’haleine dans son fauteuil.

— Madame Mansell, articula-t-il, donnez-lui une demi-douzaine de bonnes cinglées avec une verge neuve pour la finir et lui apprendre que, si elle peut épuiser un vieil homme comme moi, il reste dans la maison assez de bras solides pour mettre à la raison son impudent postérieur.

Obéissant à cet ordre, la gouvernante prit en main une verge fraîche et m’en donna délibérément sur les fesses en comptant d’une voix claire : Un, deux, trois, quatre, cinq, six. Quoique rudement appliqués, ses coups ne me meurtrirent pas aussi cruellement que ceux de Sir Eyre. « Là! me dit-elle, lorsqu’elle eut terminé, j’aurais pu frapper plus fort, mais j’ai eu pitié de vous, pour la première fois. »

Affreusement meurtrie, presque inanimée, il fallut que l’on me portât dans ma chambre. J’étais victorieuse, mais quelle victoire! Tout écorchée, toute saignante, j’avais en outre la certitude que le vieux général recommencerait à la première occasion favorable.

La pauvre Jane riait et pleurait à la fois au spectacle de mes fesses lacérées, qu’elle lavait tendrement avec de l’arnica et de l’eau fraîche ; elle semblait si accoutumée à ce travail que quand nous fûmes sur le point de nous coucher — je l’avais décidée à rester auprès de moi — je lui demandai si elle n’avait pas déjà souvent soigné des postérieurs fouettés.

— Oui, mademoiselle Rosa, répliqua-t-elle, mais vous me garderez le secret et aurez l’air de ne rien savoir. J’ai été fouettée moi-même et bien fort, quoique pas aussi cruellement que vous. Au bout d’une ou deux fois, on aime assez cela, surtout si l’on n’est pas trop durement cinglée. La prochaine fois, il faudra demander grâce de toutes vos forces, cela fait plaisir au général et apaise sa colère. Il était si épuisé de vous avoir fouettée que Mme Mansell voulait envoyer chercher le médecin, mais Jemima lui ayant dit qu’une bonne fessée lui vaudrait mieux et lui ferait descendre le sang de la tête, elles l’ont fustigé de bonne façon si bien qu’il est tout à fait revenu à lui, et a ordonné qu’on le laisse tranquille.

Ainsi se termina ma première leçon ; dans mes lettres suivantes, vous saurez ce qui m’arriva avec Jane, comment je continuai la lutte avec le général, mes aventures au pensionnat Flaybum et mes propres exploits depuis le jour où je devins ma maîtresse.

 
LETTRE II
Le lendemain matin, Jane et moi reprîmes notre conversation et en voici à peu près les termes :

Rosa. — Alors, Jane, vous avez été fouettée? Et pour quel motif?

Jane. — La première fois, ce fut pour avoir été vue marchant à côté d’un jeune homme en revenant de l’église. Le général prétendit que je n’étais pas du tout pieuse et que ma dévotion n’était qu’un prétexte à me promener avec des jeunes gens et qu’il fallait me guérir de cela sous peine de perdition.

Rosa. — Eh bien! N’avez-vous éprouvé aucune idée de vengeance après avoir été fouettée pour ce motif?

Jane. — Oh! si! Mais j’oubliai tout après avoir eu la joie de voir Jemima bien fessée à son tour. Elle en eut son compte, je vous le garantis ; mais elle est solide et dure comme du cuir!

Rosa. — Peut-être pourrais-je oublier de même si j’avais le plaisir de vous voir toutes solidement fouettées, et j’ai grande envie de commencer par vous, Jane, dès que je ne serai plus aussi meurtrie.

Jane. — Mais puisque vous haïssez Jemima, je le sais, n’auriez-vous pas plus de plaisir à la voir juchée sur le cheval? Peut-être pourrions-nous, en nous entendant bien, la faire tomber dans un piège?

Rosa. — Voyez-vous la bonne pièce? Pensez-vous que je vous tienne quitte jusqu’à temps que je me sois vengée des autres? Attendez que je me sente suffisamment bien et vous verrez si je ne règle pas votre compte en premier! Je ne manquerai pas d’occasions puisque vous devez coucher toutes les nuits dans ma chambre. Je n’ai pas oublié que vous m’avez persuadée de m’habiller pour le dîner alors que vous saviez parfaitement ce qui m’attendait.

Jane. — Mlle Rosa, je ne pouvais pas faire autrement ; Mme Mansell m’avait envoyée pour vous habiller. Le vieux général avait remis la chose après le dîner, car il aime voir les pénitentes en grande toilette. Lorsqu’il corrige l’une de nous, il faut qu’elle soit habillée de son mieux, et si pendant la correction un vêtement se trouve abîmé, Mme Mansell nous le remplace ; si bien qu’une bonne fessée ne nous cause pas grand dommage. Jemima a même fait plusieurs fois exprès d’abîmer ses affaires. Il est vrai que si on les lui a payées, le général s’est bien remboursé sur ses fesses.

Je fus encore bien endolorie durant plusieurs jours pendant lesquels je confectionnai une jolie verge que je dissimulai pour en faire tâter à Jane quand elle s’y attendrait le moins. Elle ne savait pas, d’ailleurs, si j’étais allée dans le jardin ou hors de la maison. Comme elle était naturellement plus âgée et beaucoup plus forte que moi, il me fallait la maîtriser par quelque stratagème. Je lui laissai croire que j’avais complètement oublié mes griefs, mais un soir, comme nous étions déshabillées pour nous mettre au lit, je lui dis : « Jane, est-ce que Mme Mansell ou Jemima vous ont déjà fouettée sans que Grand-Père le sache?

Jane. — Oh! oui! mademoiselle, plus d’une fois, et elles m’ont même rudement étrillée.

Rosa. — Comment ont-elles fait?

Jane. — Parbleu, j’étais attachée par les mains aux montants du lit.

Rosa. — Oh! montrez-moi cela, et laissez-moi vous attacher pour que je me rende compte.

Jane. — Volontiers, si cela peut vous faire plaisir, mademoiselle.

Rosa. — Avec quoi pourrai-je bien vous attacher, vous êtes forte comme Samson?

Jane. — Une paire de mouchoirs fera très bien l’affaire et voici des serviettes pour me ficeler les jambes.

Selon ses indications, je lui eus vite ficelé les poignets aux deux pommeaux du pied du lit, puis je fixai ses jambes largement écartées aux pieds de la table.

— Oh! sapristi, fit alors Jane, vous avez rudement serré! Pourquoi diable m’attacher de la sorte, je ne pourrai plus m’en aller si vous ne me délivrez pas vous-même.

— Restez, ne bougez pas! criai-je, je veux vous voir tout à fait en tenue, à présent que vous voilà bien attachée, — et rapidement je retroussai sa chemise de nuit bien au-dessus de sa taille, de façon à exposer son postérieur joufflu et son ventre joliment ombragé à mes regards surpris.

— Oh! comme vous êtes belle, Jane, dis-je en l’embrassant, vous savez que je vous aime bien, seulement votre gros cucul a mérité d’être puni. C’est un devoir pénible pour moi, mais vous allez voir que ce n’est pas pour rire, mademoiselle, regardez quelle bonne grosse verge je vous destine, fis-je en lui montrant l’instrument.

— Grâce! Grâce! Mlle Rosa, s’écria-t-elle, vous ne voudrez pas me faire de mal, j’ai toujours été si bonne pour vous!

— Ce n’est pas par plaisir, Jane, c’est par devoir. Vous étiez avec les autres contre moi, vous êtes la première que j’attrape, tant pis pour vous. Je ne pourrai peut-être pas me venger des autres d’ici longtemps.

La vue de ses fesses rebondies me transportait du désir d’exercer mon habileté sur elle et de contempler ce spectacle que j’avais offert moi-même. Saisissant nerveusement la verge, sans plus tarder, je commençai l’attaque par quelques coups cinglants qui changèrent en rouge foncé la teinte rose des deux globes.

— Ah! Ah! C’est une honte! Vous êtes aussi méchante que le vieux général, petite sournoise! Vous m’avez tendu un piège!

— Vous n’en avez pas l’air bien fâchée, mademoiselle, lui criai-je, mais je vais faire en sorte de vous rabattre le caquet ; d’ailleurs, je commence à croire que vous êtes la pire du quatuor et que votre prétendue compassion n’était que pure hypocrisie. Mais, c’est mon tour à présent. Bien entendu, vous étiez trop forte pour moi, si je n’avais pas agi de ruse avec vous! Que dites-vous de cela, mademoiselle Jane? Et tout en parlant, Vzz, Vzz, Vzz, je cinglais de la verge son gros postérieur qui prit bientôt un aspect fort curieux.

— Petite scélérate! Petite vipère! criait Jane. Votre grand-père saura tout cela.

— C’est votre intention, mademoiselle la rapporteuse. Eh bien! alors je vais vous faire payer cela d’avance, répliquai-je. La vue de sa croupe ne faisait qu’accentuer mon excitation, et ce fut avec un frisson de plaisir que j’aperçus de petites gouttes de sang. Elle se démenait et se tortillait avec des cris et des soupirs étouffés, mais chaque fois qu’elle prononçait quelques mots il semblait que c’était dans le dessein de m’irriter davantage. Ma surexcitation croissait en intensité ; ce sauvage exercice me causait un immense plaisir, et dans ma fureur irréfléchie, je mis réellement ses fesses en piteux état. A la fin, essoufflée, épuisée, je dus laisser tomber la verge et ma frénésie se changea en compassion lorsque je vis qu’elle paraissait inanimée, inerte, la tête renversée, les yeux fermés, les doigts crispés.

L’embrassant tendrement : « Jane, Jane! », lui criai-je d’une voix émue, je vous aime et vous pardonne, et maintenant, je veux être aussi bonne pour vous que vous l’avez été pour moi après ma punition.

Ses mains et ses pieds furent bientôt déliés ; alors, à mon vif étonnement, elle jeta ses deux bras autour de mon cou, et, m’embrassant passionnément, elle me dit, les yeux brillants : « Et moi aussi, je vous pardonne, mademoiselle Rosa, car vous ne vous imaginez pas quel plaisir vous m’avez procuré, les derniers instants, surtout, ont été exquis.

Sur le moment, tout cela était pour moi une énigme que je ne compris que plus tard. Elle ne se préoccupa guère de son postérieur marbré. « Ce qui a été terrible pour vous, mademoiselle Rosa, me dit-elle, n’a rien été pour moi, je suis plus âgée et plus endurcie que vous, en outre, c’est toujours la première fois qui est la plus pénible. Sir Eyre a été réellement barbare de vous écorcher comme il l’a fait, mais c’est votre obstination qui l’y a conduit. Vous verrez que vous aimerez bientôt cela ainsi que moi. »

Nous continuâmes à bavarder ainsi pendant que je baignais et pansais les parties meurtries, et finalement nous nous endormîmes après qu’il eut été convenu entre nous qu’elle me donnerait, dans un jour ou deux, une agréable leçon.

Quelques jours se passèrent tranquillement ; mon châtiment avait été trop sévère pour que je risquasse à la légère un nouveau conflit avec le général. Cependant j’attendais avec impatience l’occasion de me venger de toute la bande, excepté de Jane qui était devenue mon amie de cœur. Nous examinions, sans succès, d’ailleurs, toutes sortes de plans pour faire mettre soit l’une soit l’autre dans un mauvais cas. Le vieux général me conseillait souvent de prendre garde à moi, car il ne manquerait pas la première occasion de me faire danser sans musique.

Un jour, cependant, étant dans le jardin avec la gouvernante, je lui fis remarquer que le général était réellement bizarre de laisser les brugnons tomber et se perdre plutôt que de nous les laisser manger.

— Ma chérie, dit Mme Mansell, si vous en prenez deux ou trois, il ne le remarquera pas, en tous cas, ne dites pas que je vous l’ai conseillé, c’est, en effet, absurde de les laisser pourrir.

— Mais, mademoiselle Mansell, répliquai-je, ce serait un vol?

— Ce n’est pas un vol de prendre ce qui aurait été perdu, répondit-elle, vous n’avez pas la notion exacte de l’honnêteté, d’ailleurs n’êtes-vous pas un peu la maîtresse de la maison.

— Vous me faites l’effet du serpent et moi d’Ève ; c’est vrai qu’ils ont l’air délicieux ; vous ne me trahirez pas, au moins? lui dis-je avec candeur. Sur ce je cueillis un des fruits et Mme Mansell le partagea avec moi, ce qui me mit tout à fait à l’aise.

Le lendemain, juste avant le dîner, nous entendîmes la voix du général nous appelant tous brusquement dans sa chambre. « Comment se fait-il, Mme Mansell, dit-il, l’air furibond, que je ne puisse laisser mes clés dans la serrure de cette étagère sans que quelqu’un goûte à mon rhum? Comme je soupçonnais depuis longtemps qu’il y avait dans mon entourage un dégustateur trop rusé, j’ai usé de ruse à mon tour. Voyant que le rhum semblait à son goût, la dernière fois que le flacon a été rempli, j’ai fait une petite raie avec mon diamant pour marquer la hauteur du liquide dans la bouteille, et depuis, je me suis contenté de boire du brandy. Eh bien! regardez! En trois ou quatre jours, il n’en a pas filé moins d’une demi-pinte. Venez ici, Rosa… et vous Mme Mansell… à votre tour, Jemima! » et ce disant, il sentit notre haleine à tour de rôle.

— Femme, dit-il à celle-ci comme elle se troublait et hésitait à se soumettre à cette épreuve, je n’aurais pas cru que vous étiez une sournoise et une voleuse ; si vous avez réellement besoin d’un peu d’alcool, Mme Mansell, j’en suis certain, vous eût permis d’en prendre. Comme vous êtes ici depuis plusieurs années et que nous n’aimons pas le changement, on ne vous mettra pas à la porte, mais on vous guérira demain de l’envie de voler ; vous auriez dû être fouettée sur le champ, mais comme j’ai un ami à dîner ce soir, cela vous fera du bien d’attendre et de réfléchir à ce que vous allez recevoir. Filez, maintenant, et que le dîner soit servi correctement, ou je vous réserve quelque chose à la mode hindoue dont vous me direz des nouvelles.

Nôtre visiteur était notre plus proche voisin, ancien colonel et grand chasseur de renards, et pourtant mes idées étaient si surexcitées par la perspective du châtiment de Jemima que la soirée me parut fort agréable.

Le lendemain, grand-père passa toute la journée à inspecter le jardin et j’eus le pressentiment qu’il remarquerait la disparition des brugnons. Ayant été si méfiant pour le rhum, il pourrait l’être de même pour les fruits.

Mes craintes n’étaient que trop fondées, m’ayant aperçue avec Mme Mansell cueillant un gros bouquet pour mettre à la coupable, il s’écria : « Mme Mansell pendant que vous y êtes, faites donc un second bouquet, quelqu’un a rendu visite aux brugnons. Ne sauriez-vous pas qui, Rosa? »

— Oh! grand-père, vous savez bien qu’on m’a formellement défendu de toucher aux fruits, dis-je, l’air aussi innocent que possible.

— Et vous, madame Mansell, savez-vous quelque chose à ce sujet? Rosa me répond à côté de la question, reprit-il en me regardant sévèrement.

J’étais très embarrassée, et, pour comble, Mme Mansell, affectant une profonde répugnance à dire un mensonge confessa toute la vérité.

— Ma parole, j’ai affaire à une jolie bande, car Jane ne vaut pas mieux que les autres. Madame Mansell, votre conduite m’étonne et vous serez assez punie en considérant quelle gravité j’attache à ce cas, et quant à Rosa, une telle duplicité, chez une enfant si jeune, me fait frémir ; mais occupons-nous d’abord de Jemima, et nous verrons ensuite ce qu’il y aura lieu de faire.

Dans l’état d’incertitude où j’étais, je courus vers Jane pour lui confier mes angoisses ; c’était, selon elle, une heureuse circonstance que Jemima passât la première, car le vieillard serait fatigué, et, sans doute, me tiendrait quitte à bon compte, surtout si je criais et implorais grâce.

Ainsi réconfortée, je m’arrangeai pour dîner copieusement et pris un verre de vin en plus (j’étais supposée n’en prendre qu’un) puis, je me rendis à la salle des corrections, à peu près rassurée, d’autant plus que j’étais fort désireuse de voir Jemima bien fouettée.

Quand je jetai les yeux sur elle, elle faisait une révérence au général, assis dans son fauteuil, verge en main. Son apparence me frappa d’admiration. Sa taille était au-dessus de la moyenne, elle avait de beaux cheveux châtains, un teint éclatant, de grands yeux bleus très vifs, elle portait une robe de soie bleus échancrée très bas, qui révélait les trésors de sa poitrine bombée, son gros bouquet était fixé de côté, elle avait des souliers de satin rose à hauts talons avec des boucles d’argent ; son corsage était à manches courtes, mais des gants de chevreau de couleur fauve montant au-dessus du coude dissimulaient la rudesse de sa peau et la rougeur de ses mains.

— Préparez-la immédiatement, dit le général, elle sait trop bien ce qui l’amène ici pour qu’il soit utile de le lui dire. Tenez, Rosa, passez-moi cette grosse poignée de verges, la petite ne serait qu’un joujou pour son gros cul, Ha! Ha! celle-ci fera bien l’affaire! ajouta-t-il en la faisant siffler dans l’air.

Jane et la gouvernante l’avaient déjà dépouillée de la robe bleue, et étaient en train de lui enlever le jupon blanc bordé de dentelle ; le bouquet, tombé sur le parquet, la victime se trouva en chemise et pantalon, et je pus admirer sa poitrine bien prise, son cou harmonieux et surtout ses jambes pleines et rondes dans leurs bas de soie rouge, retenus par d’élégantes jarretières (le général était très exigeant sur la toilette de ses pénitentes).

J’aidai à l’attacher et à dénouer son pantalon que Jane rabattit complètement, tandis que Mme Mansell retroussait et épinglait sa chemise, étalant dans leur magnifique plénitude ses fesses glorieusement charnues, dont la peau blanche resplendissait sous la clarté des flambeaux.

Je lui donnai quelques bonnes tapes pour lui montrer que je n’avais pas oublié celles qu’elle m’avait données, puis je m’écartai pour laisser la place à Sir Eyre.

J’étais si absorbée par ce fascinant spectacle que j’en oubliai totalement ce qui m’attendait moi-même.

Flac! La grosse verge s’abattit avec une violence qui l’eût fait bondir si elle n’eût été attachée. Elle poussa un « Ahhh! » étouffé et un large sillon rouge apparut sur la chair. A chaque coup qui suivit, sa figure s’empourpra davantage et elle sembla suffoquer, tout en s’efforçant de ne pas hurler, mais la verge était si cinglante et le général frappait si fort qu’en moins d’une douzaine de coups, les fesses blanches furent tachées de sang et la verge volait dans toutes les directions. « Ah! Ah! Oh! » hurla-t-elle enfin. « Assez! pitié, monsieur, je n’en puis plus, c’est trop, je vous le jure! »

— Abominable voleuse, je vais vous fesser jusqu’à ce que mort s’ensuive ; si je ne vous guéris pas aujourd’hui à tout jamais, c’est une bonne domestique que je perdrai, riposta Sir Eyre en la fouaillant de plus belle.

Mon sang bouillait sous l’excitation voluptueuse, à laquelle j’étais en proie, et jeune comme je l’étais, barbare comme je savais être la correction, je n’éprouvais pas la moindre pitié pour la victime. C’est un sentiment que, seuls, peuvent comprendre les fervents adorateurs de la verge.

— Vous aimez le rhum, je crois mademoiselle, faisait le général, mais c’est le payer un peu cher, n’est-ce pas, n’est-ce pas… n’est-ce pas?…

Le pauvre vieux, hors d’haleine, ayant été obligé de s’asseoir, Mme Mansell, devançant son désir, prit une verge neuve et, sans laisser souffler la victime, se mit à la fouetter à son tour.

— Elle n’a pas volé sa punition, monsieur, car je ne lui refuse jamais rien pourvu qu’elle se conduise bien, dit-elle, prenant son air le plus pincé. Dans son ardeur à fouetter, sa coiffure s’étant dérangée et sa physionomie s’animant, elle me fit l’effet de la déesse de la vengeance. « Recommencerez-vous… dites… répondez… ingrate… voleuse… » criait-elle, ponctuant chaque mot d’un furieux coup de verge.

La pauvre Jemima sanglotait et implorait grâce d’une voix brisée, tandis que des gouttes de sang coulaient le long de ses cuisses, mais la gouvernante semblait sourde et Sir Eyre paraissait en extase. Quelque résistante que fût la victime, cela ne pouvait plus, néanmoins, durer bien longtemps. Terrassée par l’acuité de ses souffrances, Jemima s’évanouit et il nous fallut lui asperger la figure d’eau fraîche pour la ranimer. On la couvrit d’un manteau et on la conduisit dans sa chambre où on la laissa seule.

— A votre tour, Rosa, me dit alors le général tenant en mains une verge fraîche et souple ; embrassez la verge et apprêtez-vous.

Sachant à peine ce que je faisais, je m’inclinai et donnai le baiser ordonné. En un rien de temps, Mme Mansell et Jane m’eurent préparée, car je demeurais passive, et dès que je fus exposée en plein, les membres bien écartés, le général reprit son rôle.

— Vous avez pu voir, me dit-il, par l’exemple de Jemima, comme je suis sévère à l’occasion, peut-être n’avez-vous pas compris la gravité de la réponse que vous m’avez faite aujourd’hui, aussi, suis-je enclin à être indulgent pour cette fois ; mais, souvenez-vous, pour l’avenir, si vous vous en tirez à bon compte aujourd’hui, qu’un mensonge est préférable à une réponse évasive. Je crois que la dernière fessée a produit son effet, car vous vous comportez ce soir tout autrement. Ainsi, souvenez-vous… souvenez-vous… Souvenez-vous…

Il me cinglait le derrière à chaque mot. J’implorais grâce, promettant d’être sincère à l’avenir. Après une vingtaine de coups qui me mirent les fesses en feu : « Je vous tiens quitte pour aujourd’hui, fit-il en m’octroyant une dernière cinglade, mais si violente que, cette fois, le sang se montra sur mes fesses déjà empourprées.

Je termine ici ma seconde lettre.

Croyez-moi votre amie dévouée.

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE III
Ma chère Nelly,

Je vous ai dit, dans ma dernière lettre, comment je me tirai sans grand dommage de l’affaire des brugnons ; mais je n’avais reculé que pour mieux sauter, et le général s’était évidemment promis de m’accommoder de bonne façon à la première occasion favorable.

Chose bizarre, ma première punition, pourtant corsée, et la terrible fessée que j’avais vu administrer à Jemima ne n’avaient produit d’autre effet que de me rendre, si possible, plus audacieuse. J’aurais voulu me venger de Sir Eyre et de Mme Mansell, mais aucun de mes plans de vengeance ne me donnait satisfaction. Si j’avais pu arriver à mes fins, peu m’eût importé ce qui en serait résulté pour moi.

Jane ne pouvant me suggérer aucune idée, je résolus d’agir seule, tout en affectant d’y renoncer ; mais diverses mésaventures arrivèrent dès lors à tous les hôtes de la maison, y compris moi-même. Le général entra en fureur, lorsqu’un beau jour il trouva plusieurs de ses livres de flagellation abîmés ou déchirés, mais il ne put fixer ses soupçons sur personne, bien qu’il suspectât fort Jemima d’être, par vengeance, l’auteur de ce délit. Peu de temps après, Mme Mansell se piqua les pieds à des orties cachées dans ses draps. Sir Eyre et elle étaient surtout les victimes ; mais le méfait suivant fit déborder le vase. Quelques jours plus tard, en se mettant au lit, le général fut soudain cruellement piqué et égratigné par des branches de ronces habilement dissimulées dans son lit. Comme il avait l’habitude de rabattre complètement le drap de dessus avant d’entrer au lit, puis de le ramener sur lui après s’être allongé, les épines avaient été placées entre le matelas et le drap du dessous de sorte qu’il ne pût les voir ; mais il les sentit bien vite. Le dos écorché, il fit un bond violent, se retourna à quatre pattes, et bondit de nouveau, affreusement piqué aux genoux et aux mains. Bref, lorsqu’il put s’échapper du lit il avait été écorché un peu partout, quelques épines étaient restées piquées dans ses chairs et je pus voir, le lendemain, des taches de sang sur ses draps.

Il fallut que Mme Mansell sautât de son lit en toute hâte, pour soigner le pauvre bonhomme. Cela lui prit une bonne heure, au bout de laquelle, elle se recoucha avec délices pensant rattraper le sommeil perdu. A peine était-elle remise au lit qu’elle poussa des « Aïe! Aïe! Hola! » de souffrance, et s’écria : « Ah! c’est trop fort! les coquins sont venus dans ma chambre pendant mon absence! » Jemima, Jane et moi étant accourues à ses cris, nous la trouvâmes affreusement écorchée, surtout aux genoux, nous réprimâmes un sourire de satisfaction ; Jemima surtout avait l’air radieuse.

Mme Mansell. — Vous n’avez pas honte de me traiter ainsi ; c’est une de vous trois et je soupçonne fortement Jemima.

Jemima. — Je n’ai pu m’empêcher de sourire en vous entendant crier, madame, mais je croyais que vous n’aviez pas grand’chose.

Mme Mansell. — Effrontée, coquine, je le dirai au général.

Jemima, Jane et moi protestâmes de notre innocence, mais en vain ; il devait évidemment en cuire à l’une de nous, peut-être à toutes les trois.

La gouvernante et le général se ressentirent plus d’une semaine de cette alerte, plusieurs épines leur étant restées dans les chairs, une entre autres dans le genou de Mme Mansell. Sir Eyre dut attendre en conséquence dix jours avant de mettre l’affaire sur le tapis.

L’heure fatale sonna enfin ; nous comparûmes toutes dans la salle de punition devant le général, trônant dans son fauteuil ; ce fut comme d’habitude après le dîner, et nous étions en tenue de soir.

Sir Eyre. — Vous n’ignorez pas pourquoi je vous ai fait venir ensemble. Un outrage comme celui que nous avons subi, Mme Mansell et moi, ne peut rester impuni ; donc, si aucune de vous trois n’avoue en être l’auteur, je suis décidé à vous punir toutes les trois et sévèrement pour que la coupable n’échappe pas à son sort. Allons Rosa, est-ce vous? Si ce n’est vous, c’est une des deux autres.

Rosa. — Moi grand-père! Vous savez bien du reste, qu’on m’a fait à moi-même toutes sortes de farces.

Sir Eyre. — Et vous, Jemima. Est-ce vous?

Jemima. — Oh! mon Dieu! monsieur! Mais je n’ai même jamais touché de ronces de ma vie!

Sir Eyre. — Jane, êtes-vous coupable ou non, ou soupçonnez-vous quelqu’un?

Jane. — Oh! non! monsieur, je vous l’affirme.

Sir Eyre. — Donc il y a parmi vous une fieffée menteuse. Rosa, comme vous êtes la plus jeune, je vous punirai en premier, peut-être en attendant, déciderez-vous la coupable, si ce n’est vous, à se dénoncer.

Puis, se tournant vers Mme Mansell : « Préparez-la, dit-il, elle n’a pas reçu la fessée telle qu’elle la méritait, l’autre jour. Mais aujourd’hui, elles auront toutes les trois leur compte, quand je devrais y passer toute la nuit. Jane et Jemima aidez Mme Mansell. »

Mes idées étaient moins tournées vers ce que j’allais recevoir que vers le tableau qu’allaient m’offrir les autres et dont je me réjouissais par anticipation, j’escomptais les sensations que j’avais déjà éprouvées quand Jemima avait été si sévèrement punie. Elles m’eurent bientôt enlevé ma robe de soie bleue et elles m’attachaient sur le cheval, quand le général les arrêta, pris d’une autre idée.

— Halte! Halte! cria-t-il. Jemima va la mettre sur son dos.

Je fus alors relâchée, et, mes jupons ayant été bien retroussés par dessus mes épaules, je fus hissée à califourchon sur le large dos de Jemima ; mes bras entourant son cou furent solidement ficelés par les poignets et mes jambes attachées de même sous la taille ; j’étais ainsi splendidement exposée et ma posture faisait tendre ma peau. Comme Mme Mansell allait ouvrir mon pantalon, Sir Eyre s’écria : « Non! Non! Je vais me servir de ce fouet… Jemima, trottez tout autour de la chambre pour que je sois à bonne distance. »

Ces mots furent accompagnés d’un claquement sec du fouet, dont la lanière s’abattit sur ma croupe.

— Eh bien, mademoiselle! allez-vous nous avouer quelque chose? Je suis sûr que vous êtes bien au courant de ce qui s’est passé. Clac! Clac! Clac! Clac! le fouet me cinglait en même temps les fesses, et Jemima ravie trottait allègrement tandis que chaque coup causait à mon pauvre derrière une affreuse cuisson.

— Oh! Oh! Ah! Grand-père! criai-je, c’est indigne de me punir quand vous savez que je suis innocente. Oh! Oh! Ohhhr! Sourd à mes cris, il me fouaillait sans pitié. Je sentais ma peau se boursouffler, mais la mince étoffe l’empêchait de s’écorcher.

A un moment, il interrompit la course en disant : « Mme Mansell, regardons un peu son impudent derrière pour voir ce que mon fouet y a marqué. »

Mme Mansell écarta soigneusement la fente de mon pantalon et s’écria : « Regardez, monsieur, comme vous l’avez bien cinglée! Quelles belles zébrures et comme son cul est rouge! »

Sir Eyre. — Peuh! Cela n’est pas mal, en effet, mais je suis resté à moitié chemin ; Mme Mansell voulez-vous le mettre au point avec la verge?

Je pouvais dès lors être sûre d’avoir une bonne mesure. Le général alluma un cigare et s’installa confortablement dans son fauteuil pour jouir du spectacle. Mme Mansell choisit une belle verge faite de brins longs et flexibles, et laissant mon pantalon largement ouvert, ordonna à Jemima de se poser devant elle.

Brandissant la verge, la gouvernante s’écria : « Je suis sûre que cette demoiselle est dans le secret, mais elle est si entêtée que nous ne tirerons sans doute rien d’elle. Néanmoins, Monsieur, je vais faire de mon mieux. Allons, Mlle Rosa, dites-nous la vérité si vous voulez préserver votre cul ; êtes-vous toujours aussi sûre de votre propre innocence? Et elle me cingla méthodiquement et vigoureusement les fesses en tous sens ; les coups s’abattirent dans ma chair avec un son mat et mon derrière déjà brûlant des coups de fouet de tout à l’heure fut bientôt en proie à une intolérable cuisson.

— Oh! Oh! C’est une injustice! hurlai-je pour me soulager le plus possible. Oh! Ah! Même si je savais quelque chose je ne le dirai pas! On ne doit pas trahir un secret. Oh! Pitié! Pitié!

En parlant ainsi, j’avais un double but, d’abord, d’être traitée avec une indulgence relative en leur faisant croire qu’une des deux autres était la coupable, ensuite, faire dériver leur fureur sur celles-ci et corser, en même temps que leur punition, le plaisir que je m’en promettais.

Mme Mansell. — Ha! Ha! C’est curieux comme la verge vous a amendée, ma chère mademoiselle Rosa ; vous n’êtes plus, à beaucoup près, aussi obstinée qu’avant. Mais puisque vous ne voulez rien nous raconter, vous serez fouettée comme complice, j’en suis bien fâchée pour vous. Du reste, cela ne vous fait pas tant de mal que vous voudriez le faire croire. » Et vzz! vzz! vzz! la verge s’abattait sans répit sur mon postérieur qui commençait à saigner.

— Arrêtez, Mme Mansell! cria enfin le général, ce doit être cette drôlesse de Jemima. Rosa est assez punie. Au tour de Jane, maintenant ; si elle sait quelque chose il faudra bien qu’elle nous le dise, et alors nous aurons nos coudées franches avec Jemima. N’importe comment, Mme Mansell, nous saurons la vérité!

On me repose à terre et le général ordonne à Jane de prendre la place que je viens de quitter. Mes vêtements retombent et, frémissante d’une émotion anticipée, remerciant Sir Eyre de son indulgence, je m’occupe fébrilement pour ma part à disposer le postérieur de Jane pour l’exécution. J’épingle sa chemise à ses épaules, j’expose à nu son postérieur joufflu, ses cuisses et ses mollets, ceux-ci gainés de soie rose, maintenus par d’élégantes jarretières à boucles d’argent, et rehaussés par des pantoufles grenat.

Sir Eyre. — Comment, Jane, avez-vous l’impudence de vous présenter devant moi sans pantalon? C’est une indécence inouïe! Autant m’offrir tout de suite de me faire voir votre derrière ; tenez, effrontée, voilà pour la peine! Il lui donna alors un coup si formidable que la verge sillonna la chair jusqu’à la fente ombragée. Autre chose est de faire voir son derrière lorsque l’on reçoit le fouet que de l’étaler cyniquement comme vous le faites. Et il continue à manifester sa feinte indignation par de solides coups de verges.

Jane. — Ah! Ah! Ahhhr! Pitié! Monsieur! Pitié! Mme Mansell ne nous a pas donné le temps de nous habiller, et dans ma précipitation, je n’ai pu trouver mon pantalon. Elle m’appelait immédiatement et je n’ai pas voulu la faire attendre. J’ai cru que l’obéissance était plus urgente que la décence. Oh! Oh! Oh! Monsieur! Grâce! Pas si fort! Quelle cruauté. Je suis bien innocente!

Sous le stimulant des cinglades furieuses qu’il lui applique sans répit de bas en haut et qui amènent le sang à la peau, elle se démène et bondit si fort que Jemima a grand peine à la maintenir à califourchon.

Sir Eyre. — C’est bon! C’est bon! Je suis assez disposé à vous pardonner pour le pantalon, car j’aime que l’on fasse passer le devoir avant tout, mais en ce qui concerne les épines qu’on a fourrées dans nos lits, vous devez savoir quelque chose et c’est votre devoir de nous le confesser.

Jane. — Oh! Oh! Hola! Ah!!! Je ne sais rien! Je ne puis rien vous dire sinon que je suis innocente ; mais je ne peux pas en accuser une autre! Hola! Oh! Vous allez me tuer, Monsieur! J’en ai pour des semaines à rester au lit si vous me lacérez de cette façon!

Sir Eyre. — Des fesses en compote se rétablissent bien plus vite que cela, Jane, ne vous inquiétez pas! Mais vous allez être fessée encore plus fort si vous n’avouez pas que c’est Jemima la coupable. Est-ce Jemima? Parlerez-vous? Est-ce Jemima? Est-ce Jemima?

Il hurle ces questions d’une voix de tonnerre et sa verge s’abat sans répit et avec fureur sur le derrière de la malheureuse. Le sang suinte et coule sur la chair à vif. Elle semble sur le point de s’évanouir, toutefois je crois distinguer sur son visage les indices habituels de la jouissance ; puis cessant de se débattre et de bondir, elle se laisse aller, inerte, comme si sa chair était devenue insensible aux coups ; ses hurlements cessent et comme dans un râle elle balbutie : Oui! Oui! Oh oui!

Sir Eyre pousse un éclat de rire de triomphe à l’idée de connaître enfin la vraie coupable. « Ah! Ah! Elle a enfin avoué! Oui, oui, » crie-t-il, « descendez-la maintenant, la pauvre fille, cela a été dur pour la décider à parler, mais j’ai tout de même réussi. » Et il jette au loin le tronçon de verge qui lui restait en mains. Tandis que la pauvre Jane descend de sa monture dans un état pitoyable, Jemima marmotte entre ses dents quelque chose comme « damnée menteuse! » J’aide Mme Mansell à la ligoter sur le cheval, et, lui ayant retroussé ses jupes, j’écarte l’ouverture de son pantalon de façon à exposer dans toute leur ampleur les beautés laiteuses de son magnifique derrière.

Sir Eyre. — Écartez, écartez le plus que vous pourrez, Rosa. La gredine! Laisser les autres souffrir pour son propre crime! Elle prenait, je crois, plaisir à participer à leur correction!

Jemima. — Ce sont des mensonges, Sir Eyre, je ne suis nullement coupable et elles m’ont tout mis sur le dos pour se repaître au spectacle de ma punition. Oh! Oh! Quelle abominable maison! Réglez-moi mes gages, je veux m’en aller de suite!

Sir Eyre ricanant. — Vous allez les avoir, vos gages, ou du moins, ce que vous avez mérité hypocrite, scélérate!

Jemima (pourpre de honte et de fureur). — Je ne suis pas aussi hypocrite qu’une autre que je connais bien! Vous me couperez en morceaux avant de me faire avouer ce que je n’ai pas fait.

Sir Eyre. — Ne perdons pas notre temps avec cette tête de mulet. Essayons plutôt l’effet d’une bonne verge.

Joignant l’action à la parole, le général lui gratifie les fesses de quelques coups sévèrement appliqués qui changent en rose les lys de son énorme postérieur.

— Regardez comme son cul rougit pour elle, s’esclaffe le général, en attendant qu’il pleure des larmes de sang. Et il accentue la rigueur de ses coups, qui tracent dans la chair de larges boursouflures.

Jemima. — Oh! Oh! Sir Eyre comment pouvez-vous croire une menteuse comme Jane. Quelle raclée je lui flanquerai, quand je serai délivrée, à cette fieffée gredine, pour lui apprendre à m’accuser.

Sir Eyre. — C’est vous la gredine! Vous lui donnerez des claques? Dites? Vous en avez l’intention? Répondez, grosse bourrique! La verge est trop bénigne pour vous! Je m’en vais essayer autre chose de meilleur, mais, avant, vous allez demander pardon à Jane! Vous avez beau être grosse et forte, nous vous maîtriserons quand même! Qu’est-ce que vous dites de cela? Je crois que vous ne sentez rien, Jemima, je le suppose ou vous seriez moins arrogante! Je voudrais avoir une poignée de ronces sous la main pour vous déchirer les fesses! Peut-être les sentiriez-vous mieux que la verge!

Et pendant ce discours, la verge continuait impitoyablement son travail.

Jemima. — Oh! Non! Pas cela! Je ne suis pas coupable et n’aurais pas voulu faire pareille chose à mon plus grand ennemi! Oh monsieur! Monsieur! Pitié! Vous m’assassinez! Vous me torturez! Voyez! le sang ruisselle le long de mes cuisses!

Sir Eyre. — On ne tue pas si aisément une graine de votre espèce. Pourquoi vous obstinez-vous à ne pas avouer, coquine!

Et se tournant vers Mme Mansell : « Ne trouvez-vous pas », lui dit-il, « qu’elle a trop de choses sur elle ; je ne suis pas enclin à la cruauté, mais ceci est un cas qui mérite plus de sévérité que d’habitude?

Mme Mansell. — Si nous la réduisions à sa chemise et à son pantalon, vous pourriez ainsi lui appliquer l’extrême pénalité?

Sir Eyre. — Parfaitement. Et cela me permettra de respirer un peu. Elle m’a mis à bout de force!

Nous dépouillons alors Jemima de sa jupe et de ses jupons, nous défaisons son corset, mettant en liberté les globes bien fermes de sa splendide poitrine, puis elle est ligotée de nouveau et reste avec les poignets ficelés bien au-dessus de sa tête. Elle a des gants de chevreau fauve qui font ressortir la nudité de ses bras. Elle n’a pour dissimuler ses formes opulentes que sa chemise et son pantalon, mais, avant de recommencer la danse, le Général donne l’ordre de lui retirer tout-à-fait celui-ci et d’épingler la chemise à ses épaules. Puis, se tournant vers moi, il me dit :

— Rosa, ma chérie, si vous avez été punie, c’est de la faute à cette méchante fille : je ne conseille à personne de se charger lui-même de sa vengeance, mais comme Mme Mansell n’est pas très bien et que j’ai encore besoin d’un peu de repos, j’espère que vous voudrez bien prendre ce fouet ; vous savez comment l’on s’en sert, ne ménagez aucune parcelle de son cul et de ses cuisses.

Et il me tendit une jolie cravache de dame, qui se terminait en une lanière de cuir tressé.

Aucune proposition ne pouvait m’être plus agréable, bien que je n’aurais pas osé me proposer moi-même. Je jetai un coup d’œil triomphal à la pauvre Jane qui se remettait peu à peu de sa terrible correction et commençait à s’intéresser à ce qui se passait autour d’elle. Je pris la cravache et me mis en bonne posture pour commencer. Ma victime présentait un magnifique tableau : cambrées, ses fesses puissantes, boursouflées, meurtries, teintées de sang formaient un curieux contraste avec son ventre d’un blanc neigeux, couvert à l’endroit du mont de Vénus d’une forêt bouclée du plus joli blond vénitien, ses cuisses très écartées, permettant de voir le mignon trou de son derrière et un peu au-dessous le bord vermeil des lèvres de son conin. Un peu plus loin s’étalaient ses cuisses robustes aussi blanches que son ventre. Elle portait également de bas de soie rouge, de jolies jarretières et des pantoufles assorties à ses gants. Mon sang bouillait à la vue de ces jolies choses et j’avais hâte de lacérer à mon tour cette chair déjà meurtrie et tachée de sang.

Sir Eyre. — Eh bien, Rosa, qu’attendez-vous pour commencer? Vous n’avez pas à ménager une pareille entêtée. Allez, et essayez de lui faire demander pardon à Jane.

Rosa. — J’ai peur, Grand-Père, que la cravache ne lui déchire la peau! Allons, Jemima, je commence. Est-ce que cela vous fait très mal? Et je ponctuai ma question d’un léger coup entre les cuisses où la pointe de la cravache marqua son passage de rouge.

Jemima. — Oh! Oh! Miss Rosa, ayez compassion de moi! Je n’ai jamais été malveillante pour vous ; je vous ai portée bien doucement sur mon dos quand vous avez été fouettée.

Rosa. — Oui! Et cela vous a joliment amusée, gredine! Vous saviez quelle fessée l’on m’appliquait et vous étiez ravie de me servir de monture.

Je lui appliquai trois ou quatre coups qui imprimèrent sur ses reins une belle marque rouge : Tenez! Tenez! Tenez! Demandez-moi pardon, et à Jane aussi, pour vos menaces? La souffletterez-vous? Dites, dites, dites? Chaque mot était accompagné d’un coup de cravache et jamais deux fois de suite au même endroit.

Jemima. — Ah! Ahrr! Grâce! Pitié! J’ai été bien peinée pour vous, miss Rosa! Oh! Oh! vous êtes aussi cruelle que Sir Eyre. Vous me déchiquetez avec cette cravache, sanglote-t-elle, la figure cramoisie de souffrance, de rage et d’obstination.

Rosa. — Allons, Jemima, ce que vous avez de mieux à faire, c’est de nous demander pardon et de confesser votre crime, vous savez que vous êtes coupable, coupable, coupable, entêtée que vous êtes.

A coups multipliés, la cravache meurtrit les fesses en tous sens, tirant le sang qui coule sur les cuisses et sur les bas. La victime se démène et hurle de souffrance à chaque coup, mais refuse d’avouer sa faute et de demander pardon. La vue de ses tortures semble décupler ma vigueur et ma surexcitation ; je me délecte de la vue du sang et je me sens en proie à une étrange mais douce émotion. Épuisée, je laisse échapper la cravache, et m’affale sur un siège, en proie à une sorte d’abandon léthargique, tout en ne perdant rien de ce qui se passe autour de moi.

Sir Eyre. — Vraiment, Rosa, je vous croyais plus énergique que cela. Pauvre petite, votre châtiment a été trop dur pour vous. Je vais en finir avec la coupable ; si elle ne veut pas avouer, je l’exécuterai, voilà tout.

Et il va chercher une autre cravache plus forte que celle dont je m’étais servie et avec trois lanières de cuir à l’extrémité : « Allez-vous enfin avouer? Dites! Misérable créature! hurle-t-il, le sang me bout quand je songe à la façon dont j’ai corrigé deux innocentes! »

Cette fois, c’est sur les cuisses et les mollets qu’il frappe, lacérant les bas de soie et sillonnant les chairs de marques profondes. La victime ne peut se débattre, car ses chevilles sont attachées, mais la souffrance lui arrache des sanglots nerveux et des cris suraigus. Le Général semble fou de fureur, car il s’attaque maintenant aux épaules indemnes jusqu’alors et teinte la cravache du sang qu’il en fait couler.

Sir Eyre. — Ah! Je vais la tuer! C’est plus fort que moi! Elle me rendra fou! Et l’instrument s’enroulant autour de ses côtes vient atteindre jusqu’aux globes de sa superbe poitrine et en arrache des gouttes de sang qui tachent son ventre blanc.

Jemima. — Oh! Pitié! Laissez-moi mourir! Ne torturez pas plus longtemps une pauvre fille innocente.

Elle ne peut en dire plus long et les mots ne sortent plus de ses lèvres. Mme Mansell s’interpose alors en disant : « Assez comme cela, davantage pourrait être dangereux. »

Sir Eyre suffoquant. — Vous avez raison de me retenir, je l’aurais tuée.

La pauvre victime est retirée du cheval dans un état pitoyable ; elle ne peut pas se tenir debout ; son sang a coulé jusqu’à ses pantoufles ; on la ranime tant bien que mal en lui faisant prendre un cordial et on la ramène à sa chambre où elle dut garder le lit pendant plusieurs jours.

J’avais eu la revanche que j’étais si anxieuse de prendre. Mais le grand vengeur, à mon profond chagrin, enleva bientôt de ce monde mon pauvre grand-père et je demeurai tout à fait orpheline. Comme j’étais encore bien jeune, mes gardiens, conformément au testament de mon grand-père, me placèrent à l’Académie de Miss Flaybum pour achever mon éducation ; le vieux foyer fut abandonné et ses hôtes dispersés.

Je vous enverrai, dans une prochaine lettre, quelques-uns de mes souvenirs de classe et je reste, ma chère Nelly,

Votre affectionnée,

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE IV
Ma chère Nelly,

Je vous ai promis, dans ma dernière lettre, de vous relater quelques-unes de mes expériences scolaires et je viens tenir ma promesse.

La pension où je fus mise était située à Edmonton. C’était une maison spacieuse qui avait été la propriété d’un gentilhomme et était enclavée dans ses terres. Ce que nous appelions les jardins privés, près de la maison était entouré de hautes murailles pour empêcher toute possibilité d’évasion.

Derrière ces jardins, et limités par un fossé, étaient plusieurs pâturages où l’on mettait les vaches de Miss Flaybum et les chevaux, les jours où ils ne travaillaient pas, c’est-à-dire toute la semaine, car nous ne prenions guère les voitures que le dimanche pour nous rendre le matin et l’après-midi à l’église du village, distante d’environ un mille et demi. Il nous était interdit d’y aller à pied, même par le plus beau soleil. Nous n’occupions pas moins de trois voitures, car la pension comptait à peu près trois douzaines d’élèves et nous formions une vraie procession quand nous franchissions le portail de l’église ; il y avait généralement une certaine affluence pour nous voir arriver et partir. Les plus grandes d’entre nous assuraient que c’était pour voir nos jambes lorsque nous descendions de voiture. Nous ne portions que des bas de soie et de très élégantes bottines pour bien faire valoir nos mollets et, par les temps de pluie, quand nous étions obligées de nous retrousser un peu plus, je perçus plus d’une fois un murmure d’admiration parmi nos spectateurs. Chose qui nous surprenait, ceux-ci étaient surtout des messieurs âgés évidemment désireux de tenir leurs fils hors de la vue de nos charmes, selon le désir, sans doute, de Miss Flaybum.

Il nous était strictement défendu de nous promener sur les routes du village, mais les jours de congés ou de fêtes, ou à certaines occasions, lorsque le temps était beau, nos gouvernantes nous escortaient dans les pâturages ou dans un petit bois de trois ou quatre acres, enfermé dans la propriété, Là, à l’abri de tous regards, nous nous amusions à toutes sortes de jeux.

L’école était très select. On n’y admettait que les filles de l’aristocratie, d’officiers des armées de terre ou de mer. Miss Flaybum était une vieille fille entre deux âges et un martinet réputé. Avant mon entrée dans ce pensionnat, je m’étais imaginé que les mœurs étaient très rigides dans les établissements de ce genre ; mais je vis bientôt que ce n’était vrai qu’en façade, et qu’à l’intérieur, il s’y passait des choses peu rassurantes pour la future moralité des élèves. S’il en était de même dans les autres écoles aristocratiques, je m’explique la décadence de la vertu dans le grand monde à l’époque de ma jeunesse.

La première nuit que je passai dans cette maison (nous couchions par groupe de six dans une belle et large pièce), il n’y avait pas une heure que j’étais au lit avec ma compagne que notre dortoir fut envahi par une douzaine d’élèves qui me tirèrent du lit sous prétexte de me familiariser avec l’établissement.

Elles me jetèrent en travers d’un des lits, me bâillonnèrent avec un mouchoir pour m’empêcher de crier, et chacune m’administra à tour de rôle trois claques sur les fesses nues ; quelques-unes me cinglèrent si bien qu’il me sembla que j’avais reçu la verge.

Laura Sandon, ma compagne de lit, jeune fille de seize ans, très douce et très jolie, me consola et m’assura que toutes les élèves subissaient la même épreuve en entrant. Je lui demandai si la verge était en usage dans l’établissement.

— Ah! je vous crois, répliqua-t-elle, vous êtes mignonne comme un amour et je serais bien fâchée de vous la voir donner. Elle m’embrassa et me caressa le derrière qui me cuisait quelque peu : « Comme il est chaud, tirez les draps pour le rafraîchir », ajouta-t-elle.

— Voyons-le ce pauvre cucul, dit miss Louise Van Tromp, une plantureuse allemande. Si nous jouions au fouet, avant que Mlle Fosse (l’institutrice française), vienne se coucher.

— Oui, venez, Rosa, ma chérie, vous aimerez bien cela et cela vous fera oublier votre petite fessée ; levez-vous, Cécile et Clara, on va s’amuser, fit Laura en s’adressant à l’honorable miss Cécile Deben et à lady Clara Wawering, qui avec l’institutrice française, complétaient les six occupantes de notre dortoir. « Vous savez, mademoiselle ne dira rien si elle nous surprend ».

Nous fûmes bientôt debout, nos chemises de nuit volèrent en l’air, et je pus examiner mes compagnes dans la plus absolue nudité. Laura était mince, gracieuse, avec de grands yeux bleus, indices d’un tempérament aimant. Cécile, qui paraissait avoir quinze ans, était une petite bonne femme dodue aux cheveux châtain et aux yeux bleus. Lady Clara avait dix-huit ans ; elle était brune, d’une taille au-dessus de la moyenne, bien proportionnée, avec de grands yeux languissants, tandis que Louise Van Tromp était une belle allemande de dix-sept ans, aux yeux gris et aux formes opulentes.

C’était un ravissant ensemble, car toutes étaient jolies et aucune ne manifestait la moindre honte, étant évidemment bien accoutumées à ce jeu ; elles m’avaient entourée, pelotaient mon derrière et l’embrassaient. Cécile me dit : « Rosa, je suis bien contente que vous n’ayez pas encore de poils à votre petit bijou ; c’est bien plus gentil. Laura, vous avez maintenant une belle fourrure », ajouta-t-elle en fourrageant avec ses doigts la petite toison de miss Sandon.

Laura. — Petite effrontée, ne me chatouillez pas ainsi ; vous serez assez fière quand vous en aurez autant.

Lady Clara. — Cécile, ma chérie, vous n’avez qu’à frotter votre ventre au mien un peu plus souvent que vous ne le faites ; c’est ainsi que Laura a fait pousser ses poils.

Louise. — Rosa, si vous voulez, c’est sur le mien que vous frotterez votre ventre. Clara est trop amoureuse de Cécile ; c’est moi qui veut faire pousser votre poil. En disant cela, elle embrassait et caressait ma petite fente de la façon la plus exquise.

Laura. — Écoutez-moi cette grosse gourmande, on dirait à l’entendre qu’aucune de nous ne s’est amusée avec elle. C’est à moi que vous appartenez, Rosa.

Nous commençâmes alors le jeu des claques qui n’était qu’une variété du jeu de « chat perché » si en faveur chez les enfants. Notre dortoir était très large : les trois lits, les tables, les toilettes, les chaises, etc., rangés contre le mur laissaient un grand espace libre au milieu.

« C’est moi qui commence », fit lady Clara en se plaçant au milieu de la pièce.

Chaque demoiselle s’installa alors, touchant d’une main un lit ou tout autre meuble et comme Clara tournait le dos, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, celles qui étaient placées favorablement s’approchaient avec précaution d’elle et lui donnaient une bonne claque sur les fesses, s’empressant aussitôt de regagner leurs postes. A ce jeu, le derrière de Clara prit bien vite une jolie teinte rose. Si elle réussissait à rendre la claque à celle qui lui avait donnée avant que celle-ci eût remis la main sur son meuble, c’est cette dernière qui prenait à son tour la place de la fouettée.

Nous nous en donnâmes à cœur joie, le bruit des claques dominait nos joyeuses exclamations ; on s’élançait, on s’échappait ; on glissait quelquefois, et, alors, pour varier le divertissement, la maladroite recevait de toutes les joueuses une fessée générale, jusqu’à ce qu’elle se fût relevée. On pourra s’étonner que de tels jeux ne fussent pas interdits par la maîtresse, mais il était de règle de laisser les élèves s’amuser comme elles l’entendaient dans leur dortoir. Au plus fort de nos ébats, la porte s’ouvrit soudain et Mlle Fosse entra en s’écriant : « Ah! les polissonnes, je vous y prends, hors du lit, la lampe allumée, en train de vous fouetter réciproquement et nues comme des vers encore! Miss Flaybum tolère cela, je n’ai rien à dire, mais vous méritez une bonne fessée ; voyons, mademoiselle Coote, que diriez-vous d’une correction avec ceci? Et elle me montra une jolie petite verge faite de longues et fines brindilles, réunies par un ruban bleu. « Cela vous cinglera sans doute plus qu’une fessée à la main?

— Ah mademoiselle, j’en ai tâté d’autres que celle-ci, trois fois plus fortes, au moins ; mon pauvre grand-père était un rude fouetteur, répliquai-je.

Mademoiselle. — Je croyais que les filles n’étaient fouettées qu’à l’école ; vous me raconterez cela tout au long, n’est-ce pas, miss Rosa.

— Bien volontiers, répondis-je, je ne crois pas qu’aucune de vous ait été témoin de pareilles corrections, répondis-je.

Pendant que nous parlions, la belle française s’était rapidement déshabillée ; elle était très brune, avait des cheveux d’ébène, le front assez bas, de grands yeux étincelants, magnifiquement ombragés d’épais sourcils ; sa physionomie avait une expression délicieuse ; elle délaça son corset, exposant dans sa plénitude sa poitrine de neige, ses deux globes fermes avec leur petite pointe brune. Quoique très blanche, sa peau contrastait avec notre carnation rose.

Mademoiselle. — Où est ma robe de chambre? Voyons, Van Tromp, vous avez dû la cacher.

Louise. — Oh! je vous en prie, déshabillez-vous et jouez avec nous. Vous n’aurez pas tout de suite votre robe de chambre.

Mademoiselle. — Si vous me faites jouer avec vous, tant pis pour vos fesses.

Nous l’entourâmes toutes, et bien qu’elle nous opposât un semblant de résistance, elle fut bientôt dépouillée de tous ses vêtements. Nous lui tirâmes même ses bottines et ses bas. Elle était admirablement faite ; âgée d’environ vingt-six ans, potelée à souhait, elle possédait une merveilleuse chevelure qui, flottant maintenant en liberté, tombait en une épaisse cascade plus bas que le dos, lui couvrant complètement le derrière, si bien qu’elle eût pu s’asseoir dessus. Et quant à celle qui ornait son ventre, il est impossible de l’appeler autrement qu’une « forêt noire ». Ce noir buisson frisé s’étendait sur tout son monticule, jusqu’au nombril et pendait de plusieurs pouces entre ses cuisses.

— Eh bien, mademoiselle Rosa, s’écria-t-elle, en s’asseyant sur le bord de son lit, avez-vous jamais vu une dame plus poilue que moi? Vous savez, mon trésor, c’est le signe d’une nature passionnée.

Elle m’avait attirée sur elle, et, m’étreignant par les fesses, m’embrassait en plaquant ma nudité contre la sienne. « J’adore caresser les petits oiseaux sans plumes comme vous ; vous coucherez quelquefois avec moi ; Van Tromp sera heureuse de m’échanger pour Laura », ajouta-t-elle.

— Nous ne pouvons tolérer cela, crièrent deux ou trois des autres, en nous étreignant et en nous embrassant. Allons, mademoiselle, prenez votre verge et mettez-vous au milieu.

— Très bien, dit l’aimable française, mais il en cuira à celle que j’attraperai.

Nous recommençâmes alors notre jeu et, toutes les fois qu’elle réussissait une prise, elle nous cinglait vertement, dessinant sur nos derrières de longues marques rouges. Sous nos claques multiples, son propre derrière devait joliment lui cuire, mais le jeu semblait tant lui plaire et l’exciter qu’elle s’écria soudain : « Oh! je veux avoir la verge, maintenant, qui va être la maîtresse d’école?

Laura. — Ce sera Rosa! Elle vous chapitrera comme si vous étiez coupable et nous donnera une idée d’une punition dans les règles. Voulez-vous Rosa? Cela nous amusera tant! Essayez et obligez mademoiselle à vous demander pardon de toutes les libertés qu’elle a prises sur vous. Faites, vous serez bien gentille!!

— Oui! Oui! Ce sera très drôle! s’écrièrent les autres, spécialement lady Clara qui s’était déjà assise sur le lit avec Cécile comme partenaire.

Louise. — Mademoiselle veut Rosa pour compagne de lit, cette nuit ; pour la punir, elle va tâter de la verge. Ne l’épargnez pas, Rosa, elle a la peau dure ; venez, Laura, nous passerons la nuit ensemble.

Ainsi sollicitée, je pris la verge et la fit siffler dans l’air en m’écriant : « Je sais m’en servir de la bonne façon, spécialement sur les imprudents postérieurs qui osent me mettre au défi ; allons, mademoiselle, présentez vos fesses sur le bord du lit, écartez bien les cuisses… laissez vos pieds à terre… mais je ferai mieux de vous faire tenir par deux de ces demoiselles ; venez, Laura et Louise, prenez-lui chacune un bras et maintenez-la le nez sur le lit… là… comme ça, c’est parfait, tenez-la ferme, et surtout, ne la laissez pas se relever avant qu’elle ait été bien servie.

Rosa. — Mademoiselle Fosse, vous êtes une personne très dévergondée ; vous vous êtes conduite vis-à-vis de moi de façon cynique ; voulez-vous me demander pardon et me promettre de ne plus recommencer? Tenez! Que dites-vous de ceci… et de cela? Et je lui appliquai deux bons coups au bas du dos.

Mademoiselle. — Oh! Non! Je ne demanderai pas pardon. J’aime bien trop les petits conins sans barbe comme le vôtre.

Rosa. — Qu’osez-vous dire? Je vous apprendrai à être plus respectueuse envers votre maîtresse d’école! Comme cela, est-ce assez fort? Et cette fois-ci? Deux coups vertement appliqués en pleines fesses marquèrent leur trace en rouge et lui arrachèrent une exclamation de souffrance.

Mademoiselle. — Ah! Ah! Ah! trop fort! Oh! Oh! Vous n’y allez pas de main morte, petit démon! Loin de m’arrêter, je frappai de plus belle, si bien qu’elle gigota et se débattit sous les touches sanglantes qui marquèrent sa chair en tous sens.

Rosa. — Petit démon! Ah vraiment. Eh bien! je crois que vous allez me demander aussi pardon pour cela! Malhonnête! Comment osez-vous traiter ainsi votre gouvernante? Mais je vous rabattrai le caquet, quitte à vous mettre le derrière en charpie. Tenez! Tenez! Tenez! Cette fois, ce fut sur la partie sensible des cuisses que je dirigeai mes coups. « Serez-vous encore malhonnête… dites… m’insulterez-vous encore? Hein? Hein? Vous savez… si… si… si je vous cingle… trop fort… vous… vous pouvez me le dire… Ah! Ah! je vois par les contorsions de votre gros cul que cela n’est pas de votre goût.

Tout le temps que je parlais, la verge faisait son office et je la maniais avec discernement, cinglant à chaque fois un endroit différent à coups, tantôt espacés, tantôt précipités. A la fin son postérieur était devenu tout rouge et marbré de boursouflures. Elle faisait des efforts désespérés pour se dégager, mais lady Clara et Cécile vinrent à la rescousse pour la maintenir ; la vue du postérieur rouge et à vif les excitait prodigieusement et elles me criaient : « Bravo! Bravo! Rosa, elle ne pensait pas que vous lui en donneriez de cette façon ; comme c’est amusant de la voir gigoter et se débattre, de l’entendre crier, d’aider à la maintenir », etc., etc.

Enfin, la victime surprise se décida à implorer pardon et à supplier, les larmes dans les yeux, qu’on la lâchât.

Ce fut la fin de ce nocturne divertissement. Nous reprîmes toutes nos chemises de nuit et nous glissâmes dans nos lits, moi en compagnie de Mademoiselle.

— Ah! ma chérie, murmura-t-elle, une fois la lampe éteinte, quand je me trouvai blottie peau à peau contre elle, vous avez rudement réchauffé mon pauvre cul ; avez-vous réellement vu pire que cela, Rosa?

— Oh bien, bien pire! Mademoiselle, j’ai vu le sang ruisseler des fesses à vif.

Tout en parlant, je lui rendais ses caresses, ma main errait dans son buisson touffu, pendant qu’elle chatouillait ma petite fente : « Là, là, bégaya-t-elle, secouez, pincez ce petit morceau de chair », tandis que ma main errait entre les lèvres du réduit moussu, « chatouillez-moi comme je vous chatouille ». Ses attouchements me causaient une sensation que je n’avais jamais éprouvée jusque-là, excepté, peut-être, à la fin de ma dernière fessée.

Ce petit tripotage se prolongea pendant plusieurs minutes et je montrai bien vite une véritable adresse dans ces lascifs amusements, enhardie par ses manières et excitée par mon désir d’explorer avec mes doigts l’intérieur de ce paradis frisotté. Pendant ce temps, elle chatouillait et frottait le portail de ma fente de la façon la plus exquise ; puis soudain, elle m’étreignit contre elle (nos chemises étaient retroussées et nous étions pour ainsi dire nues) et elle m’embrassa sur les lèvres avec une ardeur si voluptueuse qu’un frisson d’extase me secoua des pieds à la tête ; ses doigts frottèrent si savamment l’intérieur de ma petite grotte que je sentis soudain quelque chose s’échapper de ma fente, mouillant ses doigts et mes parties secrètes. Me pressant de plus en plus fort, soupirant et se trémoussant elle s’écriait : « Oh! Oh! Oh! Rosa! allez toujours! frottez, frottez! puis, soudain, elle s’allongea toute, se raidit, et je sentis ma main inondée d’un liquide chaud épais et visqueux.

Après quelques moments de repos elle revint à elle et me dit : « Écoutez, écoutez! Les autres sont en train de faire comme nous ; entendez-vous leurs soupirs? Oh! n’est-ce pas exquis, ma petite Rosa?

— Oui! Oui! murmurai-je d’une voix hésitante, car il me semblait que nous avions commis un acte répréhensible. Oh mademoiselle, est-ce vrai, elles font comme nous? Vous êtes bien gentille de jouer ainsi avec moi.

Mademoiselle. — Bien sûr! Elles font comme nous. C’est le seul plaisir qu’on puisse avoir dans une école. Ah! si vous étiez avec lady Clara ou Van Tromp, vous verriez comme elles déchargent quand elles jouissent!

— Qu’est-ce que c’est, murmurai-je? Est-ce ce que j’ai senti de mouillé sur mes doigts quand vous vous êtes raidie?

Mademoiselle. — Mais oui! Et vous aussi vous êtes mouillée, petite polissonne. Est-ce que la verge ne vous a pas drôlement émoustillée?

Rosa (à voix très basse). — Même quand j’ai été fouettée à en faire couler le sang sur mes cuisses, je devenais à la fin insensible à la souffrance et éprouvais une sensation chaude, délicieuse, qui faisait disparaître toutes les autres.

Mademoiselle. — Rosa, vous êtes un amour! Voudriez-vous éprouver de nouveau la même chose? Je connais un autre moyen et vous n’aurez qu’à répéter sur moi ce que je ferai sur vous ; voulez-vous?

J’accédai volontiers aux désirs de la voluptueuse française qui, renversant nos positions, s’allongea sur le dos et me fit coucher tête-bêche sur elle. Nous retroussâmes nos chemises sous nos aisselles pour mieux jouir du contact de notre nudité et ma figure se trouva enfouie dans la forêt poilue qui ornait le ventre de ma partenaire. Mademoiselle, la figure serrée entre mes cuisses, chatouillait ma petite fente avec quelque chose de doux et de chaud que je reconnus bientôt pour être sa langue. Elle la promenait gentiment tout du long, et, à l’intérieur, aussi loin qu’elle pouvait atteindre ; en même temps un de ses doigts s’était glissé dans le trou de mon derrière et y exécutait un va et vient délicieux.

Pour ne pas rester inactive, j’imitai tous ses mouvements, et plongeant ma figure entre ses cuisses, travaillai de la langue et des doigts dans ses plus secrets parages. Elle se tortilla et remua des fesses surtout lorsque je fus parvenue à introduire un doigt dans le petit trou et que je le fis entrer et sortir comme elle le faisait elle-même.

J’appréciais grandement le charme de ce jeu lascif si nouveau pour moi. Je glissais ma langue et mes doigts dans le réduit si luxurieusement ombragé ; je caressais, pelotais sa fente et ses fesses. De son côté, elle n’était nullement paresseuse à user avec moi de réciprocité et les savantes manœuvres de sa langue dans mon conin portèrent ma surexcitation au paroxysme. Je me démenai peu à peu de la façon la plus lubrique, j’écrasai ma fente sur ses lèvres et, bientôt, dans une sensation impossible à décrire, je sentis un jet traverser mes parties secrètes et j’inondai sa bouche de ma juvénile décharge à l’instant précis où elle récompensait mes soins de la même façon.

Quelques minutes après, nous nous disposions à dormir, non sans nous être promis de bientôt recommencer.

Tel fut mon début dans ma vie de pension ; je ne vous ennuierai pas à vous décrire maintes et maintes scènes semblables qui se déroulèrent par la suite ; je vous dirai simplement qu’il en était de même à peu près chaque nuit ; nous changions fréquemment de partenaires et c’est de là que j’ai pris le goût d’avoir des compagnes de lit, surtout quand elles ont été au préalable bien stimulées par une bonne fessée.

Miss Flaybum usait envers nous de la plus stricte sévérité et fréquemment il nous fallait passer sous la verge qu’elle maniait avec une remarquable virtuosité. Pour ce faire, nous étions, en général, juchées à califourchon sur le dos d’une vigoureuse servante enchantée de jouer son rôle.

Avant de fermer cette lettre, je veux vous donner un échantillon de la façon dont nous étions châtiées à mon époque.

Je ne puis me rappeler exactement pourquoi je subis la fessée en cette circonstance, mais ce dut être pour une réponse impertinente à Miss Herbert, l’institutrice anglaise, vieille fille de trente ans, revêche, qui ne tolérait jamais le moindre manque de respect.

Miss Flaybum prit place sur une sorte de plateforme sur laquelle elle trônait d’habitude quand elle était dans la salle d’études.

Miss Herbert. — Madame, Miss Coote, que voici, a été inconvenante avec moi et m’a traité de vieille bougon.

Miss Flaybum. — C’est d’une rare inconvenance, Miss Rosa Belinda Coote (elle donnait toujours aux pénitentes leur nom tout entier), je vais vous corriger avec la verge ; appelez Maria pour la mettre en tenue.

La vigoureuse Maria arrive aussitôt et me conduit dans une sorte de petit vestiaire consacré à la déesse de la flagellation, si tant est que cette divinité existe ; là, elle me dépouille de tous mes vêtements, sauf ma chemise et mon pantalon, et me fait revêtir un costume de pénitence consistant en une cornette blanche et une longue tunique semblable à une chemise de nuit, serrée au cou et à la taille par une coulisse.

Puis on me ramène devant Miss Flaybum ; je rougis profondément en me voyant le point de mire de mes camarades en ce dégradant costume.

Maria dépose à mes pieds une poignée de verges réunies par un joli ruban ; il me faut la ramasser, l’embrasser avec respect et demander à ma maîtresse de m’en fouetter vigoureusement. Ceci était terriblement mortifiant, surtout la première fois, et malgré la familiarité qui régnait entre nous, dans le dortoir.

Miss Flaybum, se levant avec une grande dignité, fait un geste de la main et Miss Herbert, assistée par l’institutrice allemande Frau Bildaur, me fait grimper sur le large dos de Maria et épingle le vêtement au-dessus de ma taille ; puis, avec un plaisir évident, elle écarte largement la fente de mon pantalon, de façon à bien étaler mes fesses nues ; plus compatissante, la jeune allemande me jette un regard de sympathie.

Miss Flaybum. — Je vais vous administrer une douzaine de coups et puis vous demanderez pardon à Miss Herbert.

Méthodiquement comptés, les coups s’abattent alors vigoureusement appliqués, et la verge s’enfonce dans mes globes élastiques avec un son mat. Mes fesses qui ressentent vivement la morsure de l’instrument, sont bien vite rouges et congestionnées. La vue de mon postérieur qui se tortille doit être un exemple édifiant pour mes compagnes dont ce peut être le tour d’un moment à l’autre. Bien que je me démène et pousse les hauts cris en témoignage de ma souffrance, ce que je ressens n’est qu’une caresse auprès de ce que j’avais souffert entre les mains de Sir Eyre ou de Mme Mansell. La partie la plus désagréable de la punition était la dégradante cérémonie qui la précédait et le ridicule costume qu’il fallait endosser.

La douzaine bien et dûment reçue, j’eus d’abord à demander pardon à Miss Herbert, puis à embrasser de nouveau la verge et à remercier Miss Flaybum de ce qu’elle appelait son indulgente correction. On me permit alors de me retirer et de reprendre mes vêtements. Je pourrais vous décrire maintes scènes analogues, mais dans ma prochaine lettre, je vous raconterai, avec mes adieux à la vie de pension, la vengeance que nous exerçâmes sur Miss Flaybum et la gouvernante anglaise.

Je reste, chère Nelly, votre affectionnée

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE V
Ma chère Nelly,

Je demeurai presque quatre ans chez Miss Flaybum, avant que mon éducation fût considérée comme achevée, et, comme vous pouvez le supposer, j’attendais avec impatience l’époque où je serais affranchie de la férule de Miss Herbert et de sa patronne. Lady Clara, Laura et Van Tromp étaient parties. Cécile était devenue mon amie de cœur et j’aimais si tendrement Mlle Fosse qu’il était convenu avec mes tuteurs qu’elle viendrait vivre avec moi comme dame de compagnie, car on devait me faire une rente suffisante pour me monter une installation personnelle. Outre Cécile et moi, il y avait à l’école neuf ou dix grandes jeunes filles qui devaient également partir à l’époque de Noël. La perspective de perdre un tiers de ses élèves à la fois, contrariait beaucoup Miss Flaybum ; aussi donnait-elle plus libre cours que jamais à ses instincts tyranniques, en nous fouettant pour les plus innocentes peccadilles et en prenant un plaisir particulier à mettre les plus grandes à califourchon sur le dos d’une servante, la plupart du temps par séries de trois ou quatre à la fois. Aussi, notre rancune s’accumulait-elle et nourrissions-nous des idées de vengeance.

J’étais, par ailleurs, devenue en quelque sorte le chef des élèves, et avec mes camarades, nous faisions souvent ce que nous appelions des sacrifices à la verge, surtout aux dépens des plus jeunes élèves que nous entraînions dans notre dortoir. Elles n’osaient se plaindre à Miss Flaybum, de crainte de représailles de notre part.

Les derniers jours approchaient, et je devais prendre congé du vieil établissement dans moins d’une semaine, mais je ne voulais pas le faire sans avoir tiré vengeance de mes griefs. J’eus à ce sujet plusieurs entretiens avec Mademoiselle et Cécile ; après mûres réflexions, nous engageâmes toutes les demoiselles qui devaient quitter à se joindre à nous ; en outre, nous mîmes au courant de notre projet une douzaine des autres qui nous promirent d’être neutres et de jouer le rôle de spectatrices terrifiées. Dans son heureuse prudence, Miss Flaybum faisait coucher toutes les servantes, excepté Maria, à l’autre extrémité de la maison ; une grosse porte, barrée de fer, solidement verrouillée, les eût, à toute éventualité, empêchées d’arriver jusqu’à nous.

Miss Flaybum avait l’habitude de donner une soirée d’adieu aux élèves qui s’en allaient, la veille de leur départ. Nous résolûmes de corrompre Maria, pour l’induire à trahir sa patronne et à favoriser nos projets. Notre plan était de nous emparer de Miss Flaybum, Miss Herbert et Frau Bildaur, et de bien les fesser, surtout les deux premières. Nous n’eûmes aucune difficulté du côté de Maria, qui venait précisément de toucher ses gages. Je lui promis un bon dédommagement et une place dans ma propre maison ; elle accepta avec plaisir, étant, disait-elle, excédée des accès de colère de nos institutrices. Elle consentit aussi à nous fournir les objets nécessaires, verges, cordes, et spécialement trois costumes de punition pour en affubler nos victimes.

La soirée mémorable arriva ; les conjurées avaient convenu entre elles d’irriter Miss Flaybum en abusant de son champagne, dont on faisait, en pareille occasion, grand étalage, mais qui était parcimonieusement versé. Maria faisait le service, assistée de deux autres bonnes, et, à souper, grâce à elle, la plupart de nous prirent environ trois coupes du vin pétillant, au lieu d’une comme à l’habitude. Au second verre, Miss Flaybum écarquilla déjà des yeux étonnés, mais quand elle nous vit abuser une troisième fois de ses libéralités, elle entra en fureur : « Miss Coote, Miss Deben! s’écria-t-elle en bondissant de sa chaise, que signifie cela! Comment osez-vous exciter ces jeunes filles à l’intempérance ; la moitié de mes élèves va être en ribote! Maria, enlevez immédiatement ces bouteilles, vous devez avoir perdu la tête! »

Maria, qui avait prévu l’orage, avait réussi, l’instant d’avant, à renvoyer les deux autres bonnes et avait verrouillé la porte conduisant aux chambres des domestiques, non sans les avoir pourvues d’une bonne provision de rafraîchissements pour endormir leur attention.

Voyant que le champ était libre, je me levai, verre en main, et, après m’être inclinée avec une déférence affectée devant Miss Flaybum, je m’écriai : « Attendez un instant, Maria, nous n’avons pas encore fini avec le champagne. Miss Flaybum, Miss Herbert et vous, Mesdemoiselles, fis-je en m’adressant aux autres convives, nous allons, plusieurs d’entre nous, quitter demain cet heureux établissement pour n’y jamais revenir, et, au nom de celles-ci, je vous demande de vous joindre à nous en buvant à la santé de notre aimée et vénérée maîtresse d’école.

Miss Flaybum, qui avait repris son siège, écoutait, résignée en apparence, mais à son agitation, on voyait qu’elle se contenait avec peine.

Les demoiselles applaudirent bruyamment à mes paroles ; les coupes furent remplies jusqu’aux bords.

Puis, grimpant sur ma chaise et posant un pied sur la table, je m’écriai : « Nous devons porter la santé d’une si gracieuse et illustre personne à la mode écossaise, un pied sur la table, puis jeter nos verres par dessus nos épaules, après les avoir vidés jusqu’à la dernière goutte. A la santé de Miss Andrey Clémentine Flaybum!!! Hip! Hip! Hurrah! Hurrah! Hurrah!

Mes alliées suivirent mon exemple et portèrent le toast dans toutes les règles, et même d’une façon un peu masculine.

— Mon Dieu! Mon Dieu! gémit Miss Flaybum en entendant les verres se briser sur le parquet ; elles sont toutes ivres! Que vais-je devenir, Miss Herbert! Où ont-elles pu prendre ces manières de taverne?

— Quelle insulte! m’écriai-je. Sommes-nous donc ivres? Cécile, Mademoiselle Fosse, tolérerez-vous que l’on nous traite comme des ivrognesses? » Nous entourâmes toutes Miss Flaybum et les deux maîtresses d’anglais et d’allemand, les deux premières congestionnées de fureur, Frau Bildaur tremblante de peur.

— Il n’y a pas à plaisanter, continuai-je, nous avons toutes été insultées. Miss Andrey Clémentine Flaybum, c’est à votre tour, maintenant ; vous allez être bien châtiée de votre insolence et vous nous ferez les plus plates excuses pour avoir osé insulter des filles de la plus haute aristocratie, et vous, Miss Dido Herbert, vous serez corrigée aussi, parce que vous avez approuvé votre patronne. Nous commencerons par Frau Bildaur, mais je ne serai pas trop sévère pour elle, car elle n’a pas mauvais cœur. Maria, faites votre devoir, de suite ; déshabillez-les et passez-leur les costumes de pénitence devant toute l’assemblée.

Tremblante ct pâle de fureur, mais en même temps très inquiète, Miss Flaybum essaie de faire bonne contenance : « Maria! s’écrie-t-elle, débarrassez-moi la salle de ces effrontées gamines, ma parole, le vin les a grisées! »

Mais, sourde à son appel, Maria a d’abord déshabillé Frau Bildaur ; la pauvre créature défaillante de honte et de terreur n’offre pas de résistance, mais Miss Herbert s’indigne et se débat vigoureusement, tandis que Miss Flaybum est maintenue sur sa chaise par une demi-douzaine des plus vigoureuses élèves.

— Ce n’est pas la peine d’équiper cette vieille chipie! m’écriai-je alors ; étendez-la sur la table et retroussez-lui les jupes.

En un clin d’œil, on débarrasse la moitié de la table du souper en plaçant tout ce qu’il y a dessus à l’extrémité opposée. La victime se débat inutilement. Avec l’aide de Cécile et de Mlle Fosse, Maria l’entraîne résolument vers la table sur laquelle six bras vigoureux la hissent et l’allongent. Après lui avoir retroussé et solidement épinglé les jupes au-dessus de la taille, Mademoiselle s’asseoit sur ses épaules pour l’immobiliser, tandis que deux autres lui saisissent les bras. Écartant la fente de son pantalon, Cécile expose un derrière plutôt maigre, en disant : « Il n’est pas très rebondi, ma chère Rosa, mais cela ne vous empêchera pas de bien la fesser. »

— Arrachez-lui sa culotte, ordonnai-je, je veux qu’elle soit tout à fait cul nu pour lui payer mes dettes d’un seul coup.

L’ordre est promptement exécuté, en dépit des imprécations de la victime, qui proteste contre une telle indécence. Suffoquant d’indignation, elle roulait des yeux hagards à la pensée du mortifiant traitement qu’on lui ménage.

Lui appliquant alors une légère cinglade sur les fesses : « Je n’ai pas l’intention de vous faire grand mal, lui dis-je, mais de vous faire comprendre que vous vous êtes comportée avec nous comme une vieille sauvage! »

Malgré ces paroles rassurantes, je la frappai peu à peu de plus en plus fort, si bien que les fesses changèrent vite de couleur : « Allons! continuai-je, demandez-nous pardon et promettez de vous montrer à l’avenir plus indulgente pour vos élèves. » Ces derniers mots sont accompagnés d’une terrible cinglade qui soulève la chair et amène le sang à fleur de peau.

— C’est abominable, ce que vous faites, Miss Coote! s’écrie la patiente, jamais je ne vous ai punie aussi brutalement.

— En vérité, Miss Dido, je vous trouve bien impudente de me parler avec un tel sans façon. Tenez! tenez! je vais vous apprendre à réfléchir avant de parler ; et, sous les vigoureuses cinglades, de petites gouttes de sang suintent sur la chair marbrée.

— Oh! pitié! hurle Miss Herbert. Je n’ai pas voulu vous offenser! Oh! ahhh! grâce! grâce! vous me martyrisez!

— Ah! j’en étais bien sûre que je vous materais, Miss Herbert ; que pensez-vous de ma façon de donner la verge? Si je frappais encore un peu plus fort? Qu’en pensez-vous? Et, sans attendre son avis, je cingle sans interruption, écorchant les pauvres fesses, arrachant à la victime des cris de suppliciée : « Hurlez tout à votre aise, je suis ravie de vous entendre, cela prouve que vous appréciez ma façon de faire. Allez-vous nous demander pardon, maintenant?

— Oh! oui! oui! pardon! oh! je vous en conjure! arrêtez! grâce! Je ne serai plus jamais sévère avec mes élèves! oh! par pitié! je sens que je m’évanouis! Mon sang coule, oh! miss Coote! quelle barbarie!

— Croyez-vous maintenant que nous étions ivres? Ne pensez-vous pas plutôt qu’il était inconvenant et grossier de nous outrager de la sorte, au moment même où nous buvions à votre santé? Répondez un peu, Miss Dido!

— Oh! ah! ah! mon Dieu! Quel martyre! Je ne savais pas ce que je disais! Excusez-moi! Faites-moi grâce! Pitié! répond la malheureuse en se tortillant comme une anguille sous les interminables morsures de l’instrument.

— Vous allez me remercier, et me promettre de vous retirer tranquillement dans votre chambre. Et que cette leçon vous soit profitable : vous n’avez pas reçu la moitié de ce que vous méritiez. Tenez, voici ma signature, lui dis-je alors, en lui octroyant deux derniers coups entre les cuisses. Allons, mettez-vous à genoux, embrassez la verge et remerciez-moi.

Sous ce dernier assaut, elle hurle lamentablement : « Oh! c’est horrible! je me sens mourir, je meurs! »

On la relâche alors, mais il lui faut se mettre à genoux, embrasser la verge, remercier humblement, et faire les plus plates excuses. L’assistance se repaît de son humiliation et de ses larmes, avec une joie non dissimulée, et, lorsqu’elle quitte la salle, dévorant sa honte, les jeunes filles lui font les cornes et l’accablent de leurs quolibets.

— Maintenant, Miss Andrey Clémentine Flaybum, à votre tour! déclamai-je alors, et si vous vous avisez de résister, je vous préviens que vous serez fouettée dix fois plus fort que Miss Herbert.

Suffoquée par la scène précédente, la directrice demande grâce et supplie qu’on ne la dégrade pas ainsi devant toute l’école, mais nous nous montrons inflexibles, mes compagnes et moi.

Maria dépouille progressivement sa maîtresse, qui est un joli spécimen de maturité féminine ; elle a de beaux yeux bleus, une abondante chevelure blonde et paraît approcher de la quarantaine. Au fur et à mesure que tombent ses vêtements, on aperçoit ses blanches épaules et ses seins palpitants d’émotion ; des larmes d’humiliation coulent sur ses joues. Elle est bientôt en chemise et en pantalon ; celui-ci colle de façon affriolante sur les masses charnues qu’il recouvre ; il est orné de volants de dentelles ; de jolis mollets en émergent, bien dessinés par des bas de soie couleur chair ; des souliers à hauts talons, à boucles d’argent complètent le costume. Hélas! quel changement d’aspect, lorsque l’on passe sur le tout l’uniforme de pénitence et la cornette!

— Allons, fais-je alors, elle ne résiste pas, et elle fait bien. Laissons-la ainsi pour qu’elle assiste à la punition de Frau Bildaur ; c’est vous, chère Cécile, qui allez la fouetter avec une verge neuve, pendant que je me reposerai.

La joyeuse Cécile, fraîche et potelée, était très amusante à considérer, faisant siffler la verge aux oreilles de la pauvre Frau. Celle-ci est hissée sur le dos de Maria, on lui rabat sa culotte, on lui retrousse ses jupes et on expose sans le moindre voile son beau fessier bien rebondi.

— Frau Augusta Bildaur, lui dit Cécile, vous allez recevoir douze belles cinglades, vous embrasserez la verge, vous me remercierez de mon indulgence et vous en serez quitte ainsi.

Elle compte alors les coups un par un, frappant d’un bras vigoureux ; la surface des fesses devient rose, puis rouge et la peau se couvre de longs sillons.

La victime endure courageusement son châtiment ; elle pince les lèvres pour ne pas crier ; quand sa chair a frémi sous le douzième coup, elle remercie chaleureusement et embrasse avec ardeur l’instrument de la fessée. Elle n’a pas l’air autrement humiliée, elle n’a pas versé une larme, ses yeux brillent d’un éclat sensuel, et elle demande à voix basse qu’on lui permette d’assister à la fessée qui attend Miss Flaybum.

— Quel dommage, dis-je alors, que nous n’ayons pas de chevalet pour la ficeler ; tant pis, nous nous servirons de la table. Disposez Miss Flaybum comme vous avez fait pour Miss Herbert.

La victime se rend compte que toute résistance serait inutile et ne servirait qu’à aggraver sa situation. On la débarrasse de son pantalon et l’on étale aux yeux émerveillés des demoiselles un magnifique postérieur plantureusement rebondi, et un ventre blanc, avec un mont de Vénus pourvu d’une large toison frisée ; la pointe d’un mignon clitoris émerge du sommet de la fente. Elles l’étendent sur la table, bras et jambes écartés, immobilisés par quelques conjurées et je m’asseois, comme tout à l’heure sur son dos, pour l’empêcher de bouger.

— Ah! le joli tableau! m’exclamai-je alors ; c’est un vrai plaisir de dompter une aussi jolie personne. Miss Andrey Clémentine Flaybum, vous êtes coupable d’insolence envers moi et envers toutes ces jeunes personnes ; vous allez commencer par rétracter l’accusation d’ivrognerie que vous avez portée à notre égard, et d’ailleurs, je me charge de vous convaincre bien vite que nous possédons tout notre sang-froid.

Commençant à la fouetter lentement, je lui dis? « Est-ce que je fouette comme une ivrognesse? Est-ce que ma main manque de vigueur, ou n’est-ce pas plutôt vous qui aviez perdu votre bon sens en parlant ainsi. Est-ce que je me sers de l’argot de taverne? J’espère que je ne fais pas trop de mal à vos bonnes grosses fesses, elles commencent à prendre couleur, mais peut-être rougissent-elles seulement de nos inconvenances?

Comme je m’échauffe progressivement à mon travail, le gros derrière se soulève à chaque coup et les demoiselles ont grand peine à maîtriser les jambes et les bras de la victime, sur la figure de laquelle on peut lire la plus profonde indignation. Elle semble résolue à ne pas crier, tandis que je m’évertue, par des cinglades adroitement dirigées, à lui faire manifester sa souffrance.

— Ah! ah! fais-je, en ricanant, elle s’obstine, elle ne veut pas répondre, elle veut que je frappe plus fort. Maria, apportez-moi une autre verge, car celle-ci ne va plus durer longtemps. Je commence à croire que Miss Andrey Clémentine Flaybum est réellement ivre elle-même, sans quoi elle ferait des excuses, aussi je veux la rappeler à la sobriété. Que dites-vous de cela et de cela, et de cela?

Et, à chaque mot, je la cingle entre les deux grosses joues de son fessier, et, placée comme je suis sur elle, je meurtris les lèvres rebondies de sa fente, qui font une saillie très visible en haut de ses cuisses, Aussi, ne tarde-t-elle pas à pousser des cris de souffrance : « Ah ah! oh! c’est de la barbarie! Abominables créatures, comment osez-vous me traiter ainsi? »

J’éclate de rire à cette apostrophe et je continue : « Bravo! son ébriété disparaît ; encore quelques bons coups de verge et l’effet du champagne disparaîtra ; ce sont toujours les ivrognes qui accusent les autres d’être ivres. Je scande chaque phrase de si vigoureux coups de verges que de petites traînées de sang apparaissent à la surface de ses fesses, coulent le long de ses cuisses et viennent perler sur la toison de sa fente. Loin d’éveiller notre compassion pour la victime, le tableau de sa souffrance nous procure de si voluptueuses sensations que j’aperçois les plus âgées d’entre nous étendues sur le sol cuisses ouvertes et se faisant jouir dans les positions les plus inconvenantes.

La pauvre femme hurle piteusement : « Pitié! pitié! oh! oh! grâce! Miss Coote! c’est trop affreux! oh! oh! je m’évanouis, je me meurs! »

Mais, en proie à une crise de férocité, je m’écrie pour toute réponse : « Non! non! pas de danger que vous mouriez ; un gros cul comme le vôtre peut en supporter bien davantage, vous êtes bien trop obstinée pour que je vous tienne quitte à si bon marché ; la verge vous empêchera de vous évanouir. Pourquoi? pourquoi? pourquoi? ne vous excusez-vous pas? Et de vigoureux coups de revers viennent meurtrir la surface délicate de l’entrecuisses ; la pauvre maîtresse d’école suffoque et rugit de souffrance ; mais son orgueil la soutient et elle ne se décide pas à faire ce que j’exige d’elle.

Fatiguée par ce violent exercice, j’ordonne, comme intermède, d’apporter du champagne, et je m’écrie : « Mesdemoiselles, cette pauvre femme est si courageuse qu’il faut que nous buvions à sa santé. Une demi-douzaine de mes compagnes prennent alors chacune une bouteille, et, à mon signal, tous les bouchons sautent, dirigés vers le postérieur à vif qui leur sert de cible. Ce divertissement est salué par un éclat de rire général et on porte la santé de la « brave bonne femme », plus mortifiée que jamais de cet outrage inattendu.

Ragaillardie alors, je jette le tronçon de verge dont je me suis servi ; j’en prends une autre et je la brandis en criant : « A la bonne heure, voilà ce qui s’appelle une verge ; maintenant, Miss Andrey Clémentine Flaybum, voulez-vous nous demander pardon et reconnaître que c’est vous qui étiez ivre, ou je vous hache le cul? Ah! ah! voilà un gros mot que vous ne nous auriez jamais permis de prononcer. Peut-être ne pensiez-vous pas que vous-même, vous aviez un cul quand vous vous amusiez à nous fesser et à nous humilier?

Cette allocution est accompagnée, bien entendu, d’une grêle de coups, et, tandis que la verge lourde et souple trace de rouges sillons sur les fesses déjà en pitoyable état, la victime hurle à fendre l’âme. A bout de forces, se croyant sur le point de mourir, terrassée par la souffrance, elle oublie l’indignité de sa situation, son énergique résolution de ne pas s’abaisser devant ses élèves, et elle demande enfin grâce.

— Pitié! sanglote-t-elle, ah! ah! grâce! Miss Coote! Épargnez-moi! J’implore votre miséricorde! Il a fallu que je sois ivre moi-même! Pardonnez-moi et je ne dirai jamais un mot de ce qui s’est passé, je vous le jure! mais épargnez ma vie! » Les larmes interrompirent ses supplications.

— Et vous pardonnerez à tout le monde, et vous nous remercierez de vous avoir rappelée à la sobriété. Fi! fi donc! Miss Flaybum. Vous être mise en pareil état! » Un violent coup sur sa fente ponctue ces dernières paroles et l’empêche de s’évanouir.

— Oui! oui! ahh! rugit-elle, je suis désolée de m’être oubliée à ce point! Et je vous remercie de m’avoir corrigée avec cette fermeté. Pitié, maintenant, pitié! Laissez-moi me mettre à genoux et embrasser la verge.

L’air terriblement piteux, elle s’agenouille alors devant moi, ayant peine à se tenir, elle embrasse la poignée de verges toute rouge de son sang.

Sur sa figure baignée de larmes se lisent toutes les affres de l’humiliation, de l’orgueil abattu, des sévices qu’elle a endurés ; sa figure est presque aussi rouge que ses fesses, car, pour comble d’abjection, il lui a fallu se mettre à genoux avec tous ses vêtements encore retroussés.

Quant à moi, je ne sais quelle insatiable fureur me possédait, je me rendais à peine compte de ce que je faisais. Il me semblait que ma victime s’en tirait encore à trop bon compte. Je lui criai dans la figure : « Allons! Miss Andrey Clémentine Flaybum, vous savez maintenant ce que c’est qu’une bonne fessée. Voyons donc de près comme je l’ai arrangé, votre gros cul. Tournez-le un peu devant ma figure… là… très bien. Ma parole, il n’est pas en trop mauvais état! Dans huit jours, il n’y paraîtra plus. Il saigne un peu et voilà tout! tenez! tenez! Et, passant mes mains sur ses fesses à vif, je les lui promenai ensuite sur la figure, en guise d’ultime outrage, et juste au moment où elle commençait à se ranimer un peu. On lui permit alors de se retirer dans sa chambre.

Quant à nous, réellement grises de champagne et d’excitation, nous courûmes dans les chambres les unes des autres, et toute la nuit se passa dans les plus lascives jouissances et les plus obscènes divertissements. Jamais je n’oublierai cette dernière nuit passée à l’école. Nous ne dormîmes pas une minute et l’arrivée du jour mit seule un terme à nos lubriques ébats.

Miss Flaybum fut invisible le lendemain, et la seule allusion qu’elle fit jamais à cette mémorable scène de justice distributive fut une somme élevée pour bris de verrerie sur la note de nos frais de pension.

Ici se termine la première partie de mes aventures. A mon retour de voyage, je vous raconterai la seconde.

Votre amie affectionnée,

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE VI
Ma chère Nelly,

Au cours de mon dernier voyage en Italie et en Allemagne, je me suis amusée à noter pour mes prochaines lettres, tous les incidents qui me revenaient à la mémoire, comme susceptibles de vous intéresser, et maintenant que me voici encore une fois de retour, je m’amuserai pendant les longues et tristes soirées, à vous écrire une autre série de lettres. Et je commence de suite.

Quand je quittai l’école, mes tuteurs me confièrent aux soins de Mlle Fosse, et nous fûmes bientôt installées dans une de mes maisons, située dans la banlieue ouest de Londres. Demeuraient avec nous deux, Jane, l’ancienne servante de mon grand-père, qui nous servait de femme de chambre, une cuisinière appelée Margaret et deux bonnes, Mary et Polly ; un jeune frère de Jane appelé Charlie, remplissait l’office de groom.

Mes tuteurs jugèrent que jusqu’à ma majorité, je pouvais me dispenser de cocher et de valet de pied, n’ayant qu’à louer, pour faire mes visites, mes emplettes ou aller au théâtre, une voiture chaque fois que j’en aurais besoin. On m’accorda mille livres par an, dont je déduisis libéralement deux cents livres pour Mlle Fosse, et jamais je ne lui diminuai cette allocation élevée, car elle fut toujours pour moi une charmante compagne, se mettant en quatre pour favoriser mes amusements et me préserver des dangers possibles.

Ma chambre à coucher et celle de Mademoiselle communiquaient ensemble, de sorte que nous pouvions, la nuit comme le jour, jouir de notre tête à tête si cela nous faisait plaisir. La cuisinière et Mary occupaient une chambre en haut de la maison, le page avait un petit cabinet sur le même palier que nos chambres. Jane et Polly, que nous appelions ainsi pour les distinguer de l’autre Mary, occupaient une chambre également au même étage, où se trouvaient d’autres pièces libres pour nos invitées éventuelles. Il y avait en haut des salles inoccupées, dont une très spacieuse. Après m’être consultée avec Mademoiselle, je décidai de l’organiser en salle de punition, car j’avais résolu de maintenir sous une discipline sévère tout mon personnel. On y fixa des poulies au plafond, on la meubla d’échelles, de blocs, de crochets, d’un poste à fouetter, et aussi d’une sorte de pilori, permettant de fixer la pénitente en exposant seulement ses jambes et ses fesses et en l’empêchant de voir par qui elle était fouettée.

Mademoiselle et moi, prenions grand plaisir à nos « soirées lubriques », comme elle avait baptisé nos séances de flagellation. De temps à autre, pour les corser, nous faisions venir Jane et nous la fessions dans nos chambres, ou bien elle aidait l’une de nous à fouetter l’autre, car je m’étais tout à fait adonnée aux plaisirs du fouet, et j’éprouvais, de son application, un bonheur tout spécial. Néanmoins, ces petites débauches n’avaient pas la même saveur que lorsque la victime ignore l’emploi de la verge et en tâte pour la première fois. Aussi, désirions-nous ardemment trouver quelque coupable remplissant ces conditions et que nous puissions sacrifier à notre ardent désir.

Notre jardinier, M. White était un homme de confiance qui avait dépassé la quarantaine. Sa femme était une fort accorte gaillarde d’environ trente ans. Ils avaient deux jolies petites filles de neuf et dix ans. Ils logeaient dans un cottage situé à l’extrémité de notre jardin, qui était très vaste.

Mme White aimait un peu trop la toilette, et les gages de son mari n’étant pas suffisants pour lui permettre de se passer ses fantaisies, elle trouva tout naturel de se procurer l’argent nécessaire en vendant pour son propre compte, à des voisins, moins bien pourvus que nous, les fruits et les légumes dont ils pouvaient avoir besoin, et qui, pensait-elle, eussent été perdus sans cela. Son mari n’y vit pas grand mal, car, ainsi qu’il nous le dit plus tard, Miss Coote était très bonne et très généreuse et ne se préoccupait jamais de ce qu’ils prenaient pour eux-mêmes.

Les deux fillettes, Minnie et Lucy étaient chargées par leurs parents de porter ces fruits et ces légumes à la porte du fond du jardin. Mais, un beau jour, de grand matin, Jane les aperçut et vint tout aussitôt me faire son rapport.

J’avais, depuis longtemps, un désir irrésistible de fesser les deux mignonnes, mais ne pouvais le faire sans motif ; aussi, la découverte de Jane me causa-t-elle la plus vive satisfaction.

Le lendemain matin, en compagnie de mademoiselle, je fus, par une allée extérieure, me poster à la sortie du jardin et nous nous plaçâmes de façon à voir tout ce qui se passerait. Nous fûmes bientôt dédommagées de notre dérangement, en voyant les petites filles apporter plusieurs paniers de fruits dans la maisonnette de leur mère.

Ayant bien et dûment constaté le délit, je retournai à la maison et fis porter au jardinier l’ordre de comparaître devant moi avec sa femme et ses filles.

En compagnie de Mademoiselle, je les reçus dans le salon. White et sa femme tenant chacun une fillette par la main, s’enquirent respectueusement du motif pour lequel je les faisais venir.

— Ne vous en doutez-vous pas un peu, malgré votre air innocent? leur dis-je, pourquoi donc vos enfants vont-ils tous les matins cueillir des paniers de fruits dans le jardin?

White rougit très fort et répondit d’un air embarrassé : « Elles en apportent quelques-uns pour notre dessert, miss.

— Allons, vous ne faites qu’aggraver le vol par le mensonge ; est-ce avec vos gages que votre femme se paye tous les colifichets qu’elle achète? ripostai-je d’un ton sévère.

— Oh! Sally! fit-il à sa femme, réponds, je ne comprends pas ce que Mademoiselle veut dire.

Rouge de honte, Mme White fondit en larmes : « Oh! fit-elle, c’est ma faute! William n’a jamais su que je vendais vos fruits, et les pauvres petites sont innocentes. Ah! je vous en prie, pardonnez-moi, Miss Coote!

— Vous me croyez donc bien naïve? répondis-je durement, votre mari n’ignore rien de vos agissements, et quant à vos fillettes, vous les dressez au vol.

A ces mots, White, sa femme et les deux petites tombèrent à genoux, me suppliant de leur pardonner et m’affirmant qu’ils n’avaient rien vendu.

— Allons donc! répartis-je, vous valez encore moins que je ne le pensais, car je sais, moi, qu’il y a déjà longtemps que dure ce manège. Et maintenant, choisissez : ou que je vous punisse sévèrement, moi-même, ou que je vous dénonce à la justice, auquel cas votre affaire est claire.

Tout en demandant grâce, White et sa femme me disent qu’ils préfèrent être punis par moi comme je le jugerai convenable, mais me supplient d’épargner les fillettes qui n’ont fait que ce qu’ils leur ordonnaient.

— Vous prenez le parti le plus sage, leur dis-je alors, car, si je puis avoir quelque indulgence, la justice n’en aurait pas pour des gueux comme vous. Vous, White, comme vous êtes un homme, je ne sais comment vous punir, aussi je vous tiens quitte, et j’espère que vous serez honnête dans l’avenir. Mais votre femme et vos filles seront fouettées comme elles le méritent. Qu’elles m’attendent dans ce salon, ce soir, à sept heures, et qu’elles mettent leurs vêtements des dimanches ; c’est compris? Je les guérirai à tout jamais de l’envie de voler ou je ne m’appelle pas Rosa Coote.

Le pauvre White et sa femme se retirent, l’oreille bien basse. Lorsqu’ils sont partis, nous nous félicitons joyeusement, Mademoiselle et moi, d’avoir pu nous procurer de pareilles victimes.

Le soir même, je suis, à l’heure fixée, dans la salle de punitions, attendant l’arrivée des coupables. Elles font leur entrée, l’air piteux, quoique coquettement habillées à la dernière mode villageoise, un bouquet à leur ceinture.

Pour la clarté du récit, je me désignerai par mon nom, comme les autres acteurs de cette scène piquante, et ainsi que je l’ai déjà fait dans mes lettres précédentes.

Miss Coote. — Je suis heureuse pour vous, madame White, que vous m’ayez laissé le soin de vous punir, car j’espère qu’après cela vous apprécierez les avantages de l’honnêteté. Mademoiselle Fosse, aidez Jane, je vous prie, à préparer Minnie pour la verge. Attendez! attachez d’abord Mme White à l’échelle, sans quoi ses sentiments maternels la pousseraient à intervenir. Vous préparerez également Lucy. Si elles ne portent pas de pantalons, il faut en trouver un pour chacune.

Mme White, les larmes aux yeux. — Oh! Miss Coote, ma bonne demoiselle! Ne soyez pas trop sévère pour ces pauvres petites. J’aime mieux être trois fois plus maltraitée moi-même.

Elle est bientôt fixée par les poignets à l’échelle, mais sans que l’on ait touché à ses vêtements. Mes deux aides déshabillent alors Minnie et Lucy et exposent à nos regards leurs formes rondelettes. Mademoiselle prend Lucy, je me charge de la plus jeune, Minnie. Les pauvres petites sont pourpres de honte, surtout quand nous les étendons le derrière en l’air sur nos genoux ; elles n’ont évidemment pas l’habitude d’être examinées ainsi.

Miss Coote, à Minnie. — Comme vous rougissez, ma petite! Est-ce de peur ou de honte? Ah! dame! vous allez être bien fessée! Quel joli petit cul! Est-ce que votre maman le fouette souvent?

Je lui donne quelques bonnes claques qui amènent le rouge sur les blanches rondeurs, et font gigoter de façon comique la pauvre petite, qui n’apprécie nullement ce préambule : « Oh! oh! assez, je vous en prie, vous me faites trop mal, Miss Coote! Je ne puis pas endurer cela! crie-t-elle, en commençant à pleurer.

Mademoiselle. — Ainsi, petites polissonnes, vous alliez vendre le fruit pour votre mère? Répondez, Lucy.

Lucy. — C’est papa qui nous le donnait pour le porter chez nous.

Mademoiselle. — La vieille histoire d’Adam et Ève ; l’un a tenté l’autre. Alors, c’est votre papa le coupable? Votre mère, tout à fait innocente, hein?

Miss Coote. — Je crois qu’il ne me sera pas difficile de faire raconter à Minnie une autre histoire, Mademoiselle Fosse, ce sont de petites menteuses aussi bien que de petites voleuses. Essayez ma méthode, Mademoiselle.

De la main ouverte, j’applique une forte claque, bientôt suivie de plusieurs autres, sur les fesses de Minnie, qui braille et gigote éperdument. Mademoiselle traite Lucy de la même manière et bientôt, les fesses claquées sont roses comme des pêches. Les deux fillettes pleurent et crient à qui mieux mieux, rejetant les torts d’abord sur leur père, puis sur leur mère, lorsqu’elles voient qu’il ne sert à rien de mentir.

Je dis alors à Jane de nous apporter à chacune une verge légère. Puis, je lui ordonne d’attacher au poteau de punition les deux petites victimes et de leur passer un pantalon pour abriter leurs petites fesses rouges.

Jane exécute l’ordre et les attache côte à côte par les poignets, les bras tendus au dessus de leur tête, la pointe de leurs pieds atteignant juste le parquet. Elle étale ensuite deux petits pantalons de très fine batiste, presque aussi transparente que de la mousseline, de sorte que la chair rose est visible au travers. Ces pantalons avaient été choisis par elle, un peu trop petits ; ils plaquent sur les formes d’autant mieux que les juvéniles postérieurs sont très développés pour leur âge. La fente laisse, par derrière, un espace vide de six pouces de large qui démasque un exquis morceau de chair rouge des deux côtés de la raie des fesses. Comme préliminaires des plaisirs que la fessée va me procurer, je me délecte du manège de Jane qui, pour les préparer à la séance, dispose la chemise dans le pantalon, leur fait lever les jambes l’une après l’autre, leur fait prendre des postures variées, et prend consciencieusement son temps pour faire durer le plus possible cette délicieuse opération.

Je dis alors à Mademoiselle de m’aider à leur donner le fouet tandis que je leur ferai la morale.

La mère est si terrifiée de voir ses deux filles attachées pour la fessée, qu’elle veut se jeter à genoux, bien que ses poignets fixés au-dessus de sa tête le lui interdisent, « Oh! oh! Miss Coote! Pitié pour mes pauvres petites!! crie-t-elle alors. Et dire que c’est moi qui leur vaut cela! » Et la malheureuse essaye de joindre les deux mains comme elle a voulu se jeter à genoux.

Miss Coote. — Faites-nous grâce de vos pleurnicheries, vilaine femme! Nous ne faisons que commencer. Qu’est-ce que vous dites de ça, Minnie, et vous, Lucy? Recommencerez-vous à me voler mon fruit, petites coquines? Réchauffez-leur bien les fesses, Mademoiselle, chassez-moi l’instinct du vol de leur derrière.

Les verges accomplissent leur piquante besogne et cinglent les jolies rondeurs, dessinant sur la peau de fines marques rouges. Les victimes poussent des cris aigus ; leurs faces sont pourpres ; les larmes ruissellent sur leurs joues ; elles supplient qu’on leur pardonne, promettant de ne plus jamais recommencer, etc, etc.

Mon amie et moi, nous sommes dans le ravissement. La scène nous électrise, le sang bout dans nos veines ; nos instincts sensuels s’exaspèrent ; les cris de douleur sont pour nos oreilles une musique délicieuse ; nous cinglons sans ménagement les pauvres petits culs jusqu’à ce que le sang perle sur les chairs boursouflées. La vue de la pauvre mère éplorée est un autre régal pour nous, car, bien qu’elle ne soit encore que spectatrice, elle tressaille à chaque coup de verge comme si elle le recevait elle-même ; elle crie et sanglote à fendre l’âme.

Mademoiselle. — Voyez un peu cette grosse sotte! Tenez, madame White, c’est maintenant que vous allez pouvoir pleurer!

Ce qui reste des minces pantalons est déchiré et arraché, et nous nous ruons de nouveau à coups de verges sur les petites victimes pantelantes et nous ne nous serions pas arrêtées, si Jane ne nous avait fait remarquer que Minnie était évanouie et que Lucy ne valait guère mieux.

Où les détache, on leur bassine les fesses et la figure avec de l’eau fraîche, on leur fait respirer des sels et on les ranime. Puis on leur fait boire, ainsi qu’à leur mère, du champagne additionné d’un énergique cordial.

Mme White, qui a été aussi délivrée, berce ses filles sur ses genoux ; elle les couvre de caresses et de baisers, se lamente et pleure nerveusement à la vue de leurs petits culs écorchés : « Pauvres trésors! crie-t-elle, Ah! Miss Coote! comme vous avez été barbare avec ces pauvres innocentes!

Miss Coote. — Je vous conseille de les appeler innocentes, quand c’est vous-même qui leur avez appris à voler! Attendez un peu, ça va bientôt être votre tour de vous confesser.

Mme White, d’une voix tremblante. — Excusez-moi, je ne sais pas ce que je dis, mon cœur de mère saigne de voir leurs pauvres derrières.

Miss Coote. — Lâchez-les! Mary va les panser et elle reviendra nous aider à ranimer leur maman qui m’a l’air terriblement déprimée.

Un éclat de rire accompagne cette ironique remarque. Jane revient bientôt et se met en devoir de disposer Mme White pour la correction qui l’attend.

Miss Coote. — Écartelez-la bien sur l’échelle ; c’est la plus coupable de la bande, elle a entraîné son mari et elle a obligé ses enfants à participer au vol.

Mme White. — Mais je ne pensais pas que vous vouliez garder le trop plein du jardin, il aurait été perdu!

Miss Coote. — Alors pourquoi votre mari ne m’a-t-il pas demandé ce qu’il fallait en faire? N’avez-vous pas employé cet argent à vous acheter des rubans et des parures?

La pauvre femme, très honteuse, pousse de gros soupirs et n’essaie pas de se défendre. Jane et Mademoiselle lui enlèvent sa belle robe bleue et découvrent une jolie paire d’épaules bien blanches, contrastant avec la rougeur que la scène précédente a semée sur sa figure et sur son cou. C’est une jolie femme aux cheveux brun fauve, aux yeux noirs ; elle a des bras bien ronds et des mains fraîches qui dénotent qu’elle ne se livre pas à la maison à des travaux trop pénibles. Ses vêtements ne sont pas luxueux, mais très propres et coquettement ornés de dentelles à bon marché. On la dépouille de tout et elle reste comme ses filles, sans culotte. Elle rougit jusqu’aux oreilles en voyant ses charmes abondants exposés tout nus à nos regards. Son mont de Vénus, très proéminent, est ombragé d’une large toison bouclée de la teinte de ses cheveux.

Miss Coote. — En vérité, Madame White, comment osez-vous venir vous faire fouetter sans avoir rien pour cacher votre modestie. C’est tout à fait inconvenant, vous blessez notre pudeur. Comment allons-nous faire?

Mademoiselle. — Je me doutais de la chose. Je me suis amusée, avant le dîner, à lui confectionner un véritable tablier de feuilles de figuier. Voyez comme cela fera bien sur elle et fera ressortir la teinte de sa chair.

La pauvre femme pleure d’humiliation à nos remarques railleuses et à nos plaisanteries sur les deux jolis gigots qu’elle possède et la manière dont nous allons les faire cuire. On lui ajuste adroitement le tablier autour des reins et on m’apporte une superbe verge de longs brins fraîchement coupés, élégamment ornementés de rubans de couleur. On la fait mettre à genoux pour embrasser l’instrument et, répétant les mots que Jane lui souffle à l’oreille, elle balbutie : « Ma chère… Miss Coote… Oh! ff… fouettez-moi… je vous en prie… bien… bien fort… car j’ai été très… indélicate… oui… oh! pardon! pardon! ne soyez pas trop sévère!

Ces derniers mots, nullement dictés par Jane, lui échappent malgré elle. Terrorisée d’avance, les larmes ruissellent sur ses joues lorsqu’on la relève pour l’étendre sur l’échelle très inclinée ; les bras et les jambes sont écartés autant qu’il est possible, on la ficelle étroitement, si bien qu’elle peut à peine remuer les jambes ou tortiller les fesses.

Miss Coote. — Vous n’avez qu’à moitié avoué votre culpabilité, mais votre cul, bien échauffé, réveillera vos souvenirs.

La verge siffle dans l’air autour de la victime qui frémit dans l’appréhension du coup.

Soudain, vzz! vzz! vzz! Trois fois l’instrument s’abat sur le gros derrière où il marque son passage par des raies rouges entrecroisées, les feuilles vertes volent dans toutes les directions. Rudement touchée, la victime manifeste sa souffrance par des cris aigus : « Hola! ah! oh! ça fait trop mal! je n’en peux plus! Épargnez-moi! » Les muscles de son dos et de ses reins montrent par leur tension la sensation de souffrance qu’aggrave encore sa position écartelée.

Miss Coote. — Quoi! vous criez déjà? où donc est votre courage? Vos filles sont moins douillettes que vous! Au fait, criez si vous voulez, cela vous empêchera peut-être de sentir mes coups. Je ne fais que commencer et ne suis pas encore bien en train. Allons! Je continue!

Vzz! vzz! vzz! la verge reprend son office et s’abat lentement et méthodiquement, pendant deux longues minutes.

La victime. — Ah! de pareilles souffrances sont-elles possibles! Si vous devez continuer, j’aime mieux mourir de suite.

Miss Coote. — Taisez-vous, grosse éhontée! Volerez-vous encore? Élèverez-vous vos enfants dans l’honnêteté, maintenant? Que dites-vous de cette distribution de coups de verges? Je suis sûre que cela vous réchauffera les fesses!

Les coups se succèdent, les brindilles se brisent au contact des fesses, non sans dégâts pour celles-ci. Mme White hurle sa souffrance aux échos de la salle : « Ahh! atroce! atroce! Ce sont des fers rouges que vous m’enfoncez dans la chair! oui! j’avoue! je l’ai mérité! assez! assez! pitié! jamais je ne recommencerai. »

Impassible, la fouetteuse poursuit son œuvre ; le sang coule de la chair tuméfiée ; la large surface des reins, des fesses, des cuisses, des hanches, pas le plus petit coin n’est resté indemne. S’enroulant autour des hanches, les brindilles atteignent le ventre, arrachant des poils à la sombre toison. Elles visitent l’intérieur des cuisses, et au sommet de celles-ci, la fente mystérieuse n’est pas davantage épargnée, et sur ses lèvres rebondies, pointent de fines gouttes de sang!

Des feuilles de figuier déchiquetées et éparpillées, il ne reste que les fils qui les assemblaient, et qui pendent maintenant sur ses fesses et ses cuisses se collant à la peau à vif. On dirait l’armature d’un feu d’artifice tiré.

Calme au début, Miss Coote semble avoir perdu toute mesure. Elle est en proie à une véritable frénésie et frappe à tort et à travers avec une énergie furibonde. Elle sermonne la victime, lui enjoint d’envoyer régulièrement ses filles à l’église le dimanche, d’observer le septième commandement : « Tu ne déroberas pas le bien de ton prochain! »

Comme on le pense, Mme White n’entend pas la moitié de ces objurgations. Elle n’a plus la force de crier. Elle balbutie : « Oh! mon Dieu! Je m’évanouis! Que je meure pardonnée! Tu ne voleras pas! Tu ne voleras pas! Mon Dieu! Comme je suis punie! Enfin elle s’évanouit et la verge la mutile encore, alors qu’elle ne peut plus sentir les coups!

Jane et Mademoiselle ont suivi la scène d’un bout à l’autre avec un plaisir indescriptible.

La malheureuse est débarrassée de ses liens. Les traces profondes des cordes à ses poignets et à ses chevilles sont un cruel témoignage des tortures que sa position distendue a dû lui causer. Quant à son derrière, à ses reins et à ses cuisses, ce n’est plus qu’un vaste champ de chair à vif, de cloques, de sillons rouges et bleus ; les gouttes de sang ornent d’étoiles rouges la toison qui garnit le bas du ventre et celle qui encadre le réduit d’amour.

Jane, Mary et Polly épongent la pauvre femme et la soulagent de leur mieux. On la ranime par des aspersions d’eau froide ; puis, lorsqu’elle peut se tenir debout, on lui fait boire plusieurs verres de champagne et on la reconduit chez elle.

Le jour suivant, me promenant dans le jardin avec ma chère Mademoiselle, nous demandâmes à White si sa femme s’était longtemps ressentie de la fessée. Peu habitué à manier les périphrases et sans s’inquiéter de savoir s’il ne choquait pas nos chastes oreilles, voici ce qu’il nous répondit :

— Le diable m’emporte, Mademoiselle, si j’avais jamais eu pareille nuit auparavant! J’étais au lit et dormais quand elle est rentrée avec les enfants. Mais elle était si échauffée qu’elle les a laissées se coucher elles-mêmes et a grimpé sur moi comme vous voyez quelquefois la vache faire au taureau quand elle en a besoin. Elle ne s’est pas inquiétée si j’étais fatigué d’avoir pioché toute la journée. La nuit entière, il a fallu que je lui fasse la bonne chose. Je ne sais pas pourquoi elle était en chaleur comme ça, car d’habitude, nous réservons cela pour les jours de repos comme le dimanche. Elle prétendait que ça n’avait jamais été aussi bon! Et c’est vrai qu’elle ne m’avait pas encore fait jouir comme ça. Seulement, je veux être pendu si après avoir été arrosée comme elle l’a été, elle ne me donne pas deux jumeaux et peut-être bien trois ou quatre!

Je termine ma lettre sur ce pittoresque récit et vous prie de me croire

Votre bien affectionnée,

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE VII
Ma chère amie,

Dans ma dernière lettre je vous ai fait le récit d’un petit larcin et du résultat qu’il eut. Dans celle-ci, je vous parlerai d’une jolie demoiselle, voleuse de sa nature et non par occasion. C’est un cas de kleptomanie, comme l’on dit aujourd’hui. Rien d’étonnant, lorsqu’on qualifie d’un terme si extravagant ce qui n’est, bel et bien, qu’un vol, que les gens timorés aient presque réussi à abolir cette bonne vieille coutume de la verge.

Miss Selina Richards était une cousine de Laura Sandon, mon ancienne condisciple et première camarade de lit, chez miss Flaybum.

Or, me trouvant en visite chez Laura, j’avais à cette époque dix-huit ans, elle me signala ce cas en me disant que sa cousine était une voleuse si incorrigible que sa famille redoutait réellement de la laisser sortir de la maison de crainte qu’elle ne commît quelques méfaits ; ses parents étaient obligés de l’enfermer dans sa chambre quand ils avaient des visiteurs, car la jeune voleuse se serait emparé des bibelots et spécialement des bijoux sur lesquels elle aurait pu faire main-basse, et vous supposez, Rosa, quel terrible scandale c’eût été pour sa famille, si on avait eu motif de l’accuser d’une chose semblable.

Rosa. — Ils ne l’ont donc jamais punie comme il fallait pour la guérir de cette abominable manie?

Laura. — Ils l’enferment dans sa chambre et quelquefois la mettent toute une semaine au pain sec, mais toutes ces punitions ne font pas plus d’effet que les réprimandes.

Rosa. — Ont-ils jamais essayé une bonne fessée?

Laura. — Je ne crois pas que cela soit jamais venu à l’idée de ses parents, ils sont d’une sensibilité stupide.

Rosa. — Ma chère Laura, je n’hésite pas à vous avouer que je serais ravie de fouetter cette petite voleuse. Depuis que j’ai quitté l’école, j’ai toujours à l’esprit notre grande séance d’adieu et je me rappelle avec ravissement le délicieux spectacle des postérieurs rouges, zébrés, l’humiliation et l’indignation des victimes et, par dessus tout, leur détresse en se voyant ainsi traitées en public. Nous avons quelques fois entre nous des séances de fouet comme à l’école et, il y a peu de temps, j’ai administré une terrible fessée à la femme de notre jardinier et à ses deux fillettes pour avoir volé mon fruit, ce qui a été une cure radicale, car elles sont maintenant de la plus stricte probité. Vous devez bientôt venir me voir, ne pourriez-vous suggérer à votre oncle et à votre tante de vous confier Selina en leur disant que vous me mettrez au courant de son déplorable défaut? Ou mieux encore, vous pourriez leur dire que vous m’en avez déjà parlé et que je propose d’essayer de guérir la demoiselle si toutefois ils veulent me donner carte blanche pour m’y prendre comme bon me semblera? Ce sera un vrai régal pour vous, car nous mettrons à une rude épreuve la pudeur de la demoiselle en la déshabillant et en l’exposant. Le spectacle de ses jolies formes nous sera rendu encore plus agréable par la honte que nous lui ferons éprouver. Les véritables fervents de la verge épient les impressions de leurs victimes sur leur figure et s’en délectent, et font tout ce qu’ils peuvent pour aviver cette sensation d’humiliation, de même qu’ils prolongent la torture par leur adresse à manier la verge et à placer la victime dans la position la plus pénible pour être fessée.

Laura. — Mais vous êtes devenu une ogresse de cruauté, Rosa!

Rosa (en l’embrassant). — Vous le deviendrez aussi, quand vous aurez un peu plus d’expérience. Vous êtes de beaucoup mon aînée, mais à cet égard, vous êtes plus jeune que moi. Par un judicieux emploi de la verge, un club de dames pourrait jouir des plus sensuelles voluptés sans le secours des hommes. J’ai l’intention d’épouser la verge (d’ailleurs je suis déjà fiancée avec elle) et ainsi je garderai ma fortune et mon indépendance.

Laura. — Quel dragon de vertu! Dois-je réellement comprendre que vous satisfaites votre sensualité en vous passant des hommes?

Rosa. — Venez et vous verrez ; je n’ai que cela à vous dire, ma gracieuse incrédule. Arrangez-vous simplement pour emmener la jolie voleuse avec vous et vous n’aurez pas lieu de regretter votre visite.

Laura réussit de tout point auprès des parents de Selina. Ceux-ci pensèrent que la visite pourrait être réellement profitable à leur fille et donnèrent volontiers toutes licences quant aux punitions à lui infliger pour le cas où elle commettrait la moindre indélicatesse.

Quand elles arrivèrent à notre maison, on donna à Selina une petite chambre pour elle seule, tandis que Laura demanda et obtint d’être ma compagne de lit. Rien ne fut changé de place ni enfermé ; j’étais parfaitement sûre de l’honnêteté de tout mon entourage et savais que si miss Selina volait quelque chose elle ne pouvait que cacher son butin sans avoir l’occasion de s’en servir. Nous étions donc sûres de rien perdre en fin de compte.

Miss Richards avait reçu une éducation très soignée ; d’une façon générale c’était une jeune personne très intéressante d’allure modeste et réservée.

Plusieurs jours se passèrent fort agréablement et il semblait que les doigts de notre jeune invitée eussent perdu leur fâcheuse habitude ; je commençai à craindre que notre victime ne nous échappât ; mais sa réserve n’était que l’effet d’une timidité qui devait disparaître à mesure qu’elle se familiariserait davantage avec nous.

Quelques objets disparurent, des bijoux spécialement, d’abord une bague avec un petit brillant, puis une broche avec une opale entourée de perles, des épingles, des gants et autres menus objets, mais il nous fut impossible de la surprendre mettant le pied dans ma chambre, malgré une surveillance minutieuse du matin au soir. Aussi Laura et moi songeâmes-nous à monter la garde pendant la nuit. Nous avions l’habitude de ne quitter la chambre de Selina que lorsqu’elle était endormie, avant de nous retirer dans la nôtre.

Dès la nuit suivante, nous mîmes notre projet à exécution et environ deux heures après nous être couchées, à un moment où on devait nous supposer profondément endormies, les charnières de la porte grincèrent nous indiquant que quelqu’un s’approchait en silence.

Nous n’entendîmes pas marcher, mais nous distinguâmes dans l’entrebâillement de la porte, la demoiselle avançant la tête pour s’assurer si le terrain était libre.

Nous ne bougions pas et nos têtes étaient invisibles dans l’ombre des rideaux du lit, tandis qu’un rayon de lune éclairait partiellement le reste de la chambre. Aussi silencieuse qu’un Peau-Rouge, la jeune voleuse rampait littéralement à quatre pattes vers la table de toilette ; arrivée là, sans se redresser, elle promena la main sur le meuble pour happer ce qui pouvait s’y trouver. Nous ne la distinguions pas, puisque nous étions couchées, mais nous entendions distinctement le bruit des objets glissant sur le meuble.

Alors, nous jetâmes nos couvertures en l’air en criant : « Cette fois nous vous tenons voleuse! Je courus vers la porte pour lui couper la retraite, tandis que Laura arrêtait gravement notre prisonnière comme un véritable policeman.

Fermant la porte à clef, nous fîmes immédiatement pencher Selina sur notre lit, ses pieds restant à terre et lui retroussant sa chemise de nuit nous lui administrâmes une magistrale fessée qui lui fit pousser les hauts cris.

— Oh! Oh! Miss Coote, je vous en prie, pardonnez-moi. Laissez-moi partir, je ne recommencerai plus. Oh! Oh! Ahhh! Je vous le jure! » criait-elle en se débattant et en tortillant les fesses sous nos vigoureuses claquades. La pale clarté de la lune nous permit de voir combien rouge était celle que nous étions en train de fouetter. Enfin, nous la tachâmes en lui annonçant pour le lendemain une enquête en règle, et l’avertîmes qu’elle aurait à nous rendre tout ce qu’elle avait volé, sinon qu’il lui en cuirait.

Je donnai ordre de l’enfermer dans sa chambre toute la matinée, et Jane servit de geôlier. Après le dîner, vers six heures, elle fit comparaître la prisonnière devant moi dans la salle de punition.

Pour rendre la séance plus impressionnante, toute la maison était présente, excepté Charlie, le groom, car je ne jugeai pas décent d’avoir un témoin masculin. Et l’audience commença :

Miss Coote. — Selina Richards vous êtes devant moi comme une voleuse prise en flagrant délit. Avez-vous rendu tout votre butin, petite vicieuse?

Selina (la figure écarlate et les yeux baissés). — Oh! Oui! Oui! Je le jure! Demandez à Jane, elle a cherché et elle n’a rien trouvé autre chose que ce que j’ai restitué. Ah! Miss Coote, je ne sais comment j’ai pu faire cela. J’ai honte de moi-même et suis consternée de ma conduite. Oh! que faire, mon Dieu! (Elle éclate en sanglots).

Jane. — Mademoiselle, rien ne manque, excepté votre bague que je n’ai pu trouver nulle part.

Miss Coote. — Allons, coquine! Je sais ce que vous valez ; n’essayez pas de m’apitoyer Par vos simagrées et vos pleurnicheries. Qu’avez-vous fait de ma bague? Dites?

Selina (suppliante et qui paraît sincèrement repentante et consternée). — Oh! Je ne l’ai jamais vue, je vous je certifie, Miss Coote, je ne l’ai pas prise. Vous pouvez me croire ; je suis déjà assez humiliée de ma culpabilité. J’ai pris la bague, mais je l’ai rendue à Jane avec tout le reste.

Miss Coote. — Je n’en crois rien et vous allez recevoir la verge jusqu’à ce que vous confessiez la vérité. Allons, déshabillez cette petite voleuse, secouez et fouillez tous ses vêtements à mesure qu’on les enlève, défaites sa coiffure, peut-être a-t-elle caché la bague dans ses cheveux?

Malgré sa confusion, un sourire de satisfaction éclaira son visage ce qui, sur le moment, m’étonna quelque peu.

On procéda au déshabillage et je pus remarquer que sa satisfaction s’accentuait à mesure qu’on la dépouillait. « Vous voyez bien que vous ne trouvez rien », articula-t-elle, ce qui me convainquit qu’elle avait très adroitement caché la bague, mais je me creusais en vain la tête pour deviner la cachette, car Jane m’affirma que la chambre avait été feuillée de fond en comble, y compris l’intérieur de la literie.

Quand on eut déroulé toutes les boucles de sa chevelure, je lui fis enlever son pantalon, et elle resta en chemise, toute confuse d’être ainsi exposée ; ses joues naturellement colorées avaient tourné au rouge cerise. Elle considérait évidemment les recherches comme terminées, aussi protesta-t-elle lorsque je donnai l’ordre d’enlever le dernier voile.

— Oh! Oh! je vous en prie, épargnez-moi cette honte, il ne peut rien y avoir dans ma chemise.

Miss Coote. — Mais autre part, il peut y avoir quelque chose.

Sa physionomie prit soudain un air de détresse qui me convainquit que je n’étais plus loin du but ; ses cuisses étaient serrées l’une contre l’autre et elle cachait de ses deux mains son monticule encore imberbe.

Miss Coote. — Donnez-moi une verge, Jane, je vais la faire danser.

Prenant l’instrument en main, j’en cinglai les doigts de Selina. « Enlevez vos mains, mademoiselle et sautez un peu! » Un second coup s’abattit sur les fesses nues ; la cuisson fit hurler la jeune fille, dont les cuisses demeurèrent néanmoins serrées. De bas en haut, je lui appliquai un troisième coup encore plus sévère : « Ouvrirez-vous enfin vos cuisses, mademoiselle, et danserez-vous? » Cette fois, l’effet fut prompt. Poussant un cri terrible, la victime se jeta sur le tapis ; mais il lui fut impossible d’empêcher la chute de la bague qui roula sur le parquet.

Décrire la confusion, la consternation de la malheureuse serait impossible. Maintenant que sa culpabilité était si complètement établie, elle était devenue pourpre, et essayait de cacher sa figure dans ses mains ; ses fesses et l’intérieur de ses cuisses portaient les marques rouges que le dernier coup de verge y avait laissées.

Miss Coote. — Regardez-moi cette petite voleuse. Elle pense se cacher en cachant sa figure, et elle n’a pas plus honte d’étaler ses parties secrètes que de s’en servir pour cacher ma bague. Voilà une ruse bien dégoûtante! Jane remettez-lui sa chemise et son pantalon, si elle manque de décence j’en aurai pour elle, et je tiens à ce que la fessée se passe décemment et dans les règles.

Jane et Polly la relevèrent et lui passèrent chemise et pantalon. Elle demeura alors devant moi, toujours pleurant de honte et de souffrance. Jamais je n’avais vu victime plus délicieuse à contempler. Elle avait la carnation mate des brunes, sa chevelure presque noire tombait plus bas que son dos jusqu’à ses genoux, ses globes mignons et bien ronds pointaient impudemment leurs minuscules boutons au-dessus de sa petite chemise qui, par en bas lui couvrait à peine les cuisses. Elle était, tout autour, coquettement ornée de dentelles comme pour attirer l’attention sur ses cuisses galbées et sur ses mollets, ceux-ci mis en relief par des bas de soie bleue, de jolies jarretières et d’élégantes bottines.

Jane lui glissa quelques mots à l’oreille et elle s’agenouilla humblement devant moi, me disant d’une voix entrecoupée de sanglots :

— Oh! comment puis-je oser vous parler, chère mademoiselle Coote! Je… Je… suis si honteuse… de moi… Me… Me pardonnerez-vous jamais! Oh! que dois-je faire! Voulez-vous me… me punir… comme je le mérite… et me guérir… de… cet affreux penchant? Je vous assure, Miss Coote, c’est plus fort que moi! mes doigts… mes doigts… saisissent les objets, même… quand je sais… que je n’en ai pas besoin.

Puis elle embrassa la verge et éclata en sanglots nerveux.

Selon mes instructions, la victime est allongée sur l’échelle que je préfère d’habitude au poteau ; m’étant munie d’une verge très souple, faite de légers brins de baleine, qui devaient cingler terriblement sans causer de sérieux dommages, je me levai et me dirigeai vers l’échelle pour commencer, mais auparavant, je fis un peu desserrer ses liens et fis placer sous son ventre un gros traversin de divan, puis on resserra ses liens de façon à ce que son derrière fut bien en saillie. Le pantalon fut épinglé et fixé sous ses aisselles. La pauvre Selina ne savait que trop ce qui l’attendait. Ses larmes s’étaient arrêtées, mais elle m’implorait piteusement, me suppliait de la pardonner, d’attendre, de la mettre à l’épreuve, pour voir si elle volerait encore quelque chose.

Miss Coote, riant. — Ma foi! Vous faites une jolie poltronne! J’aurai cru qu’une voleuse aussi intrépide montrerait plus d’énergie, car je vous ai jusqu’ici à peine touchée. Vous ne serez pas cinglée plus que vous ne pouvez l’endurer. Si je ne vous guérissais pas tout de suite de ce vice, vous recommenceriez à la prochaine occasion.

Selina. — Mes bras et des jambes sont trop écartés et mon pauvre derrière me cuit des trois cinglées que vous lui avez administrées. Oh! Grâce! Pitié! Chère miss Coote.

Miss Coote. — Je ne m’attarderai pas à écouter de pareils enfantillages. Vous êtes aussi menteuse que voleuse ; miss Selina, le ferez-vous encore… dites… dites?

Trois coups bien cinglants s’abattent sur la chair exposée ; la baleine siffle dans l’air où la fouetteuse la brandit avant de fouetter pour mieux faire vibrer les coups.

Selina. — Ah! Ah! Ahhh! Je n’en puis plus… Vous me lacérez avec des lanières de fer rouge! Oh! Oh! Jamais plus je ne recommencerai!

Ses fesses sont sillonnées de petites lignes rouges et la terrible souffrance qu’elle éprouve est encore accrue par la tension de ses chevilles et de ses poignets, car elle ne peut s’empêcher de sursauter à chaque coup.

Miss Coote. — Vous n’avez pas l’air d’apprécier cela, Selina ; mais c’est vraiment pour votre bien. Que diriez-vous si l’on vous cinglait réellement avec un fer rouge? Vous chanteriez une bien autre chanson. Mais je perds mon temps : tenez… tenez… tenez… tenez… Vous n’avez encore reçu que six coups, pourquoi hurlez-vous comme une petite nigaude?

Selina (poussant un cri aigu et prolongé). — Ahhh… Ahhh… Vous me tuez… je sens que je meurs. (Son derrière rougit de plus en plus).

Miss Coote. — Vous recevrez une douzaine de coups de la verge de baleine.

Et elle compte tranquillement en frappant jusqu’à douze. Alors, elle s’arrête un moment comme si c’était la fin ; fa victime reprend contenance et pousse un soupir de soulagement. Mais à ce moment miss Coote lui applique une nouvelle cinglade en s’écriant : « Ah! Ah! Ah! vous supposiez que c’était fini, n’est-ce pas, ma petite, mais il s’agissait d’une douzaine de boulanger, je donne toujours treize pour douze, de crainte d’en oublier un et j’aime à donner le dernier juste quand on croit que c’est fini.

Selina. — Je sais que je l’ai bien mérité, mais c’est si pénible. Laissez-moi, à présent, je vous en supplie, pardonnez-moi, vous pourrez maintenant avoir confiance en moi. En disant ces paroles, elle frémit encore des effets du dernier coup.

Miss Coote. — Vous laisser! Pas si vite que cela, mademoiselle! Dans quelques minutes vos fesses ne souffriront plus et alors, vous ne ferez plus que rire de l’incident. C’est au tour maintenant, de la vraie verge. Examinez-moi celle-ci ; c’est du vrai bouleau qui pousse dans mes propres bois ; il trempe depuis deux jours à votre intention dans de l’eau salée pour être tout prêt et bien piquant le moment venu. Il vous rappellera votre crime sous des couleurs plus vives et vous laissera des marques qui vous rafraîchiront la mémoire pendant bien des jours.

Selina. — Je vous en prie, donnez-moi à boire si je dois encore tant souffrir, ma langue est desséchée ; miss Coote, vous êtes vraiment trop cruelle ; je ne suis pas assez âgée pour endurer une pareille souffrance.

Miss Coote. — Soyez tranquille, vous aurez un verre de champagne ; mais ne parlez pas de votre jeune âge, il ne fait qu’aggraver votre culpabilité, car vous avez déployé une abominable précocité, un dévergondage inimaginable chez une fille jeune comme vous l’êtes.

On lui donne la boisson réconfortante et la verge entre de nouveau en danse.

Miss Coote. — Ah ma gaillarde, les marques de vos fesses ne s’effaceront pas de sitôt, et je veux bien parier que tant qu’elles subsisteront vous n’aurez pas l’idée de voler. Allons! Encore deux douzaines, ensuite, nous vous soignerons les fesses et vous mettrons au lit : Un… deux… trois… quatre. La sévérité des coups s’accentue progressivement et bientôt le sang suinte des sillons rouges qui marbrent la chair.

Selina. — Mère! Mère… Ah! Ahhh! Je meurs! Ah tuez-moi bien vite si vous ne devez pas avoir de pitié. Elle se débat dans une telle agonie que ses muscles se contractent et montrent par leur relief l’intensité de la souffrance.

Miss Coote (ricanant, de plus en plus excitée). — C’est cela, appelez votre mère, elle viendra bien vite à votre secours. Ah! Ah! elle ne supposait guère de quelle façon je vous guérirais quand votre papa m’a laissée carte blanche pour vous punir à mon gré… Cinq… six… sept…

Elle continue à compter en fouettant la pauvre fille sur les fesses et les cuisses, traçant à chaque coup de nouveaux sillons dans la chair gonflée. Les spectateurs sont vivement émotionnés et semblent jouir de la vue du sang de Selina perlant en fines gouttelettes qui roulent jusque sur ses bas et même sur le parquet.

La victime n’est pas assez vigoureuse pour supporter longtemps ce traitement. Sa tête se penche, ses cris et ses gémissements deviennent de plus en plus faibles, enfin, elle tombe en défaillance et la verge s’arrête après le vingt-deuxième coup.

Miss Coote, hors d’haleine de s’être ainsi démenée, se laisse tomber sur un sofa près de son amie Laura qu’elle étreint amoureusement en lui décrivant les sensations aiguës qu’elle a éprouvées durant l’opération ; les joues empourprées de Laura, ses grands yeux bleus, brillant d’un feu étrange, montrent qu’elle partage ces sensations. Mlle Fosse et les servantes étendent Selina sur le parquet et lui aspergent la figure avec de l’eau, tandis que l’une d’elles l’évente activement. Elles épongent avec de l’eau salée son postérieur lacéré, sous cette cuisante lotion elle revient un peu à elle. « Où suis-je? » balbutie-t-elle d’une voix étouffée. « Oh! je me souviens! Miss Coote m’a haché le derrière! Oh! Oh! Ah! Il me brûle affreusement. »

On lui ingurgite alors quelques cuillerées de cordial qui la raniment tout à fait, mais pour mieux sentir les souffrances qu’elle endure.

Miss Coote. — Et maintenant, pour en finir, Mary, allez dans la cuisine chercher le pot que vous savez et le sac de plumes.

Selina (affolée). — Oh! N’est-ce donc pas fini? Quelles tortures me réservez-vous donc encore?

Miss Coote. — Voici, nous ne vous ferons pas languir, ceci va panser vos plaies et empêcher les mouches de s’y mettre par la chaleur que nous avons.

Et tandis que Selina est maintenue debout, Mademoiselle ayant trempé un pinceau dans le pot de goudron liquide que lui tend Mary, en badigeonne l’infortunée victime sur le postérieur entier, sur le bas du ventre, à l’intérieur des cuisses et même dans la raie des fesses sans s’inquiéter de la barbarie de ce procédé. Selina pousse des hurlements de honte et de souffrance et s’écrie : « Ah! Cela est pire que tout le reste, vous m’écorchez, la peau s’arrache! » Et elle se tortille comme un serpent qu’on écrase.

Miss Coote (ricanant). — Au contraire, ma petite amie, c’est un vrai pansement que je vous applique. Et quand nous vous aurons enduite de bonnes plumes bien chaudes, je suis sûre que vous n’aurez jamais éprouvé tant de bien-être de toute votre vie.

La cérémonie était aussi excitante qu’amusante. Mais comment décrire la confusion de la pauvre fille, lorsqu’elle se vit roulée sur une couche de duvet qui s’attacha au goudron dont elle était enduite. « Ah! Ah! hurla-t-elle, cela ne finira donc pas! »

On en resta pourtant là ; néanmoins, elle n’était pas au bout de ses peines. Chaque jour, pendant près de trois semaines, elle fut obligée de se trousser et d’exposer à nos regards son postérieur emplumé et subir notre inspection et nos remarques railleuses. J’ai à peine besoin de dire que, de ce jour, elle fut radicalement guérie de sa kleptomanie.

Ne pensez-vous pas, ma chère Nelly, qu’on devrait bien essayer ma méthode avec les kleptomanes de notre temps.

Votre bien affectionnée,

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE VIII
Ma chère Amie,

Il n’entre pas dans mes vues de vous raconter par le menu tous les petits incidents qu’occasionna la rigueur de ma discipline domestique et qui mirent maintes et maintes fois la verge en mouvement ; je veux seulement, pour votre amusement, vous relater ceux dont j’ai gardé particulièrement le souvenir.

La cure de Selina Richards me valut une réputation spéciale dans un cercle étendu de relations et d’amies. Je refusai toutefois de me charger de guérir d’autres mauvais sujets. Par contre, je m’occupai de fonder un club de dames exclusivement réservé aux adeptes de la fessée disciplinaire. Les réunions avaient lieu dans ma maison, où mes servantes ayant juré le secret agissaient comme membres en surnombre sans être toutefois sur un pied d’égalité avec les dames du Club.

Le règlement imposant la plus absolue discrétion à tous les membres, les postulantes ne pouvaient avoir la moindre idée de ce qui les attendait lors de leur initiation aux mystères du « Rodney Club », comme nous l’avions baptisé. Notre but était de faire de nos séances de réception une occasion de nous délecter à voir l’effroyable humiliation des initiées en se sentant troussées, dépouillées, et exhibées pour la fessée devant les membres du Club.

Mes anciennes camarades d’école, Laura Sandon, Louise Van Tromp, Miss Cécile Deben, Lady Clara Wawering et trois autres dames, outre Mlle Fosse et moi comme présidente et intendante, furent les premières adhérentes. Deux d’entre elles étaient mariées, mais nous convînmes qu’on ne les désignerait que par leur nom de jeunes filles.

Lady Clara fut la première à solliciter l’admission d’une novice ; une de ses sœurs cadettes, qui, disait-elle, avait un peu trop de propension pour les jeunes gens, comme elle s’était, à diverses reprises, comportée de façon très inconvenante, il serait fort piquant de la sermonner et de la fouetter.

On fixa un soir pour son admission et personne ne manqua pour cette première séance de réception.

Notre grande salle de punition était tendue tout autour de jolies tapisseries, ornée de nombreuses glaces, brillamment illuminée et décorée de plantes et de fleurs.

Les dames du Club portaient toutes le même costume, c’est-à-dire un corset de soie bleue avec lacets rouges, un court jupon de tulle blanc ne descendant pas plus bas que le genou, de façon à montrer les jambes gantées de bas de soie et que faisaient encore mieux valoir de hautes bottines parisiennes. Tout le monde était ainsi court vêtu, les autres vêtements ayant été enlevés pour permettre toute liberté dans les mouvements et aussi pour dégager le cou et les seins des dames. Toutes jeunes, belles et ardentes étaient empourprées d’excitation anticipée ; leur poitrine marmoréenne se soulevait d’émotion et un joli bouquet de roses coquettement niché entre les deux globes d’amour rehaussait encore la blancheur lactée de leur peau.

Comme présidente, j’étais assise dans un fauteuil, assistée de chaque côté par quatre dames. Jane et Mary se tenaient debout derrière moi.

On frappe à la porte. Lady Clara va ouvrir, et introduit sa sœur, Lady Lucrétia Wawering, âgée d’environ seize ans, brune, bien proportionnée, de taille un peu au-dessus de la moyenne ; elle a de grands yeux pensifs de gazelle. Elle tient en main un joli bouquet et est vêtue tout de blanc.

Elle s’avance avec assez d’assurance vers mon siège et me fait une profonde révérence. Lady Clara dit alors : « Permettez-moi, Madame la Présidente, et vous, Mesdames, de vous présenter ma sœur, Lady Lucrétia, qui désire devenir notre collègue.

La Présidente. — Lady Lucrétia, soyez la bienvenue dans notre confrérie. Etes-vous décidée à nous jurer le secret et à être initiée aux mystères de la verge?

Lady Lucrétia. — Oui, et à me soumettre à tous vos rites et règlements.

La Présidente. — Alors, déshabillez-vous pour revêtir notre tenue et vous répondrez sincèrement aux questions que je vais vous poser.

Jane et Mary aident la novice à se déshabiller ; elle rougit légèrement lorsque après que sa robe a été enlevée, on se dispose à faire de même pour le jupon. Elle se tourne alors vers moi et me dit : « On ne met sûrement pas les postulantes toutes nues, je suppose que je dois seulement changer de costume? »

La Présidente. — Si, parce que vous aurez à tâter de la verge avant de revêtir notre uniforme.

Lucrétia (devenant pourpre). — Oh! je ne m’attendais sûrement pas à cela! C’est d’une telle indécence!

La Présidente. — Dépêchons-nous! De telles remarques sont tout à fait déplacées! Sœur Lucrétia, vous avez déjà transgressé les règles en discutant mes ordres souverains et il en cuira à vos fesses.

Lucrétia (en proie à une grande confusion et la voix toute troublée). — Je vous en prie, laissez-moi m’excuser, je ne supposais pas que les membres fussent exposés aux châtiments et je pensais qu’elles s’amusaient à fouetter les enfants indigents que les écoles leur envoyaient pour être corrigés.

La Présidente. — Vous vous excuserez sous la verge. Nous avons bien autre chose à faire ici qu’à fouetter les derrières des enfants indigents ; bien qu’il soit du devoir de tous les membres d’appliquer la discipline à la maison où dans tout autre endroit où ils exercent leur autorité.

Lucrétia se tait ; mais le pourpre de sa figure et les frémissements nerveux des coins de sa bouche attestent qu’elle redoute l’approche de la verge. Elle baisse les yeux d’un air contrit. Lorsqu’elle n’a plus que son pantalon, sa chemise, ses bas et ses bottines, elle est conduite vers l’échelle. La présidente et les dames l’accompagnent et l’entourent.

La Présidente. — Placez l’échelle presque verticale ; ficelez ses poignets tout en haut et qu’elle ne touche le sol que par la pointe des pieds. Si elle ose gravir sans permission le premier barreau de l’échelle, ses fesses apprendront ce qu’il en coûte.

Les larmes aux yeux, la victime, tremblante de honte et d’angoisse, crie en vain que la position ordonnée doit être trop pénible et demande grâce. Puis, lorsqu’elle sent sa chemise roulée sous ses aisselles et son pantalon rabattu en dessous de ses genoux, elle s’écrie : « Pitié! chère miss Coote, laissez-moi ; il n’est pas possible que l’on soit aussi sévère envers une novice! »

La Présidente. — Je vous conseille de vous plaindre en vérité. Nous allons vous initier aux délicieux mystères de notre société, dont vous serez bientôt une des adeptes les plus enthousiastes.

Elle prend alors des mains de Jane une belle verge nouée avec des rubans bleu et or et elle en cingle légèrement le derrière nu de la victime en lui disant : « Maintenant, priez-moi de vous fouetter convenablement et demandez pardon de votre ridicule résistance. »

Lucrétia (sérieusement effrayée et d’une voix tremblante). — Oh! Est-ce bien vrai? Est-il possible que je doive être cruellement fouettée?

La Présidente. — Tenez! En voilà la preuve, entêtée que vous êtes. C’est trop perdre de temps! Tenez! Tenez! Tenez!

Chaque mot est accompagné de bons coups de verge dont les traces s’entrecroisent sur la surface des fesses, semant des roses à la place des lys. Et miss Coote continue : « Dans une minute ou deux, vous jugerez sans doute qu’il vaut mieux vous soumettre sans simagrées et demander pardon. »

La victime. — Ah! Ah! Oh la! Hola! c’est affreux! Oui! Oui! Je regrette ce que j’ai dit, mais la verge me cingle si fort qu’on ne mesure pas ses paroles. Oh! je vous en prie, pardonnez-moi… punissez-moi comme je l’ai mérité, Ah! Ah! Ah! miséricorde.

En prononçant ses mots sans suite, elle se démène et se tortille sous les piquantes cinglades qui ont déjà marbré de pitoyable façon sa peau sensible et délicate.

La Présidente. — Très bien! Voilà comme il faut parler! Mais maintenant que vous allez être une des nôtres, il faut nous dire si vous avez un amoureux.

Un coup plus cinglant que les précédents ponctue cette question. La victime rugit : « Ah! Ahhh! Oh! C’est horrible. On dirait une lame brûlante qui me déchire la peau. En vérité, je n’ai pas d’amoureux… s’il est interdit d’en avoir. »

Mais, comme elle pose instinctivement les pieds sur le premier barreau de l’échelle pour soulager la tension pénible de ses poignets, elle reçoit en travers des mollets une furieuse cinglade qui la fait hurler de plus belle.

— Comment osez-vous, Mademoiselle, bouger sans permission, lui crie la présidente en lui administrant une volée de coups de verges sur les jambes et sur les fesses, la faisant danser sous cette avalanche comme un canard sur une plaque brûlante. « Là! Je pense que vous allez maintenant rester en place! Revenons à ma question », continue miss Coote, « si vous n’avez pas d’amoureux pour le moment, vous en avez eu avant? »

Lucrétia. — Oh! Oh! Mon pauvre derrière! Oh! Oui… Ah! Ah! j’en ai eu un… mais Oh! Oh! je l’ai quitté il y a six mois! Ah! Pitié! Ne me fouettez plus si vous voulez que je puisse vous répondre!

La Présidente (sans cesser d’appliquer la verge). — Encore cette chanson, sœur Lucrétia. Vos jolies fesses rouges apprécient sans doute cette petite régalade, sans quoi vous ne me provoqueriez pas par vos ridicules observations. Que dites-vous de cela? Et de cela? N’est-ce pas que cela cingle comme il faut? Racontez-nous quelque chose sur cet amoureux, s’il vous plaît!

Lucrétia. — Mes poignets sont ankylosés et mon derrière… Oh! mon derrière me cuit, me brûle… Non! Arrêtez… Vous voulez savoir… sur mon amoureux… eh bien… je l’ai quitté parce qu’il avait été inconvenant avec moi. »

La Présidente. — Dites-vous vrai, sœur Lucrétia, c’est un point capital pour vous. Nous appelons la verge le sceptre de la vérité, car il n’y a rien de tel pour faire confesser la vérité. Que vous a donc fait votre amoureux? Criez tant que vous voudrez, si cela vous soulage, cela nous amusera de vous entendre.

Lucrétia. — Ah oui! Je crie malgré moi. Vous m’avez si cruellement fouettée! Et bien, il a voulu prendre des libertés avec moi et a eu l’audace de fourrer la main sous mes jupons. Voilà tout! Ah! Assez! Pitié! Vous ne me laissez même pas le temps de respirer!

— Etes-vous certaine que cela est bien vrai, fait alors la présidente en se reposant un peu.

Lucrétia, croyant être enfin au bout de son épreuve, répond bien vite : « Tout à fait vrai, chère miss Coote, voilà ce qu’il a osé me faire! » Elle éprouve alors dans certaines régions intimes une sorte de chaleur voluptueuse et, sous cette impression, ferme les yeux, tandis qu’un sourire de sensualité décèle la voluptueuse émotion qu’elle éprouve.

La Présidente. — Que signifie ce sourire langoureux, sœur Lucrétia. Il me semble que vos fesses frissonnent d’émotion. Ma question sur votre amoureux vous a-t-elle rappelé de plaisants souvenirs? Allons, dites-nous toute la vérité. Vous nous en avez sûrement caché la moitié.

Et elle accompagne ces derniers mots d’une soudaine volée de coups de verges qui, cette fois amènent le sang à la surface de la chair.

La victime. — Ah! Ahhh! C’est trop de barbarie! Juste quand je pensais être au bout de mes épreuves et que j’éprouvais une chaleur exquise à mon derrière. Non vraiment, je ne pensais plus à mon amant!

En disant ces derniers mots, elle baisse les yeux et rougit comme une pivoine.

La Présidente (sévèrement). — Ainsi vous persistez dans vos mensonges? Sachez que nous sommes au courant de ce qui s’est passé entre le jeune Aubrey et vous. Allons, la vérité et vivement, sinon je découpe des lanières dans la chair de vos fesses. N’essayez pas de nous tromper. Nous connaissons les effets de la verge et les douces sensations qu’elle procure.

Tout en parlant, la présidente fait siffler la verge sur les malheureuses fesses où elles dessinent de longs sillons entrecroisés. S’excitant à sa besogne, la fouetteuse semble éprouver à chaque coup qu’elle applique, une sensation exquise. Les cris et les supplications de Lucrétia sont une délicieuse musique pour elle et pour les spectatrices qui ne dissimulent pas leur voluptueuse émotion. La victime hurle de souffrance, elle se tortille et contorsionne ses fesses et tout son corps, sans souci de la décence sous la furieuse correction dont on la gratifie.

Les assistantes ont, tout d’abord, observé la scène avec la plus stricte attention, mais, peu à peu, leur sang circulant plus fort dans leurs veines amène à leurs joues une rougeur intense, et, bientôt, sous une commune impulsion, les huit dames, Jane et Mary comprises, prennent chacune une longue verge faite de brins souples fraîchement cueillis et forment un cercle autour de la présidente qui continue à flageller la victime sur son échelle. Chacune relève ses jupes sous son bras et s’expose entièrement nue depuis la taille jusqu’aux genoux ; c’est un délicieux bouquet de blanches fesses rebondies, de cuisses nerveuses, de mollets cambrés rehaussés de bas de soie, de jolies jarretières, d’élégants souliers à boucles ou de hautes bottines ; les ventres impudemment étalés s’ornementent de toisons aux nuances variées, brun, roux, châtain ou blond. Et sans tarder, la danse commence. Sur les fesses blanches et fraîches les verges mettent bientôt une teinte rose, chacune s’évertue de son mieux à rendre au postérieur placé devant elle les cinglades que le sien reçoit. Des éclats de rire, des cris perçants, des exclamations éveillent les échos de la salle, les bras se lèvent et s’abaissent avec ardeur! Cette scène lascive se prolonge pendant trois ou quatre minutes. A ce moment, sous la verge de la présidente, la victime tombe en défaillance ; ses cris sont devenus des sanglots, puis ils s’atténuent peu à peu ; elle s’évanouit ; sa tête se renverse en arrière et son derrière n’offre plus qu’une surface à vif d’où le sang suinte et ruisselle sur la chair blanche des cuisses.

La présidente jette alors sa verge hors de service. « Allons, mesdames, dit-elle, cessez vos ébats, et aidez-moi à la ranimer. Elle reviendra bien vite à elle. Vos jolis culs sont ravissants à voir. Je veux faire partie du prochain cercle que l’on formera.

La victime est détachée de l’échelle. Sous l’action de l’eau fraîche, de sels médicinaux, et d’un large éventail, elle se ranime peu à peu. Ses yeux s’entr’ouvrent et elle regarde autour d’elle d’un air égaré : « Où suis-je, balbutie-t-elle à voix basse, quel joli rêve! » Puis, comme on lui a fait prendre un vigoureux cordial, elle s’écrie : « Ah oui! Je m’en souviens! Oh mon pauvre derrière, comme il me fait mal! Elle frotte alors ses fesses de ses deux mains et voyant qu’elles sont toutes couvertes de sang, elle sanglote nerveusement : « Quel monstre que cette miss Coote! Comme elle a l’air de se délecter de mes tortures! Ah! si jamais je tiens son derrière sous ma verge, elle s’en souviendra. »

Un bruyant éclat de rire accueille cette menace et nous nous délectons toutes de la honte et de la confusion de la pauvre Lucrétia.

— Allons, sœur Lucrétia, lui dis-je alors du courage! Il ne vous reste plus à faire que ce que nous appelons l’ascension de l’échelle. Un jour ou l’autre, vous pourrez prendre sans doute votre revanche. En attendant, vous allez voir si Louise Van Tromp est aussi sévère que moi, et vous apprécierez sans doute sa façon de manier la verge sur vos fesses écorchées. Tenez, Jane, je crois qu’elle est à point pour la seconde partie de la punition.

— Oh! vous pouvez vous fier à moi pour la faire danser comme il faut, dit alors Louise Van Tromp ; elle n’est pas à la moitié de sa confession. En disant cela, elle brandit et fait souffler une belle verge neuve aux oreilles de la victime qui manifeste une véritable terreur.

Tandis que les larmes ruissellent sur ses joues, elle s’écrie d’une voix coupée de sanglots : « Non! non! assez! C’est horrible! N’aurez-vous pas pitié de moi? Voyez comme mon derrière est déjà lacéré ; je ne veux plus que vous y touchiez! Non! vous ne me remettrez plus sur cette affreuse échelle. » Et comme Jane essaie de l’entraîner vers l’instrument, elle se débat et veut fuir du côté opposé.

Voyant cela, Louise lui applique en travers des épaules un formidable coup de verge : « Qu’est-ce qui vous prend? voulez-vous vous laisser faire et vous dépêcher, ou gare à vos épaules? » lui crie-t-elle en examinant d’un œil satisfait les longues marques rouges que la verge a tracées sur les blanches épaules de la victime.

— Aïe! aïe! oui! oui! j’obéis, gémit-elle en tendant à Jane ses deux poignets qui sont vivement ligotés.

— Très bien, fait Louise, et maintenant, montez les barreaux de l’échelle, mais un par un seulement, au fur et à mesure que j’appellerai son numéro, en commençant par le bas, et faites attention de ne pas en monter deux à la fois, ou il faudrait tout recommencer. Allons, nous y sommes… Un! Ce mot est accompagné d’un coup furibond sur les fesses de la pauvre fille.

— Ahhh! hurle-t-elle en sentant la verge s’enfoncer dans la chair à vif ; elle a soin, néanmoins, de ne gravir qu’un échelon.

Louise décrit en l’air des moulinets avec la verge, en disant : « Pas mal, en vérité, attention, attention. » Et quand elle a ainsi tenu Lucrétia dans l’angoisse, elle compte « deux » et « trois », ponctuant chaque coup d’un nouveau coup de l’instrument, en laissant entre eux un intervalle suffisant pour que la victime en éprouve le torturant effet.

A chaque assaut, Lucrétia répond par un cri perçant et articule douloureusement : « Ah! c’est atroce! La peau de mon derrière se fend, je sens que je suis toute déchirée. »

— J’en suis charmée, riposte vivement Louise, en regardant triomphalement les assistantes. « Allons, continuons… et, après avoir décrit de nouveaux moulinets, la verge retombe violemment sur les chairs. « Quatre! cinq! » Chaque coup arrache du sang de la peau meurtrie. Les spectatrices contemplent la scène avec avidité.

Le pied de Lucrétia a glissé sur un échelon, mais elle se reprend vivement avant que Louise ait pu noter son erreur. « Encore deux! » soupire-t-elle, calculant les échelons qui restent à gravir.

— Les cuisses droites, de façon à bien exposer votre cul, lui dit Louise, en tapotant de la verge le minet que cette position presque horizontale met en saillie. Puis, « six! sept! » Ces deux derniers coups sont appliqués encore plus fort, mais la victime n’a pas bronché, et d’unanimes bravos saluent son énergie. Jane profite de sa position pour attacher les chevilles de la patiente qui se trouve fixée dans la position la plus favorable pour une nouvelle flagellation.

— Merci, Jane, vous avez une excellente idée, fait Louise. Eh bien, sœur Lucrétia, il faut nous raconter tout ce qui s’est passé entre vous et le jeune Aubrey. Miss Coote ne vous en a pas fait confesser la moitié.

Et elle caresse les fesses tendues de petits coups de verges. Écorchée comme est Lucrétia, ces légers coups lui sont néanmoins pénibles, car une grimace de souffrance crispe ses traits.

— Oh! oh! je vous en supplie! fait-elle, ne recommencez pas! Je vous ai dit qu’il avait pris des libertés avec moi. Que puis-je vous dire de plus? Oh! oh! ne me touchez pas, le moindre contact de la verge me fait un mal affreux.

— Alors, petite obstinée, répond Louise, pourquoi persistez-vous à ne pas dire toute la vérité? Ne l’avez-vous pas encouragé?

Cette question est accompagnée de petites cinglades qui, bien que bénignes, en comparaison des précédentes, n’en font pas moins tortiller le malheureux derrière à vif dans sa fatigante position.

Abreuvée de honte et de confusion, la figure empourprée à l’idée que tant d’yeux sont braqués sur elle, Lucrétia implore lamentablement : « Épargnez-moi, pitié! fait-elle. Puisque vous savez tout, n’insistez pas! Rendez-vous compte de mes souffrances! Songez combien est pénible une semblable confession! Ahh!! Faut-il que vous soyez barbares pour vous repaître ainsi de ma honte et de mes tortures. »

— Bah! bah! fait Louise, ce n’est pas si terrible que cela. Il faut bien souffrir quelque chose pour être des nôtres. Vous assisterez vous-même à une scène semblable quand nous recevrons une nouvelle novice. Mais vous me faites perdre mon temps. Allons! Avouez! avouez! avouez! Et trois nouveaux coups font gigoter le malheureux postérieur.

— Aïe! ah! ah!! Je vais encore m’évanouir! Il me semble qu’on me cingle la chair avec des fers rouges! fait Lucrétia d’une voix déchirante. Ah! je vous ai dit qu’il m’a séduite, et… et… je l’avoue, je n’ai pas résisté comme j’aurais pu. J’avais envie de goûter les douceurs de l’amour, et tout à l’heure, la verge de votre présidente m’a rappelé ces exquises sensations. Quand je me suis évanouie, j’ai cru, dans mon rêve, me retrouver dans les bras de mon amant.

— A la bonne heure fait Louise, en gratifiant encore Lucrétia de quelques coups de verges. Nous touchons à la vérité. Mais vous prévariquez encore et essayez d’atténuer votre culpabilité. Voyons, est-ce lui qui vous a violentée ou vous qui l’avez débauché?

— Arrêtez, arrêtez! laissez-moi parler! fait la néophyte. Je l’ai aperçu endormi, étendu dans un coin écarté de notre jardin. Il dormait si fort que je n’ai pas pu l’éveiller, mais je me suis rendu compte ensuite qu’il feignait seulement de dormir. Remarquant une forte saillie dans sa culotte, je la touchai du doigt, me demandant ce que c’était. La chose se mit alors à grossir et à se soulever et elle devint, sous l’étoffe, raide comme un bâton ; mon sang bouillait ; je ne sais pas bien comment cela a pu se faire, mais au moment où il ouvrit les yeux, me regardant en riant, j’avais dans la main son gros engin tout raide. Il se dressa, s’élança sur moi et, profitant de mon trouble, il triompha de moi sans difficultés. Mais pareille chose arrive tôt ou tard à toutes les filles amoureuses. A présent que je vous ai tout dit, ayez pitié de moi, et délivrez-moi!

On dénoue alors ses liens, on lui prodigue les plus affectueux baisers et on la proclame membre du Lady Rodney’s Club.

Toute meurtrie, la pauvre fille se lamente sur son postérieur à vif : « Oh! oh! fait-elle piteusement, je vais être des semaines avant de pouvoir m’asseoir sans souffrance. Oh! vous pouvez m’embrasser, après m’avoir traitée avec une pareille barbarie! Si seulement je pouvais vous amener Aubrey et lui donner une bonne cinglée, il ne l’aurait pas volée! »

Nous éclatâmes de rire à cette sortie, et lui déclarâmes que nos règles s’opposaient à l’admission de membres mâles dans notre club.

Vous verrez, dans ma prochaine lettre à quel subterfuge Lucrétia eut recours pour arriver à ses fins.

Je suis, chère Nelly, votre affectionnée

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE IX
Ma chère amie,

Les novices ne montraient pas beaucoup d’empressement à poser leur candidature au Lady Rodney’s Club. Pourtant, trois semaines après la séance décrite dans me dernière lettre, Lucrétia vint me voir, très affairée, pour m’annoncer que Maria Aubrey, la sœur de son amant, désirait se joindre à nous ; elle me demanda de fixer le jour de son admission.

Comme la postulante n’était pas de mince importance, qu’elle appartenait à une très aristocratique famille, je ne fis pas d’objections ; j’exprimai ma satisfaction de cette recrue pour notre confrérie, et fixai à huitaine le jour de son admission.

Quand je fis part de la chose à Lady Clara, lui demandant si elle connaissait la jeune personne, elle me répondit que non, car celle-ci avait été pendant plusieurs années dans une pension en Allemagne et venait seulement de rentrer dans sa famille.

Je ne vis pas Lucrétia jusqu’au jour fixé ; elle arriva exactement à sept heures avec sa protégée ; celle-ci était un peu plus grande qu’elle, assez mince ; elle avait de beaux yeux bleus ; pour la circonstance, elle était habillée tout de blanc. C’était, dans l’ensemble, une jolie fille, à l’aspect tranquille, si ce n’est l’expression singulièrement mobile de ses yeux qui regardaient partout et semblaient s’intéresser à tout.

Nous étions toutes présentes. J’occupais, comme d’habitude, mon siège de présidente, entourée des autres dames. Lady Lucrétia, présentant aussitôt la novice, la prit par la main, la conduisit devant moi, et, après que toutes deux se furent inclinées, elle dit : « Permettez-moi, chère Miss Coote, et vous, mesdames, de vous présenter Miss Maria Aubrey, une de mes bonnes amies, qui désire faire partie de notre société. »

J’ouvris la séance et voici comment se passa la cérémonie :

La Présidente. — Miss Maria Aubrey, consentez-vous à vous soumettre à nos formalités d’initiation et jurez-vous de vous conformer au règlement institué par l’unanimité de nos membres.

Maria. — Oui, je désire vivement être admise. On reçoit tellement la verge en Allemagne que je suis devenue fanatique de son emploi.

La Présidente. — Nous enregistrons votre adhésion et maintenant, il faut vous déshabiller et prendre l’uniforme de rigueur que nous vous avons préparé.

La novice rougit et semble ne plus savoir que dire. Lucrétia paraît jouir énormément de son embarras. Elle murmure quelque chose à l’oreille de Clara qui le transmet à Mlle Fosse, qui m’en fait part : Notre novice n’est pas Maria Aubrey, mais bien son frère Frank, l’amant de Lucrétia, à qui elle a conseillé de se faire passer pour sa sœur, mais sans lui dire ce qui allait arriver, de sorte que celui-ci était stupéfait d’avoir à se déshabiller devant nous.

J’avoue que je fus furieuse en apprenant cette invention de Lucrétia, mais sur le conseil que me glissa à voix basse Mlle Fosse, je continuai comme si de rien n’était. Venez, sœur Maria, lui fis-je, commencez à vous déshabiller. Jane et Mary, assistez mademoiselle.

Maria. — Oh! non! non! je ne veux pas que l’on me déshabille, j’ignorais que cela fût obligatoire ; donnez-moi les vêtements si vous voulez, je me retirerai dans une autre pièce pour les mettre, mais pas devant vous, je ne veux pas.

Et, rougissant de plus en plus, elle repousse les deux servantes qui s’avançaient vers elle.

La Présidente. — Vous violez déjà le règlement! Déshabillez-vous de suite, ou vous allez recevoir la verge sans miséricorde, et nous verrons si vous l’aimez tant que cela.

Maria. — Ah! excusez-moi! mais… mais… vous comprendrez facilement que je n’ose pas me déshabiller devant tant de monde.

Je prends alors une formidable verge, formée d’une bonne poignée de brins longs et souples, solidement réunis par d’élégants rubans bleus et rouges. Je fais un signe. Jane et Mary, assistées par quatre ou cinq dames foncent sur la victime, la poussent vers l’échelle, et, en dépit de ses secousses désespérées, lui lient chevilles et poignets avec des cordes qui sont fixées à l’échelle. Miss Maria se trouve ainsi complètement à notre merci, avant même qu’elle se soit rendu compte de ce qui lui arrive.

La Présidente, s’avançant, verge en main vers la victime : « Ah! ah! vous êtes, je le vois, une obstinée! Allons, mesdames, dépouillez-la de suite de son costume, enlevez-lui ses jupons ; plus vite nous commencerons à l’initier, mieux cela vaudra. »

Tout le monde se met à l’ouvrage. Écarlate de honte, la victime crie : « Ah! oh! je vous en prie, ne me déshabillez pas! J’ai été trompé! Je ne suis pas du tout une demoiselle! ne me mettez pas nu! » Et des larmes de mortification coulent le long de ses joues.

La Présidente, d’un ton impératif : « Arrêtez! qu’est-ce que vous êtes, alors? un homme ou une hermaphrodite? »

Un éclat de rire général accueille cette question. Voyant que l’interpellé reste muet de confusion, tout le monde s’écarte. « Allez, Miss Coote, allez! donnez à cet impudent gaillard un avant-goût de votre verge. Il faut qu’il avoue tout et jure de garder le secret ou on le fouettera jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le Prisonnier. — Mon Dieu! dans quel guêpier suis-je tombé! Ces monstres de femmes vont m’assassiner! Ah! lâchez-moi et je jure de ne jamais rien raconter!

La Présidente. — Nous avons le temps de causer de cela. Ne croyez pas vous tirer à si bon compte de votre impudent complot avec Lady Lucrétia! Chacun de vous va être bien fouetté sous les yeux de l’autre. Vous ne serez point choqués de voir réciproquement vos fesses ; nous savons que ce n’est pas la première fois que vous vous les montrerez. Jane, préparez sœur Lucrétia pour la punition. Il verra ainsi ce qui l’attend lui-même.

Lucrétia. — Ah! non! j’ai voulu seulement lui faire une petite plaisanterie. Vous savez que j’avais très envie de le fouetter et je n’avais pas d’autre moyen de m’y prendre!

La Présidente. — C’est possible, Miss! Nous aurons égard à cela, et peut-être vous permettra-t-on de donner vous-même le coup de grâce à ses fesses. En attendant, Jane, mettez le derrière de miss Lucrétia dans le pilori à traverses.

Abandonnant le jeune homme étroitement ligoté à l’échelle, les dames se saisissent de son amante qui juge toute résistance inutile. Quelques instants après, Frank a le plaisir de contempler son derrière rose et joufflu et ses cuisses nerveuses émergeant des deux traverses de bois dans lesquelles elle est fixée de telle sorte que seule la partie inférieure de sa personne est visible.

La Présidente. — Mademoiselle Fosse, veuillez administrer à notre collègue le châtiment qu’elle a mérité pour l’offense grave faite au club en y introduisant un homme.

Mlle Fosse (armée d’une forte verge fraîchement cueillie). — Je ne crois pas que cette impudente pécore ait été assez fessée lors de son admission, sans quoi l’endolorissement de son derrière lui aurait donné à réfléchir.

Alors, vzz! vzz! vzz! vzz! quatre coups lentement et énergiquement appliqués ponctuent ces paroles, et Mlle Fosse poursuit : « Comment trouvez-vous cela? Mon bras est-il plus ou moins vigoureux que celui de Miss Coote? »

Comme les coups continuent à lui marbrer les fesses avec une vigueur et une précision remarquables, Lucrétia saute sur une jambe et sur l’autre et pousse des cris perçants : « Oh! oh! arrêtez! je demande pardon! dit-elle, je croyais réellement qu’un jeune homme serait une précieuse recrue pour le club. Oh! ah! pas si fort! vous m’écorchez vive! c’est atroce!

Ces plaintes n’ont rien d’excessif, car de longues marques rouges sillonnent les fesses meurtries.

Mlle Fosse. — Il faut que je me dépêche, car cela prendra un certain temps pour punir maître Frank. Je pense qu’il se délecte du tableau de votre châtiment. Est-ce que c’est aussi bon que la dernière fois? Vous nous ferez savoir quand vous ressentirez ces sensations voluptueuses que vous avez éprouvées ce jour-là.

Tout en parlant, elle cingle sans trêve Lucrétia sur toute la surface des fesses étalées ; elle fait pénétrer la pointe des verges en dedans des cuisses écartées et sur le minet à découvert. Et pendant ce temps, Frank dévore des yeux le postérieur de sa maîtresse ; chaque coup qui vient marbrer les fesses semble se communiquer à lui et le fait frissonner, il n’a jamais éprouvé pareille sensation ; c’est un délicieux régal pour sa sensualité.

Mlle Fosse continue à s’en donner à cœur joie et applique si fort la verge que le sang commence bientôt à pointer sur les fesses et les cuisses de Lucrétia. La pauvre fille se plaint douloureusement et pousse des cris nerveux : « Oh! oh! je m’évanouis! je succombe! » etc. Ses cuisses et ses fesses se contorsionnent en même temps de la plus bizarre façon.

Alors la Présidente intervient, verge en mains et dit : « Je suppose que maître Frank a hâte de goûter à son tour aux délices de la verge. Épinglez-lui sa chemise aussi décemment que possible, je désire seulement découvrir son derrière et je ne tiens pas à ce que le devant soit exposé à notre vue. »

Frank était si absorbé à contempler l’intéressant tableau de Lucrétia fouettée qu’il ne s’aperçut pas qu’on épinglait sa chemise à ses épaules. Un formidable coup de verge sur les fesses le rappela soudain au sentiment de sa propre situation. Il sursauta et se mordit les lèvres. Les larmes lui montèrent aux yeux et son visage devint brusquement écarlate. Vigoureusement maniée, la verge retomba successivement dix fois ; les coups résonnèrent sur sa chair, mais aucun cri ne trahit sa souffrance et la rougeur de sa figure témoigna seulement de l’intense humiliation qu’il éprouvait.

La Présidente. — Je vous ferai bien demander pardon, monsieur. Oserez-vous nous insulter encore en vous glissant parmi nous déguisé en femme?

Un formidable coup, qui amène le sang aux fesses accompagne cette question.

Frank, qui aurait honte de crier devant cette assistance féminine, s’efforce de supporter courageusement l’épreuve ; il serre les fesses et se mord les lèvres jusqu’au sang.

La Présidente. — Vous êtes têtu! tant mieux! Cela n’en sera que plus drôle pour nous, mon garçon. Voulez-vous demander pardon et jurer de ne jamais raconter cette équipée à personne?

La verge s’abat en même temps à toute volée, lacérant la chair.

Frank. — Ah! ah! au secours! c’est horrible!! Ah! mesdames, ne m’assassinez pas! Ahh!

La Présidente, sans lui laisser un instant de répit et frappant d’un bras inlassable : Reviendrez-vous encore, mauvais garnement? Allez-vous nous jurer le secret?

Les cris de Frank, les sanglots de Lucrétia, la vue de ces deux paires de fesses piteusement accommodées, excitent les assistantes au-delà de toute expression. Chacune s’empare d’une verge, et la Présidente et Mademoiselle s’étant retirées, elles apaisent à tour de rôle leur excitation sur le fessier des deux victimes.

Elles s’aperçoivent bientôt que Lucrétia défaille et paraît insensible à la souffrance, en proie à une sorte de stupeur léthargique. Elles la délivrent de ses liens, la réconfortent et la raniment peu à peu.

Quant à Frank, qui, depuis plusieurs minutes, a imploré son pardon et demande à grands cris de prêter le serment exigé, on reçoit bien son serment, mais les conjurées éclatent d’un rire sardonique quand il demande piteusement qu’on le délivre et qu’on lui permette de s’en aller : « Ha!! ha! » lui fait-on de toutes parts! Il pensait en être déjà quitte! Il devrait pourtant être content de passer par les mains de Lucrétia, aussitôt qu’elle sera remise!

Frank. — Tout ce qui arrive est de sa faute. Je ne serais jamais venu, si elle ne m’avait assuré d’une chaleureuse réception.

La Présidente. — Précisément! Vous ne pouvez pas dire que vous n’en avez pas eu une! Mais elle sera encore plus chaude avant que vous ne vous en alliez!

Après avoir avalé un cordial énergique, Lucrétia, les yeux brillants, déclare qu’elle est prête à exécuter ce qu’on attend d’elle. On lui tend une belle verge et elle se met en position pour fouetter son amant, selon la méthode de Louise Van Tromp. Elle fait siffler la verge au-dessus de la tête de Frank et lui crie d’un air indigné : « Alors, vous osez insinuer que c’est moi qui vous ai engagé à venir ici? »

Frank. — Oh! Lucrétia! Aurez-vous le cœur de prolonger mes tortures, maintenant que j’ai juré tout ce qu’on a voulu?

Lucrétia baisse son bras levé, et la verge s’abat avec force sur le derrière de Frank qui se tortille de façon comique. « Vous maintenez cette insinuation! crie-t-elle, alors, tenez! tenez! tenez! »

Les coups se succèdent avec une violence croissante. Lucrétia s’excite à frapper ; il semble que le sang bouillonne dans ses veines : « Direz-vous aussi, continue-t-elle, que ce n’est pas vous qui m’avez séduite? Toutes ces dames sont fixées sur votre infâme conduite envers moi!

Frank. — Oh! oh! Cela ne finira donc pas! Ah! que je sois pendu si j’avoue cela! Voyons, vous savez pourtant bien que c’est vous qui avez pris dans votre main mon… ma…

Lucrétia. — Ne nommez pas cet objet répugnant! Et surveillez votre langue de vipère ; si vous m’échauffez la bile, tant pis pour vous!

La verge va des épaules aux fesses que Lucrétia examine après chaque coup pour voir les nouveaux ravages qu’elle a causés.

Le pauvre Frank, qui a perdu sa perruque en se démenant trop fort, a l’air un peu plus viril, c’est un très joli garçon, bien membré, mais son derrière n’est naturellement pas aussi rebondi que celui d’une femme de sa corpulence.

Excitée, échauffée par la flagellation qu’elle a eu elle-même à subir, Lucrétia frappe comme une furie : « Voyez! voyez! crie-t-elle, cette horrible chose que je ne veux pas nommer est toute raide et fait une énorme bosse sous sa chemise, devant son ventre ; c’est impossible de cacher cette saleté.

Au lieu de la cacher, il semble que Lucrétia cherche à la faire voir, car, en frappant sans merci, elle s’arrange pour déranger la chemise et la retrousser si bien que l’assistance aperçoit à tout instant le formidable engin long de six à sept pouces, qui se dresse au bas du ventre, émergeant d’une touffe de poils noirs et bouclés. Saisi d’une sorte de frénésie érotique, le jeune homme roule des yeux blancs, et, à chaque coup, tortille les fesses et pousse le ventre en avant ; évidemment la honte et la souffrance s’effacent sous l’acuité de ses sensations voluptueuses. La fouetteuse n’est pas moins troublée que lui. La vue des fesses écorchées se trémoussant de façon lubrique, accroît son ardeur : « Ah! crie-t-elle, non seulement il essaie de me rendre plus inconvenante que lui, mais voyez de quelle façon cynique il s’expose à nous! »

Pour mieux ponctuer sa remarque, elle cingle d’un coup vif le membre indécemment dressé et elle recommence à plusieurs reprises sans lui faire perdre de sa rigidité ; mais sous cette cinglade affreusement piquante, le malheureux Frank rugit : « Oh! mon Dieu! mon membre va éclater, c’est effroyable et cela me procure une délicieuse sensation. Ah! ahh! ahh!! c’est trop! » Et il reste les yeux levés au ciel, les lèvres tremblantes, saisi d’on ne sait quelle troublante émotion.

Lucrétia a suspendu quelques instants la correction ; mais soudain, elle rappelle son amant à la question par deux ou trois terribles cinglées sur ses fesses à vif : « Ne vous endormez pas, monsieur et causons, s’il vous plaît! Je pense que vous allez retirer vos honteuses insinuations contre moi! Avez-vous, oui ou non, profité de mon trouble quand je vous ai vu étalant votre membre dans le jardin? Mais répondez donc! Une demi-douzaine de coups de verge suit cette question ; le sang commence à couler des fesses sur les cuisses du malheureux.

Revenu à lui, celui-ci, tout confus de savoir que l’assistance a vu son membre viril en pleine érection, se tord sous les coups et répond d’une voix entrecoupée de larmes : « Ah! démon! abominable créature! Elle m’a prodigué les plus voluptueuses caresses, elle m’a juré un éternel amour et aujourd’hui, elle se délecte à me martyriser. Ah! Miss Coote!! mesdames! délivrez-moi de ses griffes! Ayez pitié de moi!

Lucrétia. — Pas encore! Infâme suborneur! retirez vos honteuses allégations sur mon compte, ou je vous enlève la peau du derrière!

Frank. — Comme c’est mal à vous, Lucrétia, de me forcer à dire un mensonge! Oh! mon Dieu! quoi faire? Ah! que se passe-t-il en moi?

Sous l’averse de cinglades dont sa maîtresse lui lacérait le postérieur, le jeune homme retrouvait évidemment le trouble lascif qu’il avait déjà éprouvé.

Lucrétia. — Vos cris sont délicieux! Je m’en délecte d’autant plus que nous nous adorons l’un et l’autre. Allez-vous… allez-vous… allez-vous… avouer que… vous avez… menti? ah! vous me faites passer auprès de ces dames pour un monstre d’indécence! Etes-vous donc sourd? Attendez, je vais vous faire entendre.

Et la verge se dirige juste dans la raie des fesses atteignant les parties les plus sensibles et les plus délicates.

Frank semble sur le point de s’évanouir sous cette nouvelle torture et s’écrie : « Oh! oh! mon Dieu! tuez-moi tout de suite, je souffre trop! »

Lucrétia. — Tant pis pour vous. Pourquoi vous obstinez-vous à me refuser la satisfaction que vous me devez? Pourquoi prétendez-vous que je veux vous imposer un mensonge, vilain gredin? Je vous ferai mourir sous la verge si vous ne rétractez pas vos infâmes calomnies.

Et la verge marche toujours, s’abattant dans les recoins les plus délicats.

Frank. — Ah! atroce! que faut-il donc que je dise? ah! oui! toutes ces histoires sur notre compte sont fausses. Nous n’avons jamais rien fait d’inconvenant ni l’un ni l’autre.

Le malheureux a proféré ces paroles sans savoir ce qu’il dit et dans le seul but de mettre un terme à son supplice. Mais Lucrétia n’est pas satisfaite et manifeste son mécontentement par un coup formidable, qui arrache aux fesses de nouvelles gouttes de sang. « Que nous chantez-vous là, monsieur? s’écrie-t-elle. Qui vous demande d’aller d’un extrême à l’autre? Avouez simplement que vous avez abusé de mon trouble et de ma frayeur. Vous ne savez donc plus ce que vous dites? Ma parole, je ne comprends pas qu’après vous avoir si bien attiré le sang aux fesses, il vous monte encore à la tête!

Frank. — Ah! oui! ah! oui! je me souviens, maintenant! J’ai fourré mes mains sous vos vêtements alors que vous étiez toute tremblante et que vous ne pouviez me résister! Voilà la vérité! Laissez-moi, maintenant! Vous n’avez pas à craindre que j’aille dévoiler moi-même comme j’ai été maltraité et mortifié?

Ces derniers mots sont dits d’une voix mourante. Lucrétia jette alors sa verge, qui n’est plus qu’un tronçon ; des larmes de compassion perlent dans le coin de ses grands yeux voluptueux et elle s’écrie : « Mon pauvre chéri, pourquoi avez-vous été aussi obstiné? »

La Présidente. — Qu’on le détache, qu’il s’agenouille devant moi et nous demande pardon du scandale qu’il a causé en s’introduisant parmi nous, car je vois, mesdames, à l’agitation de vos poitrines, quelle pénible émotion ce spectacle vous a occasionnée.

Mis en liberté, Frank se prosterne humblement, il déplore d’avoir voulu s’immiscer dans nos entretiens intimes et jure de nouveau, de garder le secret. Mais il demande, les larmes aux yeux, que sa terrible initiation lui serve au moins à quelque chose et qu’on lui permette de faire désormais partie de notre confrérie.

L’assemblée se montra favorable à sa requête et je découvris bientôt que Lady Clara était à la tête d’un mouvement ayant pour but l’introduction de messieurs parmi nous.

Je me hâtai de lever la séance et je ne sus jamais combien de temps le postérieur de maître Frank mit pour revenir à son état normal. Mais le lendemain, sur le conseil de Mlle Fosse, je signifiai à toutes mes collègues la dissolution du Club, car il m’était impossible d’autoriser dans ma propre maison des séances de flagellation qui, par l’adjonction de l’élément masculin eussent vite dégénéré en orgies.

Ma prochaine et dernière lettre vous entretiendra de faits qui me sont plus strictement personnels.

Votre affectionnée,

Rosa Belinda Coote.

 
LETTRE X
Ma chère amie,

J’ai trouvé dans les papiers de grand-père une lettre qui lui avait été écrite par une dame. Je l’ai jugée assez curieuse pour vous en donner connaissance.

Cher Monsieur,

Nous vivons à une époque si dissolue que si les jeunes filles ne sont pas maintenues sous une stricte discipline et punies lorsqu’elles le méritent, nous ne verrons bientôt plus les femmes de la ville que paradant dans les rues et les endroits de plaisir, et Dieu sait s’il y en a déjà assez dans ce cas.

Quand on a usé sans succès des moyens persuasifs, les corrections, exemptes de cruauté, mais aussi d’indulgence, s’imposent. Aucune, selon moi, n’est plus appropriée que la fessée.

Les médecins recommandent de donner la verge aux enfants pour des fautes qui proviennent d’un tempérament lourd et indolent, car rien n’est plus propre à activer la circulation du sang qu’une bonne application en pleines fesses d’une verge fraîche et souple.

A cette opinion, j’ajouterai la mienne. Je prétends que la verge produit d’aussi excellents effets sur les tempéraments brusques et nerveux. Chez ces sortes d’enfants, l’idée de honte et d’humiliation (si on les fouette devant d’autres), ajoute énormément à l’impression causée par les cinglades sur leurs fesses nues, et leur laisse un souvenir d’autant plus durable que leur intelligence est plus éveillée.

Les parents qui emploient la verge avec discernement sont infiniment plus respectés et vénérés par leurs enfants que les parents trop indulgents.

La verge qui ne brise pas les os et ne fait que froisser un peu la chair ne cause qu’un dommage insignifiant en comparaison des méfaits qu’elle peut empêcher.

Je sais qu’on l’emploie assez couramment dans les classes aisées ; mais dans celles où elle serait le plus nécessaire, les enfants sont abandonnés à leurs instincts dépravés, et, faute des châtiments nécessaires, deviennent trop souvent la honte de leurs parents…

N’est-il pas préférable de fouetter une fille quand elle est encore jeune (car les mauvaises habitudes se contractent généralement vers l’âge de douze à quinze ans) que de la voir, quand elle est plus âgée, enfermée dans une maison de correction pour des délits qu’une bonne fessée à coups de verges l’aurait empêchée de commettre?

Certains enfants sont si obstinés, et d’une nature si perverse que le fouet seul peut les amender.

Je connais une jeune veuve de la bonne société qui a trois nièces et deux neveux à sa charge ; tous ont plus de douze ans, excepté sa propre fille, qui n’en a que sept.

Une des filles est assez sage, mais les deux autres, aussi bien que les deux garçons, sont turbulentes. Mon amie est à cheval sur la discipline et réprime par la verge tous les écarts de conduite. Bien que jeune encore (elle n’a que vingt-quatre ans), elle dresse les enfants comme la plus expérimentée des maîtresses d’école pourrait le faire.

L’autre jour, la seconde fille, qui a environ quatorze ans, dit à son frère qu’elle pourrait lui montrer comment se faisaient les enfants. Et de fait, elle l’instruisit si bien que le gamin, qui n’a que treize ans, usa, quelques jours après, de privautés fort inconvenantes vis-à-vis d’une très jolie jeune fille de quinze ans, qui sert de soubrette à mon amie.

Cette fille se plaignit à sa maîtresse, qui, jugeant sa nièce aussi coupable, si ce n’est plus, que son neveu, envoya immédiatement acheter un balai de bouleau neuf, car elle avait décidé de les fouetter de belle façon.

Elle choisit dans le balai les brins les plus verts et les plus forts, et se confectionna deux belles verges. Commençant par sa nièce, elle lui épingla la chemise aux épaules et lui attacha les mains par devant pour l’empêcher de s’en protéger le postérieur. Elle lui donna alors de la verge sur les fesses aussi fort qu’elle put, et sans interruption jusqu’à ce que la fatigue de son bras l’empêchât de continuer.

S’étant reposée quelques minutes, elle s’empara alors du gamin, lui rabattit la culotte aux talons, et, avec la seconde verge, elle le fouetta à cul nu pendant dix minutes avec une telle vigueur que le jeune effronté se trémoussa et rua comme un poulain pendant dix minutes et ne cessa de hurler pendant toute la correction.

Selon moi, cette dame a agi très sagement ; une semblable correction a certainement été profitable à ces enfants, car il vaut mieux ne pas fouetter du tout un enfant que le fouetter avec indulgence.

Rendant la semaine dernière, visite à une de mes amies, grande couturière établie dans la cité, je la trouvai en proie à une violente fureur.

M’informant de la cause, elle me raconta qu’une de ses apprenties lui avait volé une grande louche en argent, et que, soupçonnant tout d’abord sa bonne, elle avait été sur le point de la faire arrêter, lorsqu’elle avait reçu une lettre d’un honnête juif qui avait mis les choses au point. L’apprentie était allée proposer la louche au brocanteur qui la lui avait achetée, mais, supposant qu’elle avait dû la voler, il l’avait fait suivre et, ayant su où elle entrait, offrait de rendre l’objet.

— Que dites-vous d’une pareille gredinerie? me fit-elle. Je ne corrige d’habitude mes apprenties qu’avec la verge, mais je viens d’acheter pour celle-ci un fouet de charretier et je vais lui en donner jusqu’à ce qu’elle n’ait plus vestige de peau sur le cul!

— Je vous en prie, ne vous servez pas de cet instrument meurtrier, lui répliquai-je vivement, cela pourrait vous attirer de graves ennuis. On se souvient encore du cas de Mme Browning, qui, par cruauté, et pour s’amuser, fit mourir son apprentie sous le fouet.

Ce ne fut qu’avec les plus grandes difficultés que je réussis à lui faire remplacer le fouet par une bonne verge, et il me fallut longtemps insister sur la barbarie de la correction infligée avec un aussi terrible instrument pour vaincre son obstination.

Je suis obligée d’avouer que j’ai vu de mes yeux, dans certaines familles où les parents sont d’un tempérament violent et irritable à l’excès, le père et la mère corriger leurs enfants avec la première chose, fouet ou corde, qui leur tombait sous la main.

Pour être efficace, les châtiments domestiques devraient toujours être infligés avec sang-froid ; toute marque de colère devrait être évitée comme susceptible d’émousser le respect dû à leurs parents par les délinquants.

Pour en revenir à mon histoire, une charrette pleine de balais de bouleau venant à passer en ce moment dans la rue, elle envoya une servante en acheter deux. Ces balais sortant de chez le fabricant étaient fabriqués avec des branches encore vertes.

Nous grimpâmes toutes deux l’escalier du bâtiment d’arrière conduisant aux mansardes, où la fille avait été enfermée. Elle me parut âgée de quinze ans ; elle était excessivement jolie et avait une peau blanche et fine.

Sur le désir de mon amie, je la dépouillai de tous ses vêtements sauf sa chemise et on la fit asseoir à même le plancher ; les deux balais furent jetés à terre devant elle et on lui ordonna de choisir elle-même les plus belles branches et d’en façonner une verge ; sa maîtresse guidait son choix en lui désignant les brins convenant le mieux pour fouetter son derrière de voleuse, etc. Déjà profondément humiliée par cette corvée, la présence d’une étrangère ajoutait encore à l’intense mortification de la jeune fille.

Quand la verge fut confectionnée, nous attachâmes la voleuse au pied du lit ; on lui retroussa sa chemise, et sa patronne se mit à lui appliquer de toutes ses forces la verge sur le derrière et sur les cuisses.

— Ah! coquine! s’écriait-elle, tout en la fouettant, irez-vous encore me voler? Dites! dites! dites! dites! je vais vous inculquer l’honnêteté à coups de verges sur le derrière.

— Oh mon Dieu! ô saints du ciel! oh! maîtresse! maîtresse! criait la fille en se trémoussant et en se démenant sous les piquantes atteintes de l’instrument. Ah! pardonnez-moi, je jure de ne plus rien voler jusqu’à la fin de mes jours. Oh! oui! je le jure!

Mais la maîtresse écumante de rage, continua à la fouetter sans merci jusqu’à ce que la verge brisée et éparpillée ne fût plus qu’un informe tronçon et que son bras fatigué lui refusât tout service.

Elle appela alors la servante et lui ordonna de laver les écorchures des fesses avec de l’eau salée.

Elle a l’intention de la fouetter de la même façon quatre samedis de suite. Je crois qu’elle a parfaitement raison d’agir ainsi, car cette correction répétée, fera, à coup sûr, réfléchir la jeune fille et la guérira à tout jamais de l’envie de voler.

En la quittant, sa patronne lui ordonna de s’amuser à faire pendant la semaine, avec le restant des balais les quatre autres verges nécessaires aux quatre fessées promises.

J’ai moi-même trois filles. L’aînée, qui a quatorze ans, avait un penchant au mensonge, mais je l’en ai guérie par de solides fessées. J’ai, de la même façon, corrigé la seconde de quelques vilaines habitudes. Quant à la troisième, qui n’a que douze ans, elle est non seulement paresseuse et obstinée, mais très espiègle. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas encore entrepris de la réformer, mais je suis résolue à lui faire dorénavant goûter de la verge sur les fesses nues et tous les jours si c’est nécessaire jusqu’à ce qu’elle s’amende.

Croyez-moi, cher Sir Eyre, votre dévouée,

Mary Wilsox.

Je reviens, maintenant à l’histoire annoncée à la fin de ma dernière lettre. Il vous souvient, qu’en vous donnant le détail de ma domesticité, j’avais mentionné mon groom Charlie, le frère de Jane ma servante préférée.

C’était un joli garçon de seize ans, le favori de toute la maison ; il était aussi imberbe qu’une fille, avait une voix caressante et était d’une amabilité remarquable. Bref, il était si séduisant qu’il avait produit sur moi une impression profonde que je n’avais, cela va sans dire, laissé deviner à personne, surtout à lui.

Dans ma seconde lettre, je vous ai dit combien j’affectionnais Jane. Bien souvent, et surtout quand je m’éveillais de très bonne heure par une belle matinée d’été, je me levais, et, en chemise de nuit, me glissais inaperçue dans la chambre de Jane pour calmer mon agitation entre les bras de celle-ci.

Mais un matin que je m’étais levée encore plus tôt que de coutume, en approchant de la porte qui était entr’ouverte, j’entendis un soupir étouffé. J’observai prudemment à l’intérieur, et, à ma profonde stupéfaction, je vis maître Charlie nu comme un ver, sauf sa chemise retroussée sous ses aisselles, étendu sur Jane également nue ; leurs lèvres étaient confondues, et, dans l’ardeur du rut, les jambes de ma soubrette étaient croisées sur le dos de son frère.

Mon premier mouvement fut de me retirer silencieusement comme j’étais venue, mais ce lubrique tableau me cloua au sol et je demeurai témoin volontaire du lascif engagement. Le membre viril du bel adolescent était presque aussi fort que celui de M. Aubrey mentionné dans ma dernière lettre ; il était raide comme un bâton et je ne pouvais en détacher mes yeux. Je le regardais se pousser dans le vagin, en sortir un peu et s’y plonger avec une fougue toujours croissante ; sa sœur l’encourageait et l’excitait en soulevant voluptueusement la croupe à chacune des poussées. La porte était presque au pied du lit et comme ils ne se doutaient guère de ma présence, je n’eus qu’à m’agenouiller pour observer la scène d’un bout à l’autre, sans être aperçue d’eux.

Je tremblais littéralement d’émotion. C’était la première fois que j’assistais à pareil spectacle, et le fait que les deux amants étaient frère et sœur me le rendait plus piquant encore. Ah! comme ils semblaient s’adorer et jouir l’un de l’autre! Leurs corps étaient comme soudés. Les lèvres du vagin de Jane semblaient littéralement sucer l’engin fraternel, elles le happaient, et, lorsqu’il se retirait, elles faisaient saillie en dehors comme pour l’empêcher de s’échapper. Trop vite à mon gré, la conclusion arriva, et tous deux se pâmèrent en une réciproque émission, au moment même où mon propre minet, trop surexcité, mouillait abondamment mes cuisses de sa virginale émission.

Pourpre, la tête en feu, en proie à une indescriptible émotion, je me retirai silencieusement, sans avoir été aperçue, bien résolue à punir maître Charlie de ses amusements incestueux avec sa sœur, et si possible, de l’accaparer pour ma jouissance personnelle.

La tentation fut irrésistible ; plus je voulais lutter contre cette obsession et la bannir de mes pensées, plus mon agitation augmentait ; je ne pouvais classer de ma mémoire le voluptueux tableau ; je brûlais de le reproduire pour mon propre compte et ce désir me tenaillait trop pour que ma vertu fût la plus forte.

C’était un dimanche matin, Mlle Fosse allait à Moorfields voir son confesseur et devait assister à une conférence l’après-midi. Aussi, dès que j’eus pris mon premier déjeuner, je dis à Jane et aux deux autres servantes qu’elles pourraient disposer de leur journée jusqu’à sept heures du soir, après m’avoir préparé un second déjeuner froid. Charlie resterait seul avec moi pour me servir si j’en avais besoin avec Margaret la cuisinière.

Quand tout le monde fut parti, sachant que Margaret aimait trop la société de ses casseroles pour franchir le seuil de sa cuisine, je sonnai mon page et lui dis de m’apporter un citron, de l’eau glacée, du sucre, etc. Voyant qu’il avait endossé ses beaux habits pour me servir, je lui dis : « Charlie, je suis heureuse de voir que vous soignez votre tenue, bien qu’il n’y ait personne à la maison.

Charlie (d’un ton modeste). — Mais vous, Miss, vous êtes ma maîtresse, et je tiens à vous prouver toute ma déférence, même si vous êtes seule.

Moi. — Vraiment, Monsieur! Vous me témoignez un bien grand respect et vous semblez à peine oser lever les yeux vers moi, comme si j’étais terrible à regarder ; mais j’ai quelques doutes à votre endroit. Allez donc me chercher, s’il vous plaît, un long paquet ficelé que vous trouverez sur la table de la bibliothèque.

Il revient bientôt, me tend l’objet et reste devant moi, attendant que je le congédie ou que je lui donne de nouveaux ordres. J’ouvre le paquet sous ses yeux et j’en tire une superbe verge que je fais siffler à ses oreilles. Il devient très rouge et a l’air un peu interdit : « Savez-vous à quoi cela sert, monsieur? lui dis-je.

Charlie (d’un air confus). — Ah! non! je ne sais pas… à moins que ce ne soit de cela qu’on se sert pour fouetter les filles dans les écoles?

Moi. — Et pourquoi pas les garçons, nigaud?

Charlie. — Ah! Miss Rosa! Vous vous moquez de moi. Pour eux, on se sert de cannes et de baguettes, mais… mais…

Moi. — Allons, parlez… ne restez pas le bec ouvert pour ne rien dire, il n’y a que moi qui puisse vous entendre.

Charlie. — C’est que… c’est que je m’étais figuré que vous aviez peut-être l’intention de me fouetter.

Moi. — Cela indique tout au moins que vous n’avez pas la conscience très tranquille. Qu’avez-vous donc fait pour mériter le fouet?

Charlie (très embarrassé). — Oh! ce n’était qu’une idée absurde! Je n’ai pas voulu dire que je le méritais.

Moi. — C’est une réponse adroite, maître Charlie. Maintenant, répondez-moi. Suis-je votre seule maîtresse?

Il baissa les yeux à cette question et répondit, en bredouillant un peu : « Naturellement, Miss, puisque je ne suis qu’à votre service. »

Moi. — Vraiment, petit polisson! Eh bien! vous ne vous étiez pas trompé tout à l’heure. Cette verge vous est bien destinée. Devinez un peu ce que j’ai vu ce matin dans la chambre de Jane?

Du coup, Charlie resta atterré. Il tomba à mes pieds écrasé de honte et d’angoisse et se cachant le visage dans ses deux mains, s’écria : « Oh! mon Dieu! Qu’ai-je fait! Pourquoi n’ai-je pas réfléchi que je serais fatalement découvert? Miss Rosa, soyez compatissante, ne nous dénoncez pas! Jamais nous ne recommencerons! Punissez-nous n’importe comment, mais que personne n’apprenne ce que nous avons fait! »

Moi. — C’est abominable! Je ne sais vraiment si je dois avoir pitié de vous et vous garder le secret. Savez-vous que vous êtes coupable d’inceste et que vous méritez la potence?

Charlie (sanglotant amèrement). — Quoi? Pour cela? Je n’étais allé dans sa chambre, hier soir, que pour l’embrasser. Je me suis étendu sans y penser, à côté d’elle, et puis… et puis… nos baisers, la chaleur de nos corps nous ont excités… si bien que j’ai passé la nuit à côté d’elle et que vous m’avez découvert ce matin.

Moi. — Il vous en cuira à tous les deux! Je vais vous fouetter, de façon à vous ôter l’envie de recommencer, mais si jamais je vous y reprenais, je vous ferais mettre en prison. Maintenant, monsieur, enlevez votre veste et votre culotte, et tournez votre derrière de mon côté.

Il avait l’air affreusement humilié en exécutant mes ordres, mais trop terrifié pour faire la moindre observation, et me tournant le dos, il fut bientôt en chemise, la culotte aux talons.

Moi. — Agenouillez-vous sur cette chaise, tournez votre figure vers le dossier, retroussez votre chemise sous vos bras pour bien présenter votre cul nu à la verge et si vous ne vous comportez pas courageusement comme un homme, j’envoie chercher un constable pour vous conduire en prison.

Charlie (d’une voix brisée). — Oh! miss! je ne pousserai pas un cri, ou du moins j’essaierai. Fouettez-moi aussi fort que vous voudrez, mais ne me dénoncez pas!

Moi. — C’est bon, monsieur! je n’ai pas l’intention de vous épargner, car votre abominable action ne mérite aucun ménagement. Recommencerez-vous, infâme garnement, à commettre des incestes avec votre sœur? Je ne pourrai jamais frapper assez fort pour manifester mon dégoût.

J’avais commencé par lui appliquer deux coups solides en diagonale sur ses fesses musclées. Aussitôt un coloris intense s’était manifesté à la surface de la peau blanche. Je laissai s’écouler une demi-minute après ce prélude pour le tenir dans l’angoisse, puis, de nouveau, je lui appliquai la verge de toute la vigueur de mon bras, et cette fois à une allure précipitée ; la chair ne tarda pas à se couvrir de longues raies rouges entrecroisées, soulevant la peau et l’égratignant de place en place. Je me plaçais, tantôt à sa droite, tantôt à sa gauche, et observais à tour de rôle ses fesses et sa figure sur laquelle la sueur perlait ; il serrait les lèvres pour ne pas crier ; ses yeux brillaient étrangement. S’il était ému, je ne l’étais guère moins que lui.

Chaque coup me faisait passer un frisson de la tête aux pieds ; l’aspect de ses fesses, qui commençaient à se perler de petites gouttes de sang, m’excitait si bien que, loin de se fatiguer, plus mon bras frappait, plus il frappait fort.

Malgré son énergie, le pauvre Charlie fut enfin obligé d’exhaler sa souffrance : « Oh! Oh! Ahhh! » cria-t-il. « Je ne peux plus m’empêcher de crier! Ah! Comme ça fait souffrir! Oh! Mon Dieu, je jure de ne plus recommencer! Ah! la chair me brûle! »

Je le tins sous la verge pendant environ vingt minutes, il serrait les fesses, les tordait, se tortillait, se démenait sous les morsures de la verge comme pour trouver un soulagement, mais ne bougeait pas de place. De temps en temps, j’étais obligée de m’arrêter pour reprendre haleine et cela lui donnait quelque répit, mais bien vite ses cris étouffés, ses grognements de souffrance me ranimaient et je reprenais la danse. L’idée que je fouettais un grand garçon m’émotionnait beaucoup, plus que si c’eût été une fille. Par un phénomène bizarre, je jouissais des souffrances que je lui infligeais et, en même temps, j’étais toute pénétrée d’un voluptueux penchant pour lui. A la fin, épuisée par tout le mouvement que je m’étais donné, je tombai sur un sofa et fermai les yeux. En les rouvrant quelques instants après, je vis Charlie à mes pieds, embrassant ma main qui n’avait pas encore lâché la verge.

« Oh! miss Rosa, me dit-il, comme vous m’avez arrangé! Et pourtant, je suis sûr maintenant de faire quelque chose de mal pour que vous me fouettiez de nouveau. Ça fait souffrir et c’est exquis! Je ne peux pas dire ce que j’ai ressenti, c’est comme de la souffrance qui fait du bien! »

Moi (d’une voix alanguie). — Oh! Charlie! quel vilain vous faites. Je vous défends d’embrasser ma main. Contentez-vous d’embrasser mon pied pour demander votre pardon.

Charlie (transporté). — Ah! miss Rosa! que vous êtes bonne! Comment vous remercier? Vous me permettez d’embrasser votre délicieux petit pied!

Saisissant un de mes pieds, il y pressa ardemment ses lèvres. Son baiser fut comme une étincelle sur une traînée de poudre, et je crus le sentir dans mes parties les plus intimes. Je m’enfonçai dans le sofa, lui abandonnant mes jambes, car déjà ses lèvres étaient passées de mon pied à mon mollet, je sentis bientôt sa main effrontée se glisser sous le pantalon, contre la chair de mes cuisses et, plus elle approchait de ma grotte ombragée, moins j’avais le désir de lui résister ; une soif inextinguible de volupté me tenaillait. Enfin, dans un effort je pus balbutier ; « Oh! Charlie! Que faites-vous là! C’est très indiscret! Laissez mes jambes tranquilles! Ah! il faut que je vous avoue quelque chose! C’est moi qui vous ai fouetté, mais c’est vous mon vainqueur! En vérité, j’ai peur de vous! »

Son visage écarlate était tout près du mien, je me cachai tant bien que mal la figure dans les mains, au même moment, un de mes pieds toucha la chose qui dessinait sous sa chemise une grosse protubérance : « Ah! Qu’avez-vous donc devant vous, Charlie? » m’écriai-je.

— Chère miss, répondit-il, c’est ce que Jane appelle le « bonhomme ». Cela procure un plaisir indescriptible!

Moi. — Ah! Charlie. Puis-je avoir entière confiance en vous? Ma vie, mon honneur sont entre vos mains. Ne trahissez pas, pour ma honte, le secret que ma nature ardente ne peut plus vous dissimuler! Ah! méchant garnement! C’est la vue de votre manège avec votre sœur qui m’a mise hors de moi. J’ai voulu passer ma fièvre sur votre derrière, mais, hélas, cette tâche a trop excité mes instincts sensuels!

Il me fut impossible de continuer!

Aussi bien, le cher garçon couvrait de baisers mes seins et ma figure, ses mains curieuses prenaient lentement possession de mes charmes les plus secrets ; malgré moi, les miennes faisaient de même sur lui et je lui rendais avec usure ses brûlants baisers. Nos lèvres étaient trop occupées pour que nous pussions parler. Bref, l’audace du jeune homme triompha de mes dernières résistances et nous nageâmes dans un océan de volupté. Naturellement, j’éprouvai une légère souffrance quand l’envahisseur déchira ma membrane sous sa fougueuse poussée, mais elle disparut bien vite sous l’impression d’exquise volupté que j’éprouvai ensuite.

Il renouvela plusieurs fois ses prouesses, ce qui finit par le fatiguer ; j’eus alors, de nouveau, recours à la verge pour le remettre en état de me satisfaire ; puis, lorsque je craignis de l’épuiser en exigeant de lui plus que la nature ne lui permettait, j’obtins qu’il me fouettât lui-même pour prolonger mes voluptueuses sensations. Après les douceurs du baisage, la fessée est délicieuse si elle est adroitement appliquée! Mon jeune amant voulait encore me faire jouir, mais je m’y refusai, lui promettant que je le laisserais venir le soir même dans ma chambre et qu’il m’aurait à lui toute la nuit. D’ici là il aurait le temps de reprendre les forces nécessaires…

Cette liaison avec mon page dura trois ou quatre années pendant lesquelles j’épuisai la coupe de toutes les voluptés ; puis je fus obligée de me séparer de lui en raison de son apparence trop virile et pour ne pas éveiller la médisance. Un peu plus tard, sur mes conseils, et avec mon aide, il se maria, entra dans les affaires où il fit son chemin. Tant qu’il vécut, nous goûtâmes secrètement, de temps à autre, les douceurs d’une passion toujours vivace.

Vous avez fréquemment voulu savoir pourquoi je ne me suis pas mariée. Deux choses m’en ont empêchée. La première, mon amour de l’indépendance et ma répulsion à être soumise à quelqu’un, quelque amour que j’eusse pu avoir pour lui. Peut-être aurais-je néanmoins passé outre à cette disposition de mon caractère, mais la seconde raison était péremptoire. Je ne pouvais donner un second pucelage, et comme je ne voulais pas aller à l’autel sans cet article indispensable aux filles qui s’enrôlent sous la bannière de l’hyménée, je me décidai à me passer définitivement de mari!

Le pauvre Charlie mourut dans toute la force de l’âge, à trente-cinq ans, et, avant de mourir, il me remit un paquet de lettres ayant trait à ses aventures amoureuses. En les lisant, je vis qu’il ne m’avait pas été très fidèle, même quand il était encore à mon service. Mais, paix à sa mémoire! Je n’ai jamais, malgré cela, regretté de m’être donnée à lui.

Peut-être mettrai-je un jour sous vos yeux le récit de ses aventures, en attendant je termine avec cette lettre la relation de mes expériences personnelles.

Croyez-moi,

Votre affectionnée,

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